Exode, XXVIII
hommes cupidcsToulurent violer leur tombeau et le dépouiller de son précieux dépôt ; mais ils ne pmrenl soulever la plafue de métal retenue en place par une force divine, et furent frappés d'une mort subite en punition de leur mauvais dessein.
La vaste mosquée^ église byzantine dont la nef principale est jQanquée à droite et à gauche de trois nefs secondaires, est une vraie forêt de colonnes, surmontées, en guise de feuillages 9 d'une légère charpente de cèdre que recouvrent des lames de plomb; de chaque côté, un double rang de fenêtres, au nombre de vingt et une, laisse pénétrer le jour à travers de grossiers vitraux de couleur. Les deux dernières nefs à gauche sont séparées du reste de l'édifice par une cloison grillée, derrière laquelle les femmes peuvent satisfaire leur piété sans distraire celle des assistants.
A l'extrémité de sa grande nef (longueur, quatre-vingts nrèUres), la charpente s'élève jusque du double de la hauteur pour soutenir une jolie coupole ovoïde éclairée par deux rangs d'ogives; à droite et à gauche
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détendent de longues galeries; celle de rooest, andemieinent réserrèe au rite chafej , dès son entrée , rappelle un grand sou- ▼enir. (Test là, entre ses deox premiers piliers, que la sainte Vierge amena son dirin fils pour le présenter au grand prêtre. La galerie orientale, beaucoup moins lai^ et moins longue , a dans le milieu de sa paroi au sud , un mihrab où le calife Omar aimait à foire sa prière. Sous la coupole à droite est une magnifique chaire en bois sculpté , travail des plus habiles ouvriers d'Alep , du temps où les Arabes avaient encore le goût des arts ; derrière celte chaire , on voit dans la muraille une pierre très-révérée des musulmans qui porte l'empreinte du pied de Notre-Seigneur; et à côté les deux mihrabs , de Yahia et de Zacharia , de saint Jean et de Zacharie. A gauche de la nef centrale, au sortir de la grande coupole se trouve le Bab-el-Khader; franchissons-la , et descendons quelques marches pour aller voir le berceau du grand prophète Jésus ; car bien que la crèche de Beitlehem soit vénérée des musulmans comme
authentique , le Haram-Chérif aurait menti à son titre de musée des prophètes , s'il ne possédait pas, lui aussi y la couche de i*Enfant divin. C'est une pierre creusée , placée horizontalement sur le sol que des infidèles prendraient pour un ancien bénitier de l'église de la Présentation transporté là quaïid le croissant y eut remplacé la croix.
Nous nous retrouvons enfin en plein air ; devant nous s'étend dans toute sa longueur la magnifique esplanade qu'on appelle le parvis du Haram-Chérif. N'en déplaise à toutes les merveilles de détail que nous venons de visiter, c'est encore là le plus beau spectacle, le plus majestueux, le plus frappant. Ce vaste parallélogramme parsemé de bâtisses irrégulièrement semées, avec ses portiques à colonnes légères , avec la masse imposante de la mosquée d'Omar dont les murs émail! es et la gracieuse coupole forment le centre majestueux ; au-dessus un ciel sans nuage , abîme insondable d'azur ; à gauche, les mille dômes blancs de la ville capricieusement groupés les uns au-des5us des autres. A droite , le mur
crénelé qu'un gouffre sépare de la montagne des Oliviers et d43s lointains estompés de TArabie. C'est de ce côté que nous nous dirigerons pour terminer notre course ; nous allons voir ce qui reste de la belle porte dont nous connaissons les magnificences extérieures.
La porte Dorée est double, et forme en réalité deux vestibules distincts : Fun s'appelle Bab'Ct'tobé, la porte du Repentir ; l'autre, Bab-er-rahmi, la porte de la Miséricorde ; belle alliance, dont le sens mystique offre un sublime enseignement *. Ces deux portes, dignes entrées d'un lieu de prières, sont formées de pierres gigantesques taillées avec le plus grand soin; l'énorme dimension des blocs nous ramène à l'époque qui vit construire le souterrain d'El-Aqsa : nous sommes en face d'un monument hérodien. Non loin de là, se trouve le prétendu trône de Souleyman; mais il est si soigneusement gardé, que les musulmans eux-mêmes ne peuvent
1. Adam fut chassé du paradis par la porte du Repentir, Eve par celle de la Miséricorde.
voir que la fenêtre qui lui donne de Tair; aussi, par dédommagement, attribuent-ils à
rinconnu des vertus particulières, et viennent-ils, pour obtenir sa protection salutaire,
soit en cas de maladie, soit pour la solution d'un procès, ou l'heureuse issue de leurs désirs, attacher aux barreaux de la croisée un morceau de leur vêtement.
Si j'ajoute, sans plus d'explications, que les musulmans de Jérusalem sont depuis deux cents ans environ passés du rite Chafey à celui des Hanefy, le lecteur sera sur ce point aussi savant que moi, et je lui demanderai la permission de terminer ainsi ce chapitre.
Partie nord de la ville. — Églises de la Nativité de la Sainte -Vierge, de Saint- Jean PËvangéliste. — Les Derviches, les Wakoufs, les Juifs.
Encore une course dans l'intérieur de Ja ville, et nous aurons vu ce qu'elle renferme de plus intéressant.
Je descends la Voie douloureuse jusqu'à la rue qui débouche en face de la Scala Sancta^ où je m'engage. Deux minutes après, dans un enfoncement à gauche, on trouve, enfermé dans une maison musulmane, un joli petit oratoire bâti, lors des croisades, sur le lieu présumé de la Nativité de la Sainte- Vierge.
Deux creux informes, imprimés dans le seuil de la chapelle, sont la marque des petits pieds de l'Enfant prédestiné. L'architecture du monument est simple mais élégante :
une corniche unie, en biseau, court tout le long de l'édifice intérieur ; une coupole ovoïde, dont le générateur serait une ellipse écrasée, le recouvre. Comme Téglise de Sainte-Anne est depuis longtemps en possession du titre de la Nativité, les partisans de cette chapelle prétendent que la première doit se contenter d'avoir vu s'accomplir le mystère de l'Immaculée Conception, en sa qualité de maison de Joachim.
Remontons la rue pendant un quart d'heure, et nous arriverons à une fabrique de poteries située à main droite. C'est la maison de Simon le Pharisien S où se convertit Marie-Hagdeleine*. Des ruines assez considérables montrent que la piété des croisés y avait élevé une église. Dans une dalle que la nef doit abriter, nous retrouvons la preuve écrite de Fautben-