QUESTIONS COMPLEXES
Les Temps sont graves, remarquait le Vicaire, et les Anglais se trouvent en présence de questions bien complexes. Pourtant, les questions qui m'intéressaient, à cette époque, auraient sans doute, pour la plupart, semblé au Vicaire poussiéreuses et imaginaires. Je me préoccupais surtout, je l'avoue, des complexités de mes propres pensées, de leurs courses vagabondes, de leurs transformations singulières, de la façon qu'elles avaient de
peupler de nymphes des bois les forêts anglaises, ou de muer les vergers anglais, — contemplés peut-être à l'aube ou sous un rayon attardé du soleil — ,en jardins des Hespérides. Parfois c'étaient de simples noms qui m'obsédaient: « Magalat, Galgalat, Séraïm », épelais-je; étaient-ce là les noms des Mages de l'Orient ou bien Atos, Satos et Paratoras ? Quels étaient les noms des Nymphes qu'Actéon vit se baigner avec Diane, et ceux des chiens qui chassèrent à mort ce téméraire indiscret ? Ladon, Harpya, Laelaps, Onesitrophos, comme d'aucuns les appellent, ou comme l'affirment d'autres bouquins authentiques, Boreas, Omelampus, Agreus, Aretusa, Gorgo ?