‹ Tristan & Isolde: drame musical en trois actes. Version française d'AlfredChapitre 2 sur 26 · ET DE · texte numérisé non relu

ET DE

MM. L. DE FOURCAUD et Paul BRUCK

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COSTfllkliflT et C^\ Editeaî»s

j§j Rue de la Chaussée-cTAntin, PARIS

Ernest FLAMMARION '

26, Rue Racine, PARIS

BREITKOPF & HÀRTEL LEIPZIG

Pt^EFACE

A Monsieur Charles LAMOUREUX,

Lorsque notre cher et malheureux ami Alfred Ernst fut brusquement enlevé par la mort, au mois de mai 1898, il avait pleinement achevé ses belles traductions musicales équirythmiques et quasi littérales des grands drames Wagnériens, à Texception de Tristan et /solde. De longs fragments des scènes capitales du premier acte, une notable partie de la scène d amour du second, quelques-unes des plus poignantes pages de l'agonie de Tristan au troisième et le^ chant final d'Isolde étaient, à vrai- dire, bien plus qu'ébauchés ; mais ces morceaux isolés flottaient parmi les lacunes. La aécouverte de quantité de notes préparatoires, crayonnées dans les blancs d'une partition qui nous avait échappé tout d'abord, vint, par bonheur, nous o£frif ae précieuses indications pour ce qui restait à faire et l'idée naquit en nous d'elle-même de compléter l'œuvre selon les vues du très regretté traducteur et en utilisant ses matériaux amassés. Encouragé par la famille et par les meilleurs amis d'Alfred Ernst, j'ai pris la charge de cet achèvement, auquel a bien voulu s'associer M. Paul Briick, l'ancien camarade du pauvre disparu à l'Ecole poljrtechnique, son compagnon, son confident des bonnes et des mauvaises heures. Ainsi s'est faite la présente traduction. En notre profonde et toute consciente admiration pour l'extraordinaire tragédie d'amour de Richard Wagner, dont il s'agissait de sauvegarder autant que possible, en les transportant en notre langue, les fortes et subtiles expressions, nous avons eu à cœur de nous constituer, comme religieusement, les exécuteurs testamentaires de celui qui a le plus eïB&cacement travaillé, chez nous, à faire passer les créations du maître du domaine strictement germanique au patnmoine universel.

Le lecteur sait d'avance qu'il n'a pas à chercher, ici, une version de genre libre, visant à plaire par elle-même et tendant à valoir en dehors de la musique. Ces sortes de versions ne sont admissibles qu'exécutées avec le concours de l'auteur qui consent à y adapter sa partition par des «adjonctions et des suppressions de notes, des modifications de rythmes et des remaniements dé détail. L'auteur mort ou se refusant à ces adaptations arbitraires, nul n'a le droit, sous aucun prétexte, d'altérer ses notations au profit de paroles arrangées ou dérangées. Bien autrement légitime est la traduction qui se resserre en l'œuvre comme sur un lit de Procuste et, coûte que coûte, se particularise comme le texte étranger dans la partition afférente. Peu importe que, rudement fidèle et, parfois, un peu bizarre, elle exige de l'ama teur, pour être comprise absolument, un certain degré d'initiation spéciale. Elle se défend par le principe même de sa fidélité au but lyrique.

Les traducteurs àt. Tristan ont désiré, par dessus tout et en tout, laisser au chef-d'œuvre traduit au moins le reflet de sa physionomie originelle. Ils n'espèrent point satisfaire ceux-là qui, d'une conception dramatique

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