‹ Tristan & Isolde: drame musical en trois actes. Version française d'AlfredChapitre 25 sur 26 · MARKE · texte numérisé non relu

MARKE

Pourquoi, Isolde,

de moi douter ?

Quand s'est fait le jour sur ce qui ne m'était connu, combien joyeux j'ai vu l'ami de faute pur !

Au preux si cher

pour te remettre

à pleines voiles

t'ai-je suivi.

Mais la rage

du malheur devança le porteur de paix.

J'accrois la gerbe de mort.

L'erreur double le mal.

BRANGiïiNE

Oh ! Entends-nous I Isolde ! Chère !

Entends ta fidèle ici.

(Isolde regarde sans comprendre, étrangère à ce qui semasse. Elle attache, enfin, ses yeux sur le corps de Tristan, dans une grandtssante exaltation»)

ISOLDE

Doux et calme, quel sourire !

Comme brille l'œil qui sWvre !...

Là, voyez tous,

oh ! Voyez !....

Feu qui monte,

compie il rayonne !

Astre d'or, .

il plane aux cieux !

Là, voyez J.

Comme bat

son cœur si fier î

Quel transport

soulève son sein !

A ses lèvres,

joie suave,

doux et pur

un soufle naît.

Dites ! , . . là !.. . N ^est-ce point ainsi ? Dois-je seule ici l'entendre, l'hymme fort, si doux et calme ?

Joie qui pleure,

Verbe immense,

paix clémente

qu'il me chante,

qui pénètre,

qui m^emporte,

qui résonne, .

monte et vibre ?

Claire harmonie, flots qui m'inondent :

sont-ce là les vagues des brises, des nuages qui embaument ?

Comme ils montent 1

Comme ils roulent !

Est-ce un souffle ?

Est-ce un hymme ?

Enivrée,

submergée, dois-je aux purs parfums me fondre ?

Dans ces vagues pressées, dans ces chants infinis,

dans la vie, souffle immense du Tout,

me perdre,

m'éteindre . . .

sans pensée...

toute joie !

(Isolde tombi doucement^ comme transfigurée , entre les iras de Brangtene sur le cadavre de Tristan. — Profonde émotion et surprise des spectateurs* — Marke bénit les cadavres. — Le rideau s'abaisse sur le dernier accord,)

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