LES DILIGENTES ABEILLES
Indolemment assis pendant des heures dans l'ombre d'un pommier, près des ruches du jardin et sous les avenues aériennes de ces marchandes de miel, — quand l'ardeur des midis retentit du bruit de leur travail innombrable ou que d'un rayon de soleil attardé elles descendent en foule vers leur labeur nocturne, — parfois j'ai demandé leur secret aux Abeilles, et tenté d'infliger à ma paresse^ l'éternelle leçon de leur activité.
Et pourtant, nom d'un chien, à qui conviendrait, en bonne justice, le rôle de maître ou celui d'élève ? N'y a-t-il pas, pour ces Insectes acariâtres, utilitaires et harassés de travail, une leçon à tirer du spectacle de Ma personne ? En me regardant, avec leurs myriades d'yeux, de leurs usines sans joie, ne pourraient-elles apprendre enfin, et ne pourrais-je leur montrer une façon plus sage et plus généreuse d'employer les heures claires ?
TRIVIA ii