‹ Trois ans en JudéeChapitre 11 sur 119 · I. Josué, XVetXVm · texte numérisé non relu

I. Josué, XVetXVm

dit-il. Je regardai les deux flaques noirâtres d'un air effaré. « Rassurez-vous, reprit Moustapha ; descendez avec moi quelques pas vers le fond de la vallée, et vous verrez la source qui va fournir nos rafraîchissements. >

En effet, à une très-courte distance, je trouvai à fleur de terre un petit bassin d'un pied de diamètre à peine, qui donnait un filet d'eau potable.

Pendant nos opérations à la fontaine, le rabbin et son fils avaient pris les devants comme des gens très-pressés, pour aller s'asseoir, à un quart d'heure plus loin, sur le versant droit de la vallée, à mi-côte, un peu au delà d'un arbre isolé qui formait le premier plan du paysage. Ils semblaient plongés dans une grave méditation. J'étais fort intrigué de cette conduite, et si Hadji-Moustapha montrait moins de curiosité, au fond il désirait également savoir le motif de ce recueillement- Voici l'explication qui nous en fut donnée par le rabbin.

Ces grandes pierres plates servant d'aire aujourd'hui aux habitants de Beit-Amsi, pc-

lit village situé derrière la montagne, étaient autrefois Faire de Josué le Bethscamite^ L'arche du Seigneur avait été prise par les Philistins; quand ceux-ci, tout fiers de ce trophée, le promenèrent de ville en ville dans leur pays, deux plaies terribles s'abattirent sur les habitants de tous les lieux où le coffre sacré avait fait une station. La terre des champs était envahie par une multitude énorme de souris qui détruisaient les récoltes, et les hommes de tout âge, frappés dans les parties les plus secrètes de leurs corps, perdaient tout leur sang par un flux intérieur. Ces hémorragies étaient d'une nature si maligne que la mort faisait parmi eux des ravages effrayants. Comprenant que le séjour de l'arche dans leur pays était la cause de ces fléaux, ils demandèrent à leurs prêtres un moyen de s'en délivrer. D'après leurs indications, ils placèrent l'arche sur un char tout neuf, traîné par deux génisses, et mirent auprès d'elle un coflret garni de leurs offrandes

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