Bell.Jud.j livre VII, chap. xvi
Dans Acrâ se trouvait la curie ou chambre du conseil, non loin du portique occidental du temple ; on en voit un vestige assez considérable dans la grande rue qui conduit de la porte de Damas au Mehkémé : c'est im massif de maçonnerie en pierres à bossage, sur le côté gauche de la rue, à l'entrée d'un vieux bazar abandonné qui mène au Haram-Chérif.
Deux cents pas avant d'y arriver, et plus au nord par conséquent, on remarque des assises antiques au pied des maisons à main droite : là devaient être les archives *.
Derrière les archives, en remontant la pente d'Acrd, se trouvait le palais d'Hélène, situé au milieu de cette partie de la ville *, à peu près où maintenant est le soi-disant hôpital de Sainte-Hélène. A ce propos, une remarque assez curieuse se présente naturellement :
la reine d'Adiabène avait acquis parmi les
1. Bell. Jud.y livre VII, chap. xiu : « Les soldats brûlèrent les archives, Acrù, la curie et Ophel. » Josèphe fait donc son énumératiou du nord au sud.
2. Bell. Jud.f livre VII, chap. xiii : « Et le feu allait jusqu'au palais d'Hélène, qui est au milieu d'Acrà. »
Jmts une grande renomniée de bienfaisance par les dîstribations de iiiTres qu'elle fit faire en temps de famine*. Serait-il étonnant qn^en TertQ de la persistance des traditions dont nous aTODS rappelé tant d'exemples, le soutcnir de ces libéralités s'étant conserré attaché à cet emplacement, la fameuse Khasseki, sultane Roxelane, ait cboi^ pour sa fondation pieuse un endroit déjà consacré dans la mémoire du peuple par une antique reconnaissance?
A Tangle nord-ouest du temple, là ou maintenant sont la caserne et la maison du pacha, la forteresse Antonia ' développait ses quatre tours, dominées au centre par la tour principale. L'ouvrage dans son ensemble formait une espèce de citadelle pour prot^er le
1. Ânt. Jud. . livre XX, cbap. n : « Elle envoya de ses gens à Alexandrie acheter une grande quantité de froment, et d'autres à Chypre pour en apporter une masse de figues sèches..., et distribuant ces vivres aux indigents. elle acquit par ce bienfait un renom éternel parmi les gens de notre nation. »
2. Bell. Jud., livre I, chap. iv. — livre VI, chap. vi. ad finem.
temple. En face, à Touest (vis-à-vis de la III" slalion de la Voie douloureuse et à côté de l'église de la Défaillance), une piscine dont il ne reste plus trace recevait les eaux pluviales de toute la pente qui la surmontait ; on l'appelait YÉtang du milieu^ à cause de sa position, ou le Strouthion; les derniers vestiges de ce grand réservoir, comblé lors du siège, sont enterrés dans les fondations des maisons qui bordent la voie Douloureuse, jusqu'à l'angle de la V* station.
L'endroit bas et large qui, de la !!• station, remonte vers la porte de Damas, formait jusqu'à la première voûte que l'on rencontre, une sorte de place publique nommée Stratopédon^. Le Stratopédon servait de dégagement en face de la porte ouverte à cet endroit dans le second mur, et cette porte était surmontée d'une tour dite Tour du milieu^. Les gros blocs de pierre noyés dans la maçonnerie informe qui soutient la voûte.
1. Bell, Jud.^ livre VI, chap. xii. — 2. Bell, Jud.y livre II, chap. xvu. — 3. Bell. Jud., livre VI, cliap. xix.
rappellent le souveoir de la porte et de la tour.
Aq pied do mor septentrional do temple, qui, à partir de la toor Antonia, complétait, eu se développant Ters Test, Tenceinte moyenne oo du second mur, on voyait, et l'on voit encore la piscine AmygdaIon\ baptisée aujourd'hui du nom de Piscine proba-tique. Elle se remplissait des eaux versées par la pente de Bézétha.
Enfin , si nous allons vers l'occident en sortant de l'hospice latin (Casa Nuova) pour examiner dans la face interne des remparts actuels les traces de la tour Pséphina, nous trouverons à main gauche, à l'entrée d'un terrain cultivé, les ruines d'un ancien oratoire musulman qui surmonte une crypte assez considérable dans laquelle on ne peut entrer; cette crypte passe pour le tombeau d'un saint de l'Islam. C'est là que nous plaçons le tombeau du grand prêtre Jean'.