CHAPITRE CGXXXV
La scène change.
C'est ainsi (lu'uii ou deux entretiens de ce genre avec ïrini sur la démolition de Dunkerque, entretiens charmants, mais trop courts! rappelèrent pour un moment à mon oncle Tobie le souvenir des plaisirs qu'il avait per-his.
Mais ce souvenir n'en était qu'une faible image. La magie avait disparu, et l'âme de mon oncle Tobie avait perdu son ressort.
Le calme, accompagné du silence, avait pénétré dans : le cabinet solitaire de mon oncle Tobie. Ils avaient étendu k leurs voiles de gaze sur sa tête ; et l'indiiférence au re- '-. gard vague et à la fibre lâche s'était assise tranquille- i ment à ses cotés. j
Son sang circulait lentement dans ses veines, sans que Amberg, et Rhinberg, et Limbourg, et Huis, et Ronn, ! pour une année, et Landen, et Trarebacli, et Drusen, et Dendermonde, en perspective pour celle d'après, en accélérassent le mouvement. Les sapes, et les mines, et les j blindes, et les gabions, et les palissades n'éloignaient plus ce bel ennemi de l'homme, le repos. En mangeant son œuf à souper, mon oncle Tobie ne forçait plus les lignes françaises, d'où tant de fois traversant l'Oise, et voyant toute la Picardie ouverte devant lui, il marchait aux portes de Paris, et s'endormait au sein de la gloire. Dans ses songes, il ne se voyait plus arborant l'étendard d'Angleterre sur les tours de la Rastille, et ne se réveillait plus la tête remplie de magnifiques idées.
De plus douces rêveries, des vibrations plus chatouillantes, le berçaient mollement dans ses instants de som-
incil. La trompette de la j'iieri'e tombait de ses mains. L'ii lulli la remplaeail. l\\ liilli! doux instrument! le plus délieat, et le plus dillieile de tous! Eh! eomment en joueras-tu, mon cher oncle Tobie?