‹ Tristan et YseultChapitre 9 sur 36 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

ston symphonique en même temps que V intelligence personnelle de chaque partie et, entre tous les exécutants, une solidarité et une entente réciproque si parfaites que l'action du chef d'orchestre, dont les désagréables battements de mesure pourraient tout au moins être épargnés aux yeux des spectateurs, devienne à peu près superflue. Combien tout cela est loin des traditions de la conduite d'orchestres servant de simple accompagnement et de soutien complaisant à des vocalises de chanteurs !

Le jeu des acteurs et la manière de chanter auraient aussi à se modifier. Wagner attachait, par exemple, une importance extrême à la netteté de la diction; il voulait que les paroles fussent entendues aussi distinctement que si elles rH étaient pas chantées; il a même, dans sa poésie, négligé souvent la rime et employé des assonances plus efficaces de consonnes, de voyelles et de syllabes destinées à donner plus d'éclat et de force à la voix.

Que peut-il rester de toutes ces choses à travers des traductions qui, par suite de l'inutile servitude de la versification, dénaturent le texte et détruisent l' adaptation précise des paroles à la phrase musicale ? Que peut être, aussi, l'interprétation d'une telle musique, alors qu'une méthode surannée conseille encore aux chanteurs de modifier le son de certaines voyelles sous prétexte de faciliter l'émis-

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