‹ Trois ans en JudéeChapitre 62 sur 119 · BelloJud.j livre VI, chap. vi · texte numérisé non relu

BelloJud.j livre VI, chap. vi

torien juif n'ait voulu désigner par ces termes les carrières ouvertes par ordre du roi. Je suis d'autant plus autorisé à croire cette opinion fondée, que je ne puis, comme certains voyageurs l'ont fait, donner au mot ciçiiXaiov, caverne, le sens de grotte sépulcrale, de tombeau. Josèphe veut-il parler d'un monument funéraire, il se sert toujours des deux mots ixvYjjjLetov ou ôi^xT); pourquoi donc exceptionnellement aurait - il employé dans cette description un terme nouveau et impropre ?

En sortant de ce labyrinthe souterrain, on aspire avec volupté l'air pur de la campagne, car la petite ouverture qui sert actuellement d'entrée n'est pas un ventilateur suffisant,^ et Vatmpsphère étouffée qu'on respire à l'intérieur finit à la longue par vous affadir le cœur et vous alourdir la» tête. Cette petite ouverture n'est que la partie supérieure de l'ancienne ; autrefois on pénétrait dans ces carrières par une grande et large porte comblée par les terres, mais dont on distingue parfaitement encore les vestiges dans l'excava-

tionS à gauche, improprement appelée citerne de Gihon, par M. de Saulcy. L'erreur de ce savant explorateur provient naturellement de ce qu'à l'époque où il fit son voyage» les habitants du pays avaient oublié l'existence de ces carrières, auxquelles je rapporterai la mention de Medjr-ed-Din*.

Quelques pas me suffirent pour traverser la route et m'amener devant une petite porte gardée par un vieux et vénérable derviche.

Les compliments d'usage que je lui adressai en arabe, un léger bakbchich que je lui glissai dans la main, m'ouvrirent immédiatement le chemin de son cœur et celui de la grotte ; non-seulement il me permit de visiter le tombeau du santon dont il est le surveil*

1. La profondeur de cette excaration, jusqu'au fond de laquelle s'aperçoivent les traces de l'ancienne porte des carrières, est de 11 mètres 90 centimètres; le pied de la porte de Damas est à l!2 mètres 64AX) plus bas que Fou* verture actuelle des carrières, et l'on retrouverait facilement les 74 centimètres de différence de niveau entre les deux portes si l'on enlevait les immondices qui sont au fond de cette excavation*

2. A l'opposé et au sud de Zahara (cimetière musulman placé au-dessus de la grotte de Jérémie) et au-dessous de

lant, mais encore il voulut m'accompagner dans mes recherches. Il s'agissait de retrouver les traces de la chambre et de la citerne de Jérémie, de la basilique élevée par sainte Hélène en l'honneur du prophète, enfin des sépulcres d'Alexandre Jannée, toutes choses placées par les auteurs dans les deux excavations que l'on remarque à la partie sud du monticule faisant face à la ville.

Malgré un examen attentif et consciencieux, nous n'avons pu découvrir aucun vestige de construction ancienne; il faut donc, si l'on veut croire que les Lamentations aient été composées ici, s'en rapporter complètement à la tradition. On trouve, il est vrai, près de celte grotte une citerne ; mais cela n'est pas un té-

la porte septentrionale de la ville, est une grande excavation oblongue nommée la grotte du Ztn, que quelquesuns disent s'étendre jusqu'au-dessous de la Sakrah. {Extrait du Voyage dans les terres bibliques ^ de M. de Saulcy, t. .11.) Peut-être dans le passage cité ci>dessus de Médjr-ed-Din, devrait-on lire au lieu de Kétdn le Itn, Kéndn, qui veut dire bâtisse, maçonnerie et ornement architectonique, couverture; ce qui offrirait un sens, dont le rapport évident avec Torigine de ces carrières ne me laisse aucun doute.

moignage suffisant pour admettre qu'il y eut jamais dans cette position, en dehors de la ville, un palais et une prison*. Je conclus donc pour la négative.

Le docteur Schullz a prétendu que ces grottes furent les sépulcres d'Alexandre Jannée, basant principalement son opinion sur le passage de Josèphe, où il est dit que « les compagnons de Jean combattaient de la tour Anlonia, du portique septentrional du temple et devant les monuments du roi Alexandre' >•.

Or, ce fait s'est passé après que Titus était déjà maître de la première enceinte bâtie par Hérode- Agrippa, c*est- à-dire, comme on le verra, de l'enceinte actuelle qui laisse en dehors la grotte de Jérémie. Notre point de départ n'étant pas le même, il n'est pas étonnant qu'il y ait divergence dans notre opinion. En effet, le docteur Schultz, s'appuyant sur ce qu'il à cru reconnaître le soubassement de

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