GRAVURES DE MODE
J'aime flâner aux étalages des bouquinistes, contempler les vitrines de libraires, rêver de romans sur les images de bergères ou de Beautés désuètes. Grandes, sveltes à une époque, et couronnées de plumes, ces Dames arborent, en d'autres temps, des ailes larges comme celles des papillons, ou visions amples et ballonnesques, flottent dans des rues
estivales. Et pourtant, me dis-je, sous tous ces aspects, elles ont créé des effets surprenants de beauté, et toujours éveillé la même émotion charmante dans le cœur des jeunes gens.
Mais suis-je bien sûr de cela, et faut-il croire que l'émotion soit toujours exactement la même ? Peut-on dire, en vérité, que le cœur humain reste tout à fait pareil, sous la parure changeante des fraises et des jabots ? Sur ce sentiment élégant et cruel, je me figure que la forme et la couleur exercent une certaine influence. Il me semble que les environs de 1840 représentent le Zénith, l'Heure Méridienne, l'Age d'Or de la Passion.
Ces Beaux à taille mince et à favoris, ces Belles à crinoline, s'adoraient, me paraîtil, avec un charme, une élégance, une épouvante, difficiles à égaler à toute autre époque.