‹ Tristan et YseultChapitre 29 sur 36 · Chant de mort. {Sterbelied · texte numérisé non relu

Chant de mort. {Sterbelied

So star-ben wir um un • • ge-trennt, A - lors nous se-rions morts tous deux

e - wig ei • nig, oh • - ne End". pour être u - nis à ja-mais.

Le deuxième intermède, la répétition du chant de veille, se borne ici uniquement au refrain : «Prenez garde — habet Achty); également, le troisième et très court dialogue, se résume dans la reprise cinq fois répétée des motifs étroitement Hés du sommeil et delà mort; alors, arrive la phrase pleine de fierté « que la nuit dure pour nous éternellement — ewig wàhr* uns die Nachty> qu'un moment anxieuse, Iseult chante, à présent.

avec une suprême résolution sur la cinquième répétition du motif de la mort et, tout aussitôt, le vif et enthousiaste motif de la félicité du grand duo final de la scène : « O nuit éternelle, douce nuit, sublime, divine nuit d'amour! — O ew'ge Naclit, silsse NachtiHehr erhab'ne Liebesnacht!y> . Ces paroles résonnent encore dans le motif de la mort quand, sur ces mots: «Comment la saisir, comment la laisser? — Wie sie fassen, wié sie lassen?y) apparaissent de nouveau les accents larges et puissants du chant de mort dans une triple variante mélodique avec l'adjonction du thème subsidiaire qui lui est désormais attaché, celui de l'apothéose dont la forme musicale s'épanouit en extase: «Sublime évanouissement, propice enveloppement de ténèbres — Hehr Vergehen, hold Umnachten ». Cet ensemble instrumental et vocal forme une œuvre d'art musicale d'une élévation merveilleuse et d'une richesse grandissante. Au paroxysme du désir, «sans fin, éternellement, se sentant ne plus former qu'un seul être — Endlos, ewig, einbewussty), le motif de la félicité réapparaît triomphalement et s'élève avec un élan irrésistible, comme un chant qui domine le monde, jusqu'à l'infini. La brusque interruption du cri de Brangaine et de l'entrée

précipitée de Kourvenal: «Sauve-toi, Tristan! — Rette dich, Tristan y> termine cette grande scène d'amour.

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