‹ Trois ages, suite en fin de l'Antoniade: Poème érèmitiqueChapitre 41 sur 41 · ANTOINE BLANC · texte numérisé non relu

ANTOINE BLANC

lH>rsque, sur la motilagno, un arbre scciilaire, Dana un jour orageux , Irappé par )e toiinuiTe , Couvre k terre en deuil de ses vusles débris , Les oiseau:^ disperféâ cliorcbunt ea vain leurs nidar. ..

L'Archevêque n'est plus I . . . . L.t Louisiane est reure t . . . .

Le deuil a tont voilé , du grand lac an gi-and fleuve !

L'Archevêque n'est plus! La Nouvelle-Orléans ,

A pleurer, à prier, invite ses enfants!

L'Archevêque n'est plus ! A|irÉs de saintes luttes,

Des combats glorieux , d'oraj^'eiiscs disputes, Après de lougs travaux , — ii tombe sous le poids Du fardeau des honnuiu^, du tiii-denu de la croixl Pour le Ciel , il échaiigu et In Ci'osse et la Mitre , L'Anneau , le Pullium , tout pouvoir et tout titre , Oui, tout ce long martyre et nobto apoiîlolat, Que, dans la langue humaine, on nomme ''ÉpiscopatI " Le doux Antoine Blaxc, l'Ange du Diocèse,

Le vigilant Pasteur oli I que ma voix se taise ;

Cor il est ici'bas de .si grandes douleurs, Qu'en silence l'amour doit répandre ses pleurs I . . . . Celui qui m'aimait Utut , mon pèi'c sur la terre ; Celui qui m'u connu, mon donx et tendre père; Celui qui m'a béni , — l' Archevêque n'est plus ; Dn nouvel Astre a lui dans le ciel des éliisl...

Lorsque , sur la montagne , un arbre séculaire , Dans un jour orageux , frappé par le tonnerre , Couvre la terre en deuil de ses vastes débris , L^ oiseaux dispersés cherchent en vain leurs nids!

SiMm M ^mmm<nim<nmm.

A M. FRANÇOIS DÏÏGÏÏÉ.

Fils d*un héros chrétien et frère d'un poète ;

Toi qui portes le nom du plus sublime Ascète,

De celui dont l'amour, les mystiques élans.

Les soupirs enflammés , s'exhalaient en doux chants ;

Toi qui portes le nom du Séraphin d'Assise,

Qui de sa poésie illumina l'Eglise ;

Et qui , dans sa ferveur et son humilité ,

Pour épouse , ici-bas, choisit la Pauvreté :

François ! ton grand cœur , ton noble caractère ,

Est du sang le plus pur la fleur héréditaire;

C'est l'instinct délicat, c'est l'esprit généreux,

C'est le trésor sacré transmis par tes âyeuxl

D'un bienfait, sur lequel brille une chaste étoile , Non , je n'ai pas le droit de déchirer le voile ; Mais, si la fleur se cache , en son [)udique attrait, De son nom emportant le souvenir secret, Fils d'un héros chrétien et frère d'un poète , Je saurai le crraver dans ma sainte retraite ; Sans profaner du cœur le ni3^stère sacré , Avec reconnaissance , oui , pour toi je prîrai I

Je ne demande plus qu'un abri solitaire ; Je ne demande plus qu'à souffrir et me taire : Mais , si je dois encor faire entendre ma voix , Que ce soit pour prêcher aux Indiens des bois ; En adoptant leurs mœurs , en parlant leur langage, - Du désert me faisant un immense Ermitage , — Que ce soit pour prêcher , jusqu'à mon dernier jour, L'Evangile de paix , l'Evangile d'amour î

" Chez certains individus le sentiment religieux eat un besoin irrésistible, I! y a des âmes que les servitudes de la rie écrasent et consaraent; leur regard, comme celui de l'aigle, est à l'étroit dans l'horizon resserré des vnllëes. Ce qui fait le bonheur des autres hommes ne donne à leur iiitelligeuce que l'iuquietude et l'angoisse; les vnnites de la terre n'attirent pas leur regard, les affections vulgaires ne pourroTit jamais remplir les abîcnes profonds de leur coeur. Ils s'flancent vers l'iulini d'un seul bond et comme entraînés par un suliliine instinct. Ils ont soit de la vérité et de la lumière, et les t'uniôines de cet univers tûnébreuz ne satisfaire l'ardente sensibilité qui les dévore."

( Le Mysticisme Catholique, par l'abbé

n jifllicuno .ii/Kttidijiis.

t Ps. mi, V.

'* On raconte que plus d'une fois, dans la mer du Sud, lorsque des voyageurs abordaient dans une île que le pied de Thomme n'avait encore jamais foulée, les animaux qu'elle renfermait, frappes de cette apparition inaccoutumée, accouraient poussés par l'étonneraent et la curiosité. Les oiseaux, sortant de l'épaisseur des forêts, volaient autour des étrangers, et se posaient sur leurs épaules. Les habitants de l'abîme eux-mê:::es, les chiens de mer par exemple, montaient sur le rivage, et regardaient d'un œil stupéfait la nouvelle merveille II en est ainsi pour ceux qui marchent par des i>enlierfi solitaires^ et dont la vie se distingue de la vie commune et vulgaire. Peuilant quelque temps, ils restent ignorés; mais lorsqu'on les découvre enfin, aux traces lumineuses que laissent après eux leurs pas, tous alors accourent auprès d'eux. On les regarde, on les examine] chacun veut sonder l'esprit qui les pousse ; chacun explique à sa maincre le mystère qu'il a sous les yeux. C'est de la folie ^ de la superrlierie^ de T illusion, de la-magie naturelle, du magnétisme. En un mot, on cherche la cause de ces phénomènes partout ExcKPié où klle kst. Aussi après tous ces e3;ais et toutes ces investigations, le mystère l'chappe à cette sagessemondaine^ qui semble c? aindre (\\[[)vycij\o'u' ici- ban V intervention de IHeu, Pour ceux qui sont soumis à ces sortes d'examens, ce sont des victimes qu^on éUnd comme des ctdavres que Von veut dissèque^', et à qui l'on permet à peine de tressaillir sous le scalpel qu'on enfonce en leur sein. Conduits par des voies inaccoutumées, il faut qu'ils se résignent à être j^otir le monde tii objet de scandale / et ils NE peuvent MEME pas ess ..yer de se justifier. "

( La Mystique Divine, par GÔRRès, Liv. II, cli. viii.)

Ce qu'a dit Grôrrès des Saints qui rie. suivent pas les voies communes, on p.eut le dire d'un livre qui nç défend pas les V évités populaires : Ce. livre est excentrique, intempestif, inopportun ; il est inspiré par \ imagination, jpïxvV enthousiasme; c'est du naturalisme, c'est de la poésie! Oui, il' se trouve toujours et partout des juges d'un esprit sûr iùi pratique pour mettre à Vindex toute production qui ne porte pas le cachet banal de leur froide et prosaïque routine , de leur egoiste et exclusive charité : ô présomptueuse ignorance et orgueilleuse témérité des prétendus habiles ! 6 sacrilège audace de l'aveugle rottise !

Les qudques niots In'.'.iens. que nous avons semés dans le cours de notre ouvragv, s-^::t ti' '.^ d iiJi'orfie Chactas; nous les donnons ici, avec leur si>i-nineatii):] r:-.>n^;'i -e :

TAL-Ocné, TrLi-u.<:ii, m>ri dan ba^'ou, qui signifie petites • merres, ;:cravier?. • •

Taloa, chant,' eliant }.oéuqun: poète, chantre. NAKFe, NAKFI, fVèie.

IiiBAPisni MA, iix-vc df la rucinc' cabane, fr^re de choix, PéNi, piro^fue, bateau. . -

LOUAK, LUAK, feu.

PéNi-LouAK, piiogue de feu, bateau à vapeur.

. Na-houllo, na-hullo, un blav •, un pâle-visage. TeQUE, tek, fend;. in, fcincllc " Na-iioullo tcql'i:, :>a iiuliv tek, femme blanche. OuLA, OLA, ch:int, (.'liant U'o"-scaii.

TCHOUKA-NAK-DILA, c^'oKA-NAK-BTLA, Wbip-pOOr-wili.

TcHCUKAj ciiUKA, cabanc, maison.

Ianasii, bison, l>'Talo.

TciioUK .-HANTA, «VHUK V AH AXTA, calvbitç, qui habite une cabane,

Atcuo JKMA. ACiiTKMA. bon, bcau.

HopaKi. TicPATiKl, loin, cloigné. .

OiçA HGMi, to^ito lic|nour. forte.

Wat'iunla, watui^la, grue.

Ialeshkc, adieu.

Tamaha, Ti^MAHA, vilîe.

A la page 29, vers 37, îis'^^z : Non, je ne pensais p* *♦ atr lieu de non, je ne pensais. • ' '

Et à la page 1G5, vers 45, lisez : Si, n*aimant .^ue Dieu seul,, au lieu de Et si n'aimant que Dieu.

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