SCÈNE UI
MARIETTE, seule, mettant le couvert. Enfin , j’ai cm qu’il ne s'en irait pas!... Pauvre cher homme! s'il avait deviné que son dîner e9t tout prêt et que je vais le consumer avec Oihraltar... Il est vrai que c'est histoire d'avancer mon ma*
ringe Enfin, en v’Ià donc un de pompier qui
songe à légitimer ses feux!... c'est pas mes deux premiers prétendants qui auraient eu cette idéela... monsieur Gérômé, do la caserne de Chaillot, et monsieur Tityre, de la caserne de la rue de la
Paix... des beaux hommes, je ne dis pas mais
des farceurs qui auraient attendu que le feu prenne a la lane avant de parler de m'épouser... Il m'a fallu venir ki, au Marais... à la caserne Culture- Sainte-Catherine pour rencontrer.... Hein, c'est drôle! v'Ià trois fois que je change de condition... et trois fois que l'Iiasard me loge à côté d'une caserne de pompiers... Ah ben, je n’en suis pas ftebée... j'ai un faible pour cette variété de sapeurs... il y a deux choses qui nie charment chez ces étres-lè... leur courage, d’abord, et puis.... leur casque.
Air üe Fonction.
Franchement, je l'avoue,
Et sans faire la moue.
Sans a' faire prier,
J'aime le pompier.
Avec lui que peut-un craindre,
N'a-t-il pas, pour se faire aimer,
Les feux qu'il peut éteindre Et qu'il sait allumer ?
Voilà mou couvert mis, vous allez voir que ce Gibraltar va se faire attendre maintenant (On
frappe au fond a droite.) On frappe... c’est lui... ]e le reconnais à vue de nez... il senL la fumée a dix pas... Entrez...
«*» Mstvvsntvu <itVkit«M«uvnvtMsvM mvxvvvs viwvmimsvi a
D'accepter l’invitation.
Aussi, je n'en veux rien rabattre,
A l'Odéon. tout seul j'irai ;
Comme quinze j'applaudirai.
Et je m amua’rai comme quatre.
Mais ce n'est pas une raison pour y aller à jeun. Tiens, an fait, si j'allais dîner au restaurant...
Mariette, à part. Aijonsdonc! il y vient
(Haut ) Ah! Monsieur ferait bien mieux.
méringuet. C'est ca 1
marietts. Mais votre dîner qui cuit?
MMiNGt'KT. Tu le mangeras, ma petite Mariette, seulement tu me garderas un peu de racahout pour mon souper. (Il remonte, après avoir pris sa canne et son chapeau.)
Mariette. Oui, Monsieur (t).
MtnisaotT. Ah! je savais bien que j'oubliais quelque chose..,, mes lunettes... va me les chercher, je suis très-myope, tu sais. .
Mariette. Mais vous ne» avez pas besoin, si vous avez votre lorgnette.
méri.ncuet, Idtant ses poches. Oui, j’ai uiaclé... Bon ! tu no m’attendras pas...
Mariette, lui donnant ses gante. Tenez... voici vos gants.
mèrinol'CT. Merci, mon enfant.
Mariette. Amusez-vous bien.
mùringoet. Ob ! d'abord, à l'Odéon, je m'amuse toujours.
Mariette. Tiens! liens! liens!
mAringuet. Il est vrai que voilà vingt-neuf ans que je n y suis ailé.
Mariette. Moi! l'Odéon, c'est pas mon théâtre, j'aime mieux les Funamb...
MÉaisGOET. Comment dis-tu?
Mariette. J 0 dis les Funamb... pour les Funambules; j'ai appris c* dans une maison très-bien où j'ai servi...
MÉnivGUET, regardant sa montre. Sept heures tout à l'heure... je n’ai quu le temps d'arriver.... décidément je ne dînerai pas... je n'en souperai que mieux... Adieu, Mariette...
Mariette. Adieu, Monsieur.
Air de R ose et Marguerite.
A l'Odéon. vous attend une fêle,
Allons, Monsieur, c'est l'heure du départ;
Qu’ votre soirée aujourd hui soit complète.
Kl pour cela pas de nouveau retard.
A vol' retour, voyez ma prévenance,
Vot' lit sera bassiné chaudement.
■àataeuET.
Pour tes bons soius cl pour ton innocence,
J' te coucherai dessus mon testament.
ENSEMBLE
MARIETTE
A l'Odéon, vous attend une tète, etc , etc,