‹ Tristan et YseultChapitre 6 sur 36 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

humaine. Celte œuvre est, par sa perfection, unique en son genre dans le domaine de l'Art lyrique; tout s'y trouve réuni pour concourir à l'intensité et à l'unité de l'impression: une seule pensée, la puissance de l'amour, de l'amour triomphant de tous les obstacles, terrassant les volontés, vainqueur impitoyable et jaloux du monde, de ses liens, de ses devoirs, de ses ambitions et de ses gloires, de la lumière du wur et de la vie elle-même; les scènes réduites aux seuls rôles essentiels, les deux amants en qui se personnifie l'irrésistible fatalité de la passion, leurs deux serviteurs d'une fidélité si touchante, le Roi, magnanime dans sa foi que torture en vain la trahison jalouse de Mélot, le pâtre dont la triste mélopée réveille dans l'âme de Tristan les plus cruels déchirements; point d'incidents ni de péripéties secondaires venant troubler la marche du drame; toute l'action concentrée en trois actes, maintenus chacun dans l'unité de temps et de lieu et tenant, du commencement jusqu' à la fin, l'émotion suspendue, l'aveu des amants au moment où ils croient qu'ils vont mourir, leur suprême résolution devant la nécessité de la mort, devenue pour eux l'unique libé- ratrice, et leur extatique imion dans l'ivresse et le vertige des visions éternelles; et, traduisant tous

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