‹ Trois ans en JudéeChapitre 82 sur 119 · Tacite, Hittoireif livre V · texte numérisé non relu

Tacite, Hittoireif livre V

quarante siècles, et n'incline plus vers la mer Rouge que des sables immobiles , condamnés à une éternelle aridité*.

Dans cette plaine du Jourdain la chaleur est excessive , quelle que soit la saison ; lorsque souffle le vent du sud ou du désert , elle devient dangereuse. J*avais deux lieues à faire dans la vallée , je donnai Tordre du départ afin de ne pas être surpris par le soleil du midi. Mon escorte ne se fit pas prier , et nous partîmes tous comme emportés par un tourbillon. Dans un moment de répit, où nous laissions nos chevaux reprendre haleine, Kutchuk-Aaly me fit voir , à main gauche , le monticule peu éloigné de Galgal, et au delà, dans la même direction, la chapelle de Nebi -Moussa sur une colline blanchâtre.

Mais il faisait si chaud que j'eus à peine le courage de regarder; quant à l'interroger,

1. Voy. sur ce sujet le travail du docteur Gaillardot, savant aussi modeste que consciencieux, qui depuis une quinzaine d'années habite ces contrées. {Note sur la mer Morte et la vaUée du Jourdain, par le docteur Gaillardot. — Ànnalet de la Société d'émulation des Vosges, 1848, t. VI, 3* cahier.)

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c'eût été un crime : le pauvre hontoae aurait perdu à me répondre le peu de salive que pouvait lui avoir laissé l'ardeur d'un soleil dévorant.

Oh ! combien gracieux et riant nous panit ce lourd bâtiment carré , soi-disant romain , que l'on appelle la tour de iUha ( Jéricho )! Atcc quel plaisir nous absorbâmes im cruchon d'eau que nous «ffrit le gouverneur du * château avant de faire apfK>rter le caCë de k bienvenue ! Il est vrai que lai forteresse est sale et délabrée ; ses voûtes (roulantes ne résisteraient pas à un concert de trombones et d'ophicléides; mais c'est un abri , c'est loi rempart contre l'ennemi impitoyable qui bobs poursuit depuis deux heures , oontre un soleil qui, à l'ombre, élève lethermomètreà soixante degrés. L'eau est fade et presque tiède, mais c'est de l'eau , c'est une compensaticm aux ruisseaux de sueur qui nous ont épuisés pour arroser le sable brûlant. Le gouverneur du château élait un pauvre diable d'Albanais i|ni commandait à neuf soldats îrrégulîers en guenilles; il me reçut de bon cœur , nae céda

Sa natte hospitalière , et se montra heureux de ma visite. Hahe charmante! je sacrifiai Toltontiers une heure aux délices de celte capoue en ruines. Ten profiterai paitr m'ucquitter de mon arriéré.

Galgal n'est plus qu'un nom; de cette Tille où Samuel enleva la couronne à la dynastie naissante de Saiil , et dont sainte Paula et Arculfe, ail sixième siècle , ont encore i^econnu les ruines , il ne reste plus rien , pas même des traces reconnaissables. L'autel des douze pierres n'est plus là pour dire aux générations qu'Israël a passé le Jourdain à pied sec^ Il aura sans doute subsisté assez longtemps pour faire donner la dénomination de Tellr el^Kv/rsi ( le monceau du trône ) au petit monticule sur lequel on l'ayait dressé. Si l'on a presque oublié que ci coteau de la Circoncisiofi * a vu Israël se purifier de sa souillure d'Egypte pour accomplir les prescripUons de l'ancienne loi , chaque année de nombreux pMerins viennent rappeler que , Tis- à-vis , à

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