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laOIS ANS E^ JUDÉE. 239
rio^té. Le papas alla au-devant de la demande que j'étais sur le point de lui adri^&ser et me donna rexplication suivante :
4t Les crimes des habitants de Sodome et de la plaine avaient allumé la cûlàre de Dieu; un ^eul homme trcmva grâce devant TÉternel, Loth le parent d'Abraham. Fuyant 4ontc les malheurs réservés à ce pays maudit , il vint habiter 1* endroit où fut bâti plus tard ce couvent. Mais Loth avait perdu ses richesses ; ses filles ne pouvaient trouver un mari ; il était vieux ^ et sa race menaçait de s'éteindre avec lui : cette idée ^ibrégeaitson existence, ses filles s'en désespéraient. Cn jour, le diable leur suggéra un stratagème pour remédier au mal, leur promettant que si elles obéissaient à ses conseils» elles donneraient naissance aux chefs de deux grands peuples ; elles profitèrent du sommeil de leur père, et (Revinrent mères. A son réveil, Loth comprit toute sa faute; son désespoir fut réel; il courut aussitôt avouer son crime et demander conseil à un lévite. Celui-ci lui ordonna de planter dans son jardin trois petites branches d'arbiesi,
et de les arroser avec de l'eau du Jourdain, que chaque malin il devait aller chercher à pied. Si ces branches prenaient racine, alors seulement il aurait une preuve du pardon de Dieu. Le lendemain malin, après avoir planté ces trois branches, Loth partit pour le Jourdain. Comme il retournait péniblement chez lui, il fut accosté par un pauvre mendiant écrasé par la chaleur de la plaine, qui lui demanda à se désaltérer ; Loth lui laissa prendre un peu d'eau, pensant bien qu'il en aurait encore assez pour l'arrosement de ses boutures. Â peu de distance , la même demande lui fut faite par un voyageur; il ne sut encore refuser; il rencontra tant de personnes sur sa route et fut si charitable, que de retour chez lui il s'aperçut que son outre était vide. Quoique accablé de chaleur et de fatigue, il lui fallait retourner au Jourdain ou laisser périr ses arbres, l'espoir de son pardon.
Comme il était dans cette perplexité, un ange lui apparut, et réconforta son âme en lui apprenant que sa charité même lui avait fait trouver grâce devant l'Éternel, et que c'é-
tait le diable qui, ne pouvant supporter l'idée que sa méchanceté n'aurait aucun résultat^ s'était présenté à lui sous différentes formes et avait épuisé sa provision d'eau.
« Ainsi, malgré les rOses de Satan, Loth fut pardonné et les arbres poussèrent et prirent racine. Plus lard, un d'eux servit à faire la sainte croix. » Voilà en résumé la légende de ce tableau.
Lorsque je me fus amusé quelque temps à examiner tous les détails de cette curieuse peinture , je pris congé de mes hôtes. En une petite demi-heure, après une pente assez rapide au milieu de laquelle était, dit-on, la maison d'Hobed-Edom*, j'arrivai à Saint -Jean du Désert.
L'aspect de ce village est assez pittoresque ; bâti sur le dernier mamelon de la montagne, entouré de trois côtés de sombres vallées, ayant pour centre le couvent latin dont les constructions massives rappellent celles d'un fort, il semble être le gardien de ces nouvelles