CHAPITRE GCLXXX
Le tombeau des amants.
Je connaissais le tombeau des amants, comme si j'eusse demeuré vingt ans à Lyon. Je savais qu'il fallait tourner à main droite en sortant de la porte qui conduit au faubourg de Yèse. J'envoyai François au bateau, afin de pouvoir rendre l'hommage que j'avais si longtemps différé, sans témoin de ma faiblesse. J'étais transporté de joie pendant tout le chemin. Quand j'aperçus la porte qui me dérobait la vue du tombeau, je sentis mon cœur embrasé.
(( Tendres et fidèles esprits, m'écriai-je en parlant à Paulin et à Pauline, longtemps, trop longtemps j'ai tardé à verser cette larme sur votre tombeau. Je viens... je viens... ^
Quand je fus venu, je ne trouvai point de tombeau sur lequel je pusse verser de larmes.
Que n'aurais-je pas donné pour que mon oncle Tobie eût pu me prêter en ce moment son Lila-Burello!