SCÈNE II
MARIETTE, MÉRINGUET.
Mariette. Enfin, le v'Ià perti !
méringuet, entrant par la deuxieme porte d
gauche (l).Mais, Marietle... Ah '.tues là, petite
Je t’appelais... lu n’entendais donc pas? (Il pose sa canne, son chapeau et ses gants sur la laide.) Mariette. J'ai l'oreille un peu dure.
méringuet, lui prenant ta taille. Pourvu que tu n'aies pas le cœur aussi dur que l'oreille... Mariette. Finissez, Monsieur... • méringuet. Voyons, Mariette, ne sois pas aussi farouche, je suis garçon... j'ai une fortune assez rondelette...
Mariette. Oui, mais, vous vous laissez embobiner par votre vioiile cousine, madame Plumasseau, qui vous fait un Us de ragots sur mon compte...
t Mér. Mar.
méringuet. Ne t'inquiète pas de ma cousine... ni de ce qu’elle dit, Mariette.
Mariette. Oh! je ne crains rien, moi, je suis une honnête Elle...
méringuet. Je le sais... et c'ost pour cela que tu me plais... Figure-toi que les autres bonnes que j’ai eues avant loi, avaient toutes des amoureux...
MARIETTE. Ah !...
méringuet. Des militaires... des tourtourous...
Mariette. Ah! fi donc!...
méringuet. Aussi, grâce à ma cousine, qui prenait des renseignements sur leur compte, quand je m'apercevais de la moindre petite intrigue... je te vous les flanquais à la porte... que ça ne |iesait pas une once... mais, toi, Mariette... tu es sage?..
Mariette. Oui, Monsieur, que je suis sage... et que si je m'en laissais conter par un homme, ça ne serait que pour le bon motif...
méringuet. Tu entends par le bon motif le mariage ?
Mariette. Mais, oui, Monsieur!
méringuet. Allons, je l’approuve; mais, il t'agirait de dtner.
Mariette, o part. Noas y voilà. (Haut.) Dîner!.. ah! ben, il n'est pas prêt d'être prêt, le dîner... ce caoutchouc, c’est très-long à cuire.
méringuet. Comment, du caout-chouc?... la veux dire du racabout.., il paraît que c’est trèsbon et que ça pousse à la graisse... c'est un de mes amis d'enfance, Dubignon, que j'ai rencontré hier... je ne le reconnaissais pas, tant il est engraissé... Il est vrni qu'fl y a cinquante-six ans que nous ne nous étions vus., il doit cet emhoc-
point au racabout In in'en serviras tous les
jours.
Mariette. Oui, Monsieur... mais je m'y prendrai plus tôt, car aujourd'hui le dtner ne sera sur la table que dans une heore.
• méringuet. l’as avant une henre... oh! R«era trop tard, et la comprends qn'il faut que je sols au commencement du spectacle... je ns puis pss faire une sottise à M. le directeur de l'Odéoo, qui me fait l'honneur, à moi qu'il ne connaît pas, de m'inviter à une de ses soirées dramatiques, et qui pousse la prévenance jusqu'à m'envoyer un billet franco...
Mariette. C'est bien généreux à lui...
méringuet. Un billetdefamilledequinze places.
Mariette. Quinze places!
méringuet, fui montrant le billet. Tiens, regarde, c'est d'une délicatesse ..
Air de l’Àtu de six francs.
V n pareil procédé m'engage,
J y donne mon adhesion,’
Et ce soir, m'armant de courage,
Je veux saisir l'occasion