Bell. Jud., livre VI, chap. vi
aussi presque complètement. On ne penl donc arriver qu'à des indications approximatives, ce que nous aHons essayer de faire malgré la sécheresse du sujet.
La demeure royale, le palais des rois juifs sous la dynastie hérodienne s'élevait à l'angle nord-ouest * de Sion, là où se trouve aujourd'hui la citadelle turque. Elle était entourée de fossés profonds, puisque dans une des nombreuses émeutes qui agitèrent la ville avant le siège, < le pontife Ananias se cacha vers les fossés du royal palais '. »
Nous pouvons supposer que le fugitif se tint éloigné le moins possible de sa maison, et comme nous savons par Josèphe' que la maison du pontife était dans la ville supérieure; qu'elle était voisine du palais cTAgrippa et de Bérénice, puisque celui-ci fut incendié en même temps qu'elle, nous croyons peu risquer en plaçant ces deux édifices dans le rayon de la citadelle, là où s'élève aujourd'hui Téglise
1. Bell. Jud.y livre VH, chap. v. — 2. Bell. Jud. y livre II, chap. xvin.— • 3. Belh Jud, , livre VI, chap. xvn.
anglicane avec ses dépendances. Ce qui nous y décide, c'est que lors des fondations on trouva plusieurs débris de bâtisse antique, entre autres les colonnes mutilées que Ton aperçoit encore le long de la voie publique.
Le palais royal étaitune magnifique résidence, aussi riche que forte, entourée de tous côtés par des murs de défense, comme le fort actuel appelé si improprement tour de David.
Sentinelle avancée de la ville à l'angle nordouest (le mur d' Agrippa n'étendait pas encore en avant sa première ligne), il avait multiplié les ressources de l'art pour être aussi complètement que possible à l'abri de toute attaque. En conséquence, la face nord de son pourtour S la seule exposée, se hérissait de trois tours, Hippicus, Phasael et Mariamne ; je les nomme en allant de l'ouest à l'est :
le cube en maçonnerie à gros blocs qui fait partie du château actuel est un reste de la tour Mariamne.
1. Bell. Jud., livre VI, chap. vi : Ces tours s'élevanb au nord, derrière elles était l'eaclos du palais du roi. »
La seule observation à faire et qu'il est facile de réfuter, consiste à dire que ces trois fameuses tours devaient avoir une position plus avancée vers l'orient, puisque « le feu mis par lés séditieux à la tour Antonia gagna le palais royal et brûla les toits des trois tours. » Comme l'historien dit nettement que Hippicus, Phasael, Mariamne faisaient partie du palais, à l'ouest de Sion ; qu'Hérode les avait fait construire sur le vieux mur; que c'était à l'endroit le plus haut du vieux mur, le doute n'est point possible, et l'on peut s'expliquer la communication de l'incendie par cette particularilé topographique, que la tour Antonia étant sur une hauteur et très-élevée elle-même, n'était guère éloignée du palais, en ligne horizontale, que de 400 et quelques mètres, bien que la distance fût de 600 mètres en suivant le plan incliné formé par l'ondulation du sol. Or, un grand incendie, pour peu qu'il ait été favorisé par un vent ' violent, a pu sans difficulté porter des brandons enflammés à 400 mètres de distance.
En descendant le Tyropœon, on trouve dans
une rue à droite, presque en face du bazar à Ja viande, une arcade formée de trois pierres énormes, enchâssées dans un mur à main gauche. C'est là que je place le palais des Asmonéens, qui domine ainsi d'assez près le Xystus*. Tin peu plus à Test s'élevait la mr du Xystus. Nous avons déjà parlé du Xystus et du pont qui le joignait au temple ; nous n'avons plus à citer, pour en avoir fini avec la partie sud de la vieille ville, que l'hippodrome placé à la partie méridionale du temple, sans doute sur le plateau qui précède les jardins de El-Aqsa et réunit Ophel naissant aux dernières pentes du Moryah. Tout en bas d'Ophel, au-dessus de la fontaine Siloë, l'on avait bâti une sorte de fort avancé (propugnaculum) pour augmenter la défense du saillant; c'est là qu'après la défaite finale essayèrent de se réfugier quelques-uns des vaincus \
1. Bell. Jud.y livre II, chap. xv : « Dans la maison des Asmonéens; cette maison dominait le Xystus, contre la partie supérieure de la cité. »