Saint Luc, I
dure grîèàtre de l'olivier; à un détour de la vallée, je vis sur les flancs d'un rocher à pic la grotte où le IVécursenr passa quinze ans de sa jeunesse, fuyant le voisinage et le tumulte des villes, évitant le contact de ses semblables*, et ne se nourrissant cfue de sauterelles* ou plutôt de caroubes', car le mot employé dans le texte de l'Évangile peut présenter cette double signification. C'est une excavation naturelle, longue d^environ trois mètres sur deux de largeur; à rentrée se trouve mie pierre faisant saillie; en dehors coule une source limpide qui sort de la roche même et dont l'eau est fraîche en tonte saison.
Je me reposai qudques instants dans cette solitude, contemplant à mes pieds la vaUée, improprement appelée du Térébinthe, au delà de laquelle se dresse sur une colline le village qui a succédé à Modin ; puis je repris la direction de Saint- Jean.
A partir de ce village \a route redevient
1. Saint Luc, I, 80. — 2. Saint Matthieu, m, 4. — 3. Les Allemands appellent le caroubier Johannis Jjrodhaum.
mauvaise et désolée, les rochers succèdent aux rochers. Qu'il y a loin de ce casse-cou à la roule royale que parcourait en char rinoffensif ministre des finances de la pudibonde reine Candace! J'approchais pourtant de l'endroit où la tradition place la conversion de l'eunuque K
A quelques pas du chemin se trouve une fontaine appelée Saint-Philippe, en souvenir du baptême conféré par l'apôtre ; elle a dû être richement ornée, si l'on en juge par l'espèce de niche restée seule debout. Les nombreuses pierres taillées qui gisent çà et là autour d'elle formaient sans doute le canal par lequel l'eau s'écoulait dans un bassin inférieur, d'où elle s'échappait ensuite pour rejoindre le Sorec, en arrosant'les champs qu'elle traversait.
Après une nouvelle heure de marche au milieu de vallées profondes et stériles, j'arrive au village âe Beit-Djalla. Mgr le patriarche latin y a fait construire un magnifique séminaire d'où pourront sortir un jour les éléments régénérateurs du clergé indigène.