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Trois ans en Indochine

Les pages suivantes, imprimées sur la demande de quelques amis, n étaient pas destinées à la publicité. On s'apercevra assez qu elles nont aucune prétention littéraire. Ce sont des notes écrites au Jour le Jour dans une cabine de paquebot, sur une barque, dans une cliauniiére de la brousse ou, un poste à la frontière de Chine. Leur seul mérite est de ne décrire rien que nous ii ayons vu ou entendu nous-mêmes. Et nous étions particulièrement bien placés pour beaucoup voir et beaucoup entendre. Le pasteur du Tonkin et sa femme ont affaire à taules les catégories dEuiopéens représentées en E.vtrème-Orienl : officiers et soldats, fonctionnaires, colons ; non pas seulement les Erançais protestants, mais beaucoup de catholiques et d, indifférents, beaucoup d'étrangers aussi {Allemands et Suisses, surtout dans la légion j. L'aumônier militaire circule en trois ans plus qu'aucun, autre ne peut le faire pendant le même laps de temps au Tonkin et en Annam. D' autre part le presbytère colonial est, par définition, la maison ouverte à tant d'isolés qui — /)lus ou moins consciemment — souffrent d'être loin de la famille, de la patrie, de V Eglise.

Nous nous sommes trouvés là-bas dans des années importantes pour le développement économique de Thidochine et pour l'histoire des races Jaunes : l'intervention européenne en Chine venait de finir, et la guerre russo-Japonaise allait commencer. Nous avons eu ainsi F écho de bien des faits intéressants, grands et petits. Peut-être après avoir lu ces pages quel-

que Fiançais comprendra-t-il mieux les conditions de vie dans la « />lus grande France. » Peul-èlre — c'est ce que nous souhaitons — quelque chrétien priera-t-il davantage pour ses frères, brebis dispersées et souvent égarées jusqu'aux extrémités du monde.

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