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INTRODUCTION

Par le triomphe éclatant de La Mariane en 1636, Tristan s'était porté au premier rang des maîtres du théâtre, à côté de Corneille, en meilleure place que Mairet, qui allait sur la fin de sa carrière, et Rotrou, qui n'avait pas encore écrit les deux pièces par où son nom s'imposa.

Au commencement de 1638, encore au Marais, mais sans Mondory, la tragédie de Panthée, bien que pleine de mérite, avait moins réussi que La Mariane. L'esprit du poète s'était alors tourné vers d'autres horizons. Après avoir, dans Les Amours de Tristan, réédité en 1638 ses Plaintes d'Acante & autres œuures de 1633, accrues d'un certain nombre de Sonnets et de Stances, il avait publié en 1641 un nouveau recueil de vers, La Lyre. Puis, coup sur coup, en 1642-1643, ce furent des Lettres Mesîées, un roman, Le Page Disgracié, des Plaidoyers Historiques.

Ce n'est qu'environ huit ans après La Mariane et six après Panthée que l'Hôtel de Bourgogne monta La Folie du Sage, tragi-comédie. Mais le véritable retour de Tristan à l'art auquel il devait le plus clair de sa renommée, — encore qu'il soit bien permis de préférer ses vers lyriques à ceux qu'il mettait en la bouche de ses personnages, — se fit, cette année 1644, avec La Mort de Seneque, qui inaugura, ou autant dire, l'Illustre Théâtre.

L'Illustre Théâtre s'était constitué par-devant notaire à la date du 30 juin 1643. L'acte, dont la minute existe aux archives d'une étude parisienne, a été publié à plusieurs reprises.

En voici seulement ce qui nous importe :

« Furent présents en leurs personnes : Denis Beys, Germain Clérin, Jean-Baptiste Poquelin, Joseph Béjart, Nicolas Bonnenfant, Georges Pinel, Magdelaine Béjart, Magdelaine Malingre, Catherine de Surlis, Geneviève Béjart...

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