XII INTRODUCTION
dits et de philologues qui s'est donné pour tâche la défense de laJangue anglaise contre les négligences de la grande presse et contre les dangers qu'implique la dispersion des peuples qui parlent cette langue. Bientôt j'appris qu'il venait de publier un choix des Sermons du mystique et précieux John Donne. Ainsi donc ces poèmes étaient V œuvre d'un grand lettré spécialisé, d'un savant grammairien. Et ce n'était pas ce qu'il y avait de moins piquant dans l'aventure.
Mais partout et toujours le Poète a eu et aura le pas sur l'érudit et sur le grammairien. Ce qu'il faut dire, c'est que ces études philologiques et ces éditions savantes ont pour auteur un poète.
Dès mon retour à Paris, j'avais montré le livre à André Gide et j'en avais parlé à beaucoup de personnes qui l'auraient certainement aimé si elles l'avaient pu lire. Et il devait y avoir d'autres personnes encore, dans la portion la plus lettrée du public lettré français, qui auraient été heureuses de le connaître: en France le poème en prose a une tradition et de grands représentants. Il fallait donc traduire « Tri-