‹ Trois ans en JudéeChapitre 7 sur 119 · Ad Chromaiium in proœmio · texte numérisé non relu

Ad Chromaiium in proœmio

2. A Mossoul, rancienne Ninive, existe une mosquée connue sous le nom de Nebi-Tounnès, qui, d*aprèsles musulmans, renferme le tombeau du prophète Jonas.

tout droit à Ramleh avec le moucre et les bagages. Le vieux Hadji-Moustapha, au contraire, m'accompagna, déclarant qu'il allait passer la nuit à Lud et qu'il nous rejoindrait le lendemain. Je suis un questionneur infatigable. Hadji-Moustapha ne put donc éviter de me dire pourquoi il allait à Lud, au lieu de suivre l'itinéraire obligé des gens qui se rendent à Jérusalem..

« Nous autres fils cC Arabes, dit-il, nous conservons les traditions de notre vie bédouine. Parce que nos tentes, aujourd'hui, sont de pierre, que nos campements ne quittent plus les endroits choisis par nous, avons-nous cessé d'être les enfants du désert, et devons-nous renier nos ancêtres? Lorsqu'ils arrivèrent dans ces pays bénis de Dieu et chers à tous les prophètes, ils étaient depuis longtemps divisés en deux grandes fractions, les Kayssi, filsdeKays-ibn-Ghaylan, et les Yéménif venus de l'Yémen. Nous, leurs descendants, habitants des villes et des villages, nous sommes encore Kayssi ou Yéméni, selon que la chaîne de nos aïeux ou les liens de nos

alliances nous rattachent à Fun ou à l-autre des deux partis. Les jeunes gens ont beau mépriser les vieilles idées, il y aura toujours des Kayssiet des Yéméni : en vain les lèvres d'une ancienne blessure se rapprochent, la cicatrice ne disparaît jamais. Moi Kayssi, j'aime mieux descendre chez les miens à Lud, que de recevoir l'hospitalité des gens de Ramleh, qui sont Yéméni.

— C'est donc une haine implacable qui divise les deux branches de la famille arabe?

lui demandai-je.

— Non, ce n'est pas de la haine, et devant l'étranger nous n'oublions pas que nous sommes frères. Mais dans toutes nos querelles intérieures, de canton à canton, de village à village, il y a toujours, au fond, la trace de la séparalion originelle. C'est l'ordre de Dieu, il veut qu'elle se conserve éternellement puisqu'il en a marqué nos usages même les plus pacifiques. Quand une fille de Lud, qui est Kayssi, épouse un homme de Ramleh, un Yéméni, elle est conduite par ses parents, jusqu'à la limite du territoire, couverte d'un

Yoile rouge, qui est la couleur favorite de Kays. Là, le oortége rencontre les amis de l'époux, qui en traînent^ comme par force, la fiancée sur les terres de Ramieh, après lui avoir Jeté sur la tête un voile blanc,, symbole de son adoption par les Yéméni. Cet usage est aussis ancien que notre race, et malgré la légèreté des jeunes gens d'aujourd'hui, j'espère bien qu'il durera encore autant qu'il a déjà duré. Valons-nous mieux que nos pères, pour faire autrement qu'eux ? »

Voilà, dans toute sa naïveté, le sentiment qui maintient stalionnaires les^ races orientales, L'Orient ressemble un peu à ces fakirs de l'Inde qu'une longue immobilité a rendus paralytiques. Le christianisme seul , j!en suis convaincu, peut le tirer de sa léthargie.

Dans les premiers siècles du christianisme, Lydda n'était pas le sale bourg que l'on voit aujourd'hui : c'était une ville populeuse, riche, ornée de beaux monuments; c'était le lieu de transit du commerce et des voyageurs entre Joppé et jElia-Capitolina ; une voie romaine, sur le tracé de laquelle les chameaux trébu-

chent en se dandinant, la reliait alors à ces deux villes par un tracé moins abrupt que notre route de demain. D'après une ancienne tradition, saint Georges, le bon cavalier, le vainqueur du dragon, le guerrier intrépide, s'y laissa docilement égorger lorsqu'il dut rendre à sa foi le témoignage du sang. Justinien honora la mémoire de ce martyr en faisant construire sous son invocation une basilique, dont ilne reste plus que quelques débris.

Lydda est encore célèbre par le miracle de saint Pierre qui, au nom du Christ, y guérit le paralytique Knée ^

Sur la route qui conduit à Ramleh , il faut s'arrêter au puits du mercure, Dir ezzibacq.

Cette magnifique citerne couverte est, dit-on, l'œuvre du grand Constantin , et les gens du pays recommandent son eau comme un remède souverain contre la fièvre. Un quart d'heure après j'entrais au couvent des Franciscains de Ramleh, ou descendent, en général, les voyageurs européens.

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