‹ Trois ans en JudéeChapitre 65 sur 119 · Bell, Jud.y livre VI, chap. ix · texte numérisé non relu

Bell, Jud.y livre VI, chap. ix

les terrains à ma gauche certaines excavations qui n'ont plus aucun caractère , et examiner à ma droite une porte aujourd'hui fermée et une petite piscine voùlée ; elles se nomment toutes les deux porte et piscine de la Pèlerine. Voici l'explication que j'en ai entendu donner : L'impératrice Hélène , venant de Constantinople pour honorer les lieux saints en y élevant de pieux monuments, voulut, dans sa fervente ardeur, faire acte d'humilité, et entrer dans Jérusalem comme une simple pèlerine, les pieds nus, le corps couvert d'un cilice. Descendant de cheval, elle pénétra alors dans la ville par la porte d'Hérode, appelée depuis ce jour porte de la Pèlerine (Bab-ez-Zaïré.)

C'est également non loin de là que Godefroy de Bouillon |iùrait escaladé les murs de la ville, lorsque, huit siècles plus tard , il vint délivrer les chrétiens d'Orient de l'oppression et de la tyrannie. L'armée des croisés aura dû camper sur le terrain à notre gauche, où s'élève ce bouquet d'oliviers, et la lente de . Godefroy tenait la place de celle maison en

ruine qu'un pin majestueux couvre de son ombrage ; mais, sans nous arrêter à des suppositions bien probables pourtant, nous pouvons encore rendre cet endroit intéressant par le récit de la tradition musulmane qui s'y rapporte.

« Lorsque le sultan de Babel-Bakhtunnassr (Nabuchodonosor) envoyé par Dieu pour punir les fils d'Israël qui avaient abandonné la doctrine de l'unité, dépouilla le Temple de tous les objets précieux qui s'y trouvaient réunis , il se réserva pour lui-même le trône de , Salomon , avec ses supports , les deux lions d'or pur animés par un art magique qui en défendaient l'entrée, et distribua le reste du butin aux différents rois de sa cour. Le roi de Roum reçut l'habit d'Adam et la verge de Moïse, le roi d'Ântakié eut pour sa part le trône de Beikis et le paon merveilleux dont la queue toute en pierrerie formait à ce trône un riche dossier; le roi d'Andalousie prit la table d'or du Prophète. Un coffret en pierre qui contenait le Tourat (Bible) était au milieu de toutes ces richesses, et nul n'y faisait at-

tention, bien qu*il fût de tous les trésors le plus précieux. On le laissa donc abandonné au caprice des pillards qui parcouraient la ville et le temple, faisant main-basse sur tout ce qu'ils rencontraient, et le dépôt de la parole divine disparut dans cet immense désordre.

« Quarante ans plus tard, sa colère apaisée. Dieu résolut de rétablir les fils d'Israël dans leur héritage et suscila le prophète £uzer (Esdras), sur qui soit le salut ! Prédestiné par la volonté divine à une mission glo* rieuse, celui-ci avait passé toute sa jeunesse dans* la prière et la méditation, négligeant les sciences humaines pour s'absorber dans la contemplation de l'Etre infini, et vivant séparé du monde au fond d'une des grottes qui entourent la ville sainte. Celte grotte s'appelle aujourd'hui encore el ŒzériéK Obéissant à l'ordre de Dieu, il sortit de sa retraite et vint au milieu des fils d'Israël leur indiquer

1. Nom arabe de la grotte connue sous le nom de Tombeau de Laxare,

comment ils devaient rebâtir le temple et remettre en honneur les anciens rites.

< Mais le peuple, peu confiant dans la mission du prophète, déclara qu'il ne se soumettrait point à la loi y que même il cesserait les travaux de construction du temple et s*6fD irait habiter d'autres pays, si Ton ne lui représentait le livre où notre seigneur Moïse (sur qui soit le salut!) avait consigné toutes les prescriptions religieuses à lui dictées sur le mont Sinaï. Ce livre avait disparu, et toutes les recherches pour le retrouver avaient été infructueuses.

« Euzer donc, dans ce grand embarras, fit à Dieu de ferventes prières pour qu'il le tirât de peine et empêchât le peuple de persister dans la voie de perdition. Il était assis dam un champ de vigne, à l'endroit où s'élève aujourd'hui le Pin, contemplant avec tristesse les ruines du temple autour desquelles s'agitait la multitude indocile. Tout à coup, une voix d'en haut lui ordonne d'écrire, et bien qu'il n'eût jamais pris en ses mains un qaiam (plume en roseau), il obéit sur-le-champ. De-

puis la prière du midi jusqu'au lendemain à la môme4ieure, sans prendre de nourriture, sans se lever, il continua d'écrire tout ce que lui dictait la voix céleste, n*hésitant pas un seul instant, n'étant pas môme arrêté par les ténèbres de la nuit, car une lumière surnaturelle éclairait son esprit et un ange guidait sa main.

« Tous les fils d'Israël , dans l'ébahissement, contemplaient en silence cette manifestation de la toute-puissance divine. Mais lorsque le prophète eut terminé sa copie miraculeuse, les imans, jaloux de la faveur par* ticulière dont il venait d'être l'objet, prétendirent que le nouveau livre était une invention diabolique et ne ressemblait nullement à l'ancien.

c Euzer s'adressa de nouveau à la bonté infinie, et, cédant à une inspiration subite, il se dirigea , suivi de tout le peuple , vers la fontaine de Siloam. Arrivé devant la source, il lève les mains au ciel , fait une longue et ardente prière, et la foule se prosterne avec lui. Tout à coup apparaît à la surface de

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Teau une pierre carrée, qui flotte comme soutenue par une main invisible; dans cette pierre les imans reconnaissent en tremblant le coffret sacré depuis si longtemps perdu; Euzer le prend avec respect ; le coffret s'ouvre de lui-même; le Tourat de Moïse en sort comme s'il était animé d'une vie propre, et la nouvelle copie, s'échappant du sein du prophète, va d'elle-même se placer dans la boite sacrée.

« Le doute n'éfait plus permis; cependant le saint homme exige que les Imans confrontent les deux exemplaires. Ceux-ci, malgré leur confusion, obéissant à sa volonté, témoignent à haute voix , après un long examen, que pas un mot, pas un hareket (accent) n'établit la moindre différence entre le livre écrit par Euzer et celui qu'avait tracé Moïse ; dès qu'ils ont rendu cet hommage à la vérité, Dieu, pour les punir de leurs premières erreurs, éteint leurs yeux et les plonge dans d'éternelles ténèbres.

c C'est ainsi que les fils d'Israël furent ramenés à la foi de leurs pères. L'endroit où

s'était assis le chef que Dieu leur avait donné fut appelé depuis Kerm ech Cheick (l'enclos ou la vigne du Cheick). »

Remontant le lit du Gédron, je visite les carrières exploitées par le gouvernement autrichien pour la construction de son hôpital, et j'arrive bientôt au milieu d'une belle plantation d'oliviers. Autour de moi, toujours des grottes, d'immenses carrières; une d'elles frappe surtout mon attention par son aspect pittoresque ; une partie de la voûte supérieure s'est affaissée et ne laisse pour entrée que deux couloirs étroits. Un pilier naturel supporte tout l'édiflce. On montre aux voyageurs celte crypte sous le nom de Grotte du Foulon, Quel est ce Foulon? En vain ai-je cherché à pénétrer son histoire; ce nom sans doute a été donné à cette caverne par quelque lecteur de l'historien Josèphe, désireux de faire passer la ligne des remparts de la ville < par le tombeau des Rois et le monument du Foulon. »

Ce vallon est riche en grottes sépulcrales, et il me semble que l'amour-propre de ce célèbre Foulon aurait été plus flatté si on lui

eût choisi pour dernière demeure autre chose qu'une carrière.

Les Juifs appellent cet endroit Sadaqat-el- Akel (l'aumône de la mangeaille), et donnent l'explication suivante de leur épithète.

« Le général Titus assiégeait la ville sainte ; ses légions, habilement disposées autour des murailles, ne permettaient pas à la garnison de se ravitailler; aussi lorsque arriva le mois de hul^, les provisions furent-elles épuisées. La désolation et la mort régnaient parmi les habitants ; la faim faisait plus de victimes que les armes romaines. Dans cette situation extrême, toute bouche inutile fut sacrifiée, et l'on fit périr ainsi successivement les animaux, les enfants et même les femmes, pour servir de nourriture aux combattants; ces souffrances, ces sacrifices, ne suffirent pas encore pour apaiser la colère de l'Éternel ; la ville de David tomba au pouvoir des Romains et fut livrée au pillage.

1 . Le mois de Bul correspond environ à notre mois de novembre.

« En ce temps-là vivait à Jérusalem un Juif fort riche, dont l'éducation avait été faite à Rome; celte circonstance lui servit pour échapper aux malheurs qui frappaient les révoltés, et lui permit de conserver ses richesses. Mais à quoi bon tous ces trésors?

il était seul désormais ; sa femme et son jeune fils avaient été immolés à la terrible nécessité de la faim.

« Cette scène lugubre sans cesse présente à sa pensée, ne lui laissait plus de repos. Il fallait à sa tristesse une satisfaction : il résolut donc de donner une partie de sa fortune à ses malheureux concitoyens; de plus, à chaque fête du Purim^y il s'imposa TobUgation de faire à cet endroit une distribution de

1. A la fête du Purim, on est obligé de s'enivrer au point de ne plus savoir discerner entre la malédiction d*Haman et la bénédiction de Mardochée. (Megiliah, fol. 7, col. 2.)

A la fête du Purim, chacun, selon ses moyens, doit préparer un beau festin où se trouve de la viande, et boire jusqu'à ce que l'assoupissement de l'ivresse s'ensuive. (Hilchoth Mégillah, chap. n, 15.)

La fête du Purim se célébrait le 14* jour du mois Adar, qui répond aux mois de février et de mars.

blé, de viande et de vin, afin que les pauvres pussent aussi avoir leur part de la joie générale et célébrer dignement la salutaire influence d'Esther sur Assuérus.

« Aitisî s'écoulaient les années; les malheurs de la guerre étaient déjà oubliés, quand la nouvelle génération, cédant aux promesses d'un faux Messie appelé Cosiba^ chercha de nouveau à secouer le joug des Romains. Notre homme, malgré son âge avancé, avait conservé la mémoire des maux soufferts ; il chercha à détourner ses frères de leur projet en leur racontant le triste passé dont il avait été à la fois victime et témoin : mais rexpérience des pères n'a jamais servi aux enfants; ses sages conseils furent repoussés.

t Un jour, éclairé par l'Éternel, il vit dans des temps prochains les années d'Adrien ruinant encore Jérusalem ; une dernière fois il supplia les siens de se soumettre; aveuglés par l'esprit de vertige, ceux-ci restèrent inébranlables dans leur funeste résolution.

« Préférant alors mourir plutôt que d'être de

nouveau témoin du désastre de sa patrie , il invoqua la puissance du Très-Haut, et aussitôt la partie supérieure de cette caverne, venant à se détacher, lui servit de sépulture. Il est donc enterré dans ce monticule, sous cet énorme rocher qui forme l'entrée de la carrière. On raconte que tous les ans , à la fête du Purim , le mort enlève une pièce de monnaie de son trésor, -enfoui avec lui , et la dépose sur cette roche afin de continuer de faire aux pauvres Taumône de la mangeaille, »

Ombre de Simon le Juste, lève-toi, et dismoi la vérité ! Mais cette ombre , libre pendant tant de siècles , a été emprisonnée, il y a cinq ans ; les musulmans ont mis une porte en fer devant le tombeau du dernier chef de là grande synagogue, afin de prélever un impôt 5ur la crédulité juive.

Le grand pontife ne pouvant venir à moi, force me fut d'aller à lui. En traversant le vallon , je me trouvai en face de cette grotte funéraire dans laquelle je pus entrer moyennant une faible rétribution. L'intérieur n'offre

us TStOîS ANS £N JXIDÉE.

de remarquable qu*ufie petite ctteme bien entretaïue, placée à côté da four à c^tsadls. C'est peut-être pourquoi les Juifs ont coatume de venir implora l'as^stance du ccm* temporain de JSu*acb l'ancieDy lorsqu'ils désirent de Teau pour la terre desséchée pareeitf mois d*uii soleil ardent.

Cinq minutes plus loin , une roiâe 4raiisversale vient mettre.de Tindécisioii dans mon esprit sur le chemin à suivre : il faut avoir soin alors de tourner à gauche; autrement en risquerait, après beaucoup de fatigues, il est vrai, d'arriver à Damas. Je remonte donc la petite pente au haut de laqueUe je dois trottverle Qobour-el-Molouk (tombeau des Roîi^; et pendant que je Iranchirai ces âôô narres»

je résumerai les difGêrents systèmes de «couches funéraires dont on rencontre les édiaihtillons dans les environs «de Jérusalem.

Les anciens Juifs, profitant de la natore pierreuse de leur sol , faisaient prati^oer dans les re^cbes, avec plus ou moins de^MHy selon la fortune de chacun, das !ex(par«atifiii| m forme de cbamitires* Ia magemcQ (xwti^

'mois A^S m JUDÉE. M9

de celles retrouvées aujourd'hui 50jit tellement défigurées que Ton ne peut dir-e si leur intérieur a été laUj^ pour recevjoir les carf)s, ou si jolies ont simplement renfermé des sarcoplvages,; l'eiLamen de certaines autres, mieux conservées, nous permet cependant d'établir 4iuatre catégories ée chambres funéraires : les chambres à four avec ou sans raiuure dans le milieu^ .celles À ta- Idettes^ celles à auge.^ enfin celles à couche souterraine.

Les fours consislent dans des ouvertures iaiUéesen voû^ cintrée ajiant 2jnétres deiong sur 85 cent, de large et environ SO cent de haut; le corps, après avoir été entcmré de handelettes, y était d^po^é;, la tête loumée vers rOrient. Les rainures gue Ton r.eïaaj*que ÂaMkS £(ueJl^es-^uns de ^ces fours .Sier^aient à r^ûttlement des liquides produits par ia pu^ tréfaotie^ et, en ^enlevant les causes d*humi- ^é, facilitaient la dessiccation des corps« Je me fonde, pour avancer cette opinian, siu* ce lait; j*aiMU« dans les environs des haims de «Cléqpatre et de Has^el-Xiu^ de udmhreiiMs

momies couchées à terre dans de semblables fours à rainures. Les Hébreux, sans cesse en contact avec l'Egypte, n'ont-ils pu lui prendre sa manière d'enterrer les morts comme ils lui avaient emprunté tant d'autres

usages ?

Les chambres à tablettes se composent d'une ou plusieurs tablettes horizontales, creusées dans le roc, surmontées d'une arcade en plein cintre au milieu de laquelle on voit souvent une entaille triangulaire destinée à contenir la lampe sépulcrale. La largeur de ces tablettes varie de 52 à 58 centimètres ; le corps y était déposé après les préparations d'usage, sans être renfermé dans une caisse, comme le prouvent la largeur de la base et la hauteur de l'arc.

Les auges ont la même disposition que dans le système précédent, seulement les tablettes, qui sont plus larges, ont été creusées en forme d'auge ou de baignoire afin de recevoir le corps.

Quant à la catégorie des couches souterraines, elle est beaucoup plus rare et jamais

uniquement employée. Ces couches sont taillées dans la partie rocheuse du sol au milieu de la chambre, ne laissant pour circuler qu'un trottoir assez étroit. On semble n'avoir adopté ce système qu'après que toutes les chambres d'un monument étaient remplies.

Mais, sur la gauche de la route, voyez cette petite citerne ; elle indique que l'on est à la hauteur des tombeaux des Rois; encore quelques pas au milieu des champs et on en aperçoit l'excavation.

M. de Saulcy a donné une description détaillée de ce monument. C'est donc ion livre en main que je vais faire la mienne, complétant certaines parties ou rectifiant certaines erreurs dues au court séjour qu'il a fait à Jérusalem. Je suis certain d'avance que l'amour de la vérité dont est animé avant tout ce savant voyageur lui fera accueillir avec indulgence mes humbles observations *.

1. Les passages eDtre guillemets sont extraits du Voyage dans les terres bibliques , par M. de Saulcy, t. II , p. 229 et suiv.

« Un plaiï indÎTié vers Test et placé entre dfetix mufaiflesr de racliers aboutit à une paroî verlîeale dans* laquelle est percé un soupirai! dontiant sur une sorte de citerne.

Que peut être cette cave ? J'ai le regret de ITgnorer. »

Ayant fait élargir cette entrée, j'ai pénétré dansi Fmtérietnr et constaté qu'^elïe n'a jamais pu èirt qtï'une cilerne, destinée sans doute à retenfr les eaux descendant des plateani voisins et à préserver ainsi Fédifice rojal.

« Dans la muraille de gauche, rers le fond de cette espèce de cour, e^t percée une porte enr plefn chffre, ornée d'un simple filet creux à rintérieer.... Cette porte débouche sur une lai^ codr carrée, à parois verticales taillées dans le toc; de^ amas de décombres en rendent le ml inégal. Dans cette muraîfte du fond est pratfqrué, avec un art très-remarquable, tm large vestibule qui était aatrefoîs soutenu par deux colonnes prises dans ïe roc même. Les deux colonnes ont été brisées et il n'^en reste d'autre trace que la partie supé^ rieure du chapiteau de droite encore appendu

att ptafoné. Aii-dessus du vestibule et sur la tàte même du rocher, court une loug^ fr^e sculptée avec une délicatesse et un goût exquis. Le centre de Ta frise est occupé par une grappe de rai^n, emblème de la Terre prinnise et type habituel des monnaies asraonéennes. A droite et à gauche de cette grappe sont placés symétriquement une triple palme d'un dessin élégant, une couronne et des triglyphes , alternant avec des patères o& boucliers ronds répétés trois fbis.

Au-dessous règne une guiriande de feuillages et de fruits^ retombant à angle droit de chaque côlé de Fourerture du yestibule» Audessus (k la ligne des triglyphes commence Que bdle eormcbe, malheureusement trèsendofl3magée..«. »

La portion de gauche de toute cette frise n'existe plus, les Américains et les nmsulmans sf amusant à la casser, les uns pour en emporter des morceaux, ks autres pour le plaisir de détruire des monuments vénérés par les Emropéeiis.

< Use leis deseendn siar le sol du vestîb^e

on aperçoit, au fond de la paroi de gauche, une petite porte basse par laquelle on ne peut passer qu'en rampant. Cette entrée des caveaux, qui est aujourd'hui libre, était jadis déguisée avec soin ; on en jugera par la description suivante de l'appareil destiné à masquer la porte. »

Ici, mes observations n'étant pas conformes à celles de M. de Saulcy, je donne le résultat de mes recherches.

On arrive à cette porte en descendant un reste d'escalier , déflguré aujourd'hui, qui rachète ou plutôt rachetait, par cinq ou six marches, la diCTérence de niveau entre le seuil de l'entrée et le sol du vestibule ou portique extérieur. Le haut de la porte est plus bas que le sol du portique d'un décimètre environ; cette différence devait être anciennement un peu plus forte , se calculant sans doute d'après l'épaisseur des dalles qui recouvraient la tranchée de l'escalier,

A gauche de la porte, dans une sorte de couloir étroit qui, par deux angles droits, vient rejoindre souterrainement les marches

supérieures, se trouve une grosse pierre arrondie supérieurepent ; à droite, la paroi présente une surface concave où venait s'engager la partie arrondie de celle pierre.

L'ayant mesurée, j'ai reconnu qfie ce n'est pas un disque circulaire, mais la section d'un cylindre aplati, c'est-à-dire une ellipsoïde : elle est placée sur un de ses bouts de telle façon que son grand axe soit perpendiculaire au sol, et que son petit axe soit horizontal. Or, le segment qui forme la partie supérieure et arrondie de cette pierre correspond au segment en creux taillé dans la paroi droite, et la porte à la surface carrée placée^ entre les deux bouts arrondis de la pierre, avec une tlifférence même de trois centimètres en plus en faveur de cette dernière. H est donc évident que celle pierre ne devait pas être roulée (sa forme l'indique surabondamment) , mais simplement abaissée de gauche à droite, de façon à amener le renversement des axes, et à reposer, contrairement à sa position actuelle, sur la partie plane de la tranche, la parlie convexe s'enga-

géant dans la concaritè de la paroi droite; la pierre ainsi couchée, et reposant sor la dernière marche de Tescalier, la porte se tromait masquée complètement.

Quant à ^la force qui lui faisait opérer et moavement et le mooyeroent contraire, l'abaissant et la relevant, c'était sans doate une chaîne qui passait sur deni poulies à aie yertieal et que Ton tirait à soi pour leter la pierre abaissée, les deux coudes à angle droit ayant pour but de diminuer l'effort et d'en augmenter les effets ; tout le système se dérobait aux yeux , comme dans une cage. La rainure oà se trouve la pierre était recouverte par une longue dalle dont on voit parfaitement la place et le pofnt d'appui. Poor compléter la description du vestibule, il faut

citer encore un bassin circulaire placé près de l'escalier, et qui devait servir aux dernières cérémonies funéraires.

La fermeture décrite plus haut n'était pas la seule ; à l'extrémité du couloir par lequel on entre se trouvait, comme le constatent ks feuillures encore existantes, une porte de

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pierre qui se poussait sans doute du ddboffs. Après ravoir franehie , on arrive dans une grande salie earrée qui servait d'antichambre, et dans les parois sud et ouest de laquelle sont trois portes donnant accès dans d^autres chambres.

Examinons ces pièces avec soin, afin de relever le nombre des lits funéraires. Ici » je risque de tomber de nouveau en complu désaccord avec le savant auteur du Voyage aux terres bibUques.

Passant par la porte ouest, on pénètre dans une première chambre; au milieu de trofe de ses. parois, on remarque trois tablettes^ flanquées à droite et à gauche de fours à rainures; sait, en tout, quinze lits. Sous une des tablettes est pratiqué un couloir condu^ant dans une seconde chambre plus petite ; la disposition de celle-ci est tout exceptionnelle; sur la paroi ouest, on voit, il est vrai, une tablette, mais deux longs gradius s*appuient sur le mur nord, le premier étant beaucoup plus large que le plus élevé. Sur Tun de ces gradins seul a pu reposer le sarcophage acluet-

lement aa musée de Paris, et rapporté avec tant de peine par H. de Saulcy; nulle part, dans les autres chambres, il n'aurait trouvé sa place, et sa présence ici expliquerait alors assez le peu de soin que Ton a mis à finir ce caveau.

Revenons au vestibule et {wenons la porte de droite, qui nous conduira dans une troisième chambre ; cette pièce, semblable pour la grandeur à la première que nous avons décrite, est percée, sur son flanc sud, de trois fours, dont les deux de gauche sont L rainure. Le four de droite, désigné comme inachevé dans le Voyage autour de la mer MorU^ est complètement terminé ; la feuillure de sa porte est même très-bien finie; il est vrai qu'il est un peu plus étroit que les deux autres, mais ses pans réguliers ne dénotent nullement que l'ouvrier ait eu à y retoucher ; sur la paroi ouest de cette même chambre existent encore trois autres fours à rainure. La petite porte pratiquée dans le mut tourné vers le nord, s'ouvre sur un couloir qui donne dans une quatrième chambre ; ici trois ta-

blettes. Il faut encore retourner dans Tantichambre pour visiter la dernière pièce , qui se compose de six fours, dont deux à rainure. Tous ces fours sont terminés, bien que cette qualité leur ait été contestée, et je n'avance mon assertion qu'à bon escient.

En résumé, nous avons trente et un lits, au lieu des quinze jugés nécessaires pour établir les rois de Juda dans Ses dernières demeures. Cette différence de chiffres me porte à croire que nous sommes devant les monuments d'Hérode, et Fhistorien Josèphe se fait mon auxiliaire.

Titus arrive devant la ville par la partie nord, et s'arrête au mont Scopus; là, inquiété par les sorties des assiégés , il donne Tordre d'aplanir, depuis le Scûpus jusqu'aux monuments d'Hérode toute cette partie contenant la piscine des Serpents *.

Et ceci se comprend jusqu'à l'angle nordouest de la ville ; il y avait une échelle dés-

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