‹ Tristram Shandy et le Voyage sentimental traduits de l'anglais. Nouv. éd. précédée de le vie de SterneChapitre 92 sur 197 · CHAPITRE GGXCVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE GGXCVIII

Diverses façons de brûler une chandelle.

(7est une vérité triste, mais qui n'en est pas moins constante. Il est prouvé par toutes les observations journalières qu'un homme peut, ainsi qu'une chandelle, être brûlé par l'un ou par l'autre bout; j'entends pourvu qu'il ait une mèche suffisante, sinon tout est dit. J'entends encore qu'on ne l'allumera pas en bas; car, comme en ce cas la flamme s'éteint ordinairement d'elle-même, tout est encore dit.

Quant à moi, comme je ne saurais supporter l'idée d'être brûlé comme un sot, si l'on me laissait le choix sur la manière d'être brûlé, je voudrais qu'on m'allumât par en haut, alin de pouvoir brûler décemment jusqu'à la bobèche ; c'est-à-dire de la tête au cœur, du cœur au foie, du foie aux entrailles, et de là,

par les veines et les artères mésentériques, ;\ travers toutes les sinuosités et lés insertions latérales des intestins et de leur tunique, jusqu'au boyau que l'on appelle a^^eugle ou cœcinn.

« Je vous prie, docteur Slop, dit mon oncle Tobie (en l'interrompant au moment qu'il prononçait le mot cœcum, le soir que ma mère accoucha de moi), je vous prie, dit mon oncle Tobie, apprenez-moi ce que c'est que le cœcum; car, tout vieux que je suis, j'avoue que je ne sais pas encore oii il est situé.

— Le cœcum, répondit le docteur Slop, est situé entre Yilium et le colum.

— Dans un homme? dit mon père.

— Et dans une femme aussi, dit le docteur Slop.

— Je ne m'en doutais pas, » dit mon père.

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