‹ Tristan et YseultChapitre 33 sur 36 · Mélodie de la tristesse. {Die traurige Weise · texte numérisé non relu

Mélodie de la tristesse. {Die traurige Weise

1 La gamme ascendante, en tierces, empreinte d'une attente passionnée, se rencontre ici deux fois, d'une manière expressive, avec les paroles sans espoir: «Pas de navire encore sur la mer.'' Déserte et vide est la mer! — — Kein Schiffnoch aufder See? Ôd und leer das Meer.'n

etc. 3.

etc.

Les tristes accents de la chanson du pâtre qui s'éloigne réveillent Tristan de sa léthargie au début de la seconde partie principale de la scène où Kourvenal raconte, dans un sincère éclat de joie, à Tristan, ce qui s'est passé, son heureuse venue au château de ses ancêtres, tout cela exprimé par trois motifs: Une énergique figure ascendante en triolets rappelant les triolets du finale de l'acte précédent.

puis, le vif et chevaleresque thème principal, personnellement attaché à Kourvenal, qu'on

pourrait appeler le motif de Karéol, car il dépeint la joie du serviteur fidèle pour la possession reconquise du patrimoine de son maître auquel il appartient aussi bien que son château et ses domaines; et troisièmement, une courte répétition du chant de Morold : « Salut à Cornouailles, au bonheur, à la gloire et aux honneurs, que, brave et joyeux, mon héros Tristan a vaillamment conquis ! — Hei nach Kornwall, kûhn und wonnig, was sich da Glanzes, Glûckes und Eliren Tristan niein Held Jiehr ertrotzt!». Mais, par un soudain contraste, sur chacun de ces chants vigoureux et débordants de joie du fidèle serviteur, tombe, tout de suite, avec les premières paroles des réponses entrecoupées et péniblement articulées de Tristan, l'ombre pesante de la mort, à peine conjurée, avec la sombre harmonie fondamentale du prélude.

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