Bertrand de Molleville, Mémoires
avait ce vif baron de Vioménil qui, le 10 août, défendant le, roi, fut blessé à la cuisse et parvint miraculeusement à se sauver. Mégret de Sérilly se compromit en le cacbant. Mais la gangrène se mit à la blessure et Vioménil mourut dans une cave où il s'était enfermé1. Dès lors, Mégret de Sérilly et sa famille étaient perdus, comme les Montmorin l'étaient depuis la mort du ministre de Louis XVI.
Quelle réunion de condamnés, au château de Passy : Mégret de Sérilly, sa femme, son beau-frère M. de Pange-Domangeville, son frère M. d' Etigny, Calixte de Montmorin, Mme de Montmorin et ses deux filles, Mme de la Luzerne et Mme de Beaumont!...
L'année 1793 passa assez tranquillement pour ces victimes désignées de la sauvagerie. Les malheureux, après des mois d'angoisse, purent croire qu'on les avait oubliés.
Soudain, le 13 février 1794, le Comité de sûreté générale ayant ordonné l'arrestation des deux frères Mégret de Sérilly et Mégret d' Etigny, trois commissaires de la Convention, assistés de la municipalité de Passy, se présentèrent au château. Ils étaient trop zélés pour se contenter de prendre les deux Mégret; et ils réclamèrent tout le monde.
La vicomtesse de la Luzerne devint à peu près folle de frayeur. Amenée à Paris, elle mourut de la fièvre chaude, la veille du jour où on l'aurait exécutée.