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recherches. Mais, en voyant le triste groupe des prisonniers sur la berge, il préféra se livrer lui-même à l'ennemi. ( Pouvais-je bien abandonner les captifs, a-t-il écrit, quand plusieurs n'étaient pas baptisés encore? }»
L’héroïque charité du pasteur, qui se perdait ainsi pour sauver ses brebis, reçut inmédiatement sa récompense. — Pendant que les Iroquois battaient les halliers des environs afin d’y chercher les tuyards, l’apôtre put conférer le baptême à ceux des prisonniers qui ne l'avaient point reçu. L’un d’eux fut, quelques instants après, assommé d’un coup de massue sur le lieu même où il venait d’être baptisé. Comme saint Paul, le jésuite engendrait des fils jusque dans les fers, et sa captivité, fécondée par son sang, allait rendre à la liberté des âmes courbées jusque-là sous l’implacable empire du démon.
x" + Les rives du Saint-Laurent furent les premières rougies de ce sang généreux. Parmi les prisonniers se trouvaient deux jeunes Français, René Goupil et Guillaume Couture, qui avaient volontairement suivi le mission-
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Jupe naire à son départ de Québec. Furieux des vrer marques de paternelle tendresse que le P. ban- Jogues leur prodiguait pour les encourager, plu- les Iroquois se jettent sur lui, le dépouillent k. » de ses vêtements et l’accablent tellement sous f dait les coups de bâton et de massue que la viciate- time chancelle et tombe, à demi morte, à les leurs pieds. Mais ieur fureur, loin de s’apaiser, rons semble augmenter à cette vue. Ils mordent con- ses pieds, ils mordent ses doigts : de leurs ine dents, ils lui arrachent les ongles et ils ne ques s'arrêtent que lorsque les os des deux index ssue | ont été violemment extirpés.
tisé. | On se mit en route. Tout fiers de leur imdes portante capture, les vainqueurs avaient hâte | con- d’en faire montre dans leur pays. Quand on des allait par eau, les prisonniers étaient liés au able fond des canots; ils y servaient de passe-temps
à leurs gardiens qui, pour tromper la longueur du voyage, s’amusaient à enfoncer dans leurs plaies purulentes et rongées par les vers des
pre- épines, des alènes ou des éclats de bois. Quand trmi on allait par terre, les malheureux servaient ines de bêtes de somme : la nuit, on les attachait ure, | à des piquets et on les abandonnait sans
ion- défense aux innombrables nuées d'insectes |
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que leurs blessures attiraient. La nourriture ieur était mesurée comme le sommeil, et vint
. un moment où, les provisions manquant, ils
n’eurent plus que quelques baies sauvages pour se soutenir. On remonta ainsi la rivière des Iroquois, puis le lac Champlain. Ce douloureux chemin de croix avait déjà duré huit
| jours. Mais, si cruel qu’il eût été, ce que les
victimes y avaient souffert n’était encore qu’un
| jeu à côté de ce qu’il leur restait à souffrir!
Le lugubre et triste convoi fit en effet la rencontre d’une centaine de guerriers qui se
: rendaient au Saint-Laurent. C'était le. droit
d’une pareille troupe, chez ces peuplades, de préluder à la guerre par des violences sur les
| prisonniers. Plus ils les maltraitaient, plus ils
se croyaient sûrs de vaincre les ennemis. Les
bourreaux formèrent donc une double haie . entre laquelle on fit défiler le P. Jogues et ses | compagnons d’infortune.
€ Ils nous accablèrent de tant de coups, dit
| celui-ci, que je tombai à terre sous leur nombre | et leur cruauté, au milieu du chemin pierreux | qui conduisait à la colline. Je crus que j'allais | mourir dans cet affreux traitement, Aussi soit
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ture par faiblesse, soit par lâcheté, je ne me relevai L vint pas.
t, ils € Dieu seul,pour l'amour et la gloire de qui vages il est doux de souffrir ainsi, sait pendant comvière bien de temps et avec quelle barbarie ils me dou: M frappèrent.
huit « Une cruelle compassion les fit s'arrêter e les afin de pouvoir m’amener vivant dans leur qu’un pays. Ils me portèrent sur le théâtre ('), à ir! moitié mort et tout ensanglanté. Quand ils
me virent reprendre un peu mes sens, ils me firent descendre pour m'accabler d’injures, d’invectives et d’une grêle de coups sur la tête, sur le dos et sur tout le corps.
( Je ne finirais pas si je voulais raconter tout ce que nous eûmes à souffrir, nous autres Français. Ils me brûlèrent un doigt et en.
broyèrent un autre avec les dents. Ceux qui l’avaient déjà été furent tordus avec violence, : de telle sorte qu'après leur guérison, ils sont restés horriblement difformes. |
« Le sort de mes compagnons ne fut pas | meilleur... »
. Petite élévation en écorce d'arbre où les prisonniers | | mt. guerre étaient exposés.
Le me ee mme
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Le lendemain, au point du jour, captifs et vainqueurs se remirent en marche. Après avoir atteint la pointe sud du lac George, il leur restait quatre jours de trajet par la terre ferme pour arriver au pays des Iroquois. Ce voyage fut marqué par la rencontre de plusieurs bandes de guerriers : autant de rencontres, autant de haltes douloureuses pour payer le tribut du sang à ceux que l’on croisait en chemin.
Enfin le 14 août, à trois heures de l’aprèsmidi, on arrive en vue d’Ossernenon, premier bourg iroquois de ces régions (*). C'était
| la veille de la belle et douce fête de l’Assomption. ( J'avais toujours pensé, dit le Serviteur de Dieu, que le jour de cette grande joie du . ciel serait pour nous un jour de souffrances, et j’en remerciais mon Sauveur JÉSUS, car les
| joies du ciel ne s’achètent que par la partici- Es pation à ses douleurs ». Nous allons voir prè comment ces prévisions se réalisèrent et he.
quelle part eut l’intrépide apôtre au calice du ER Sauveur. | che Sol
RS ns ne tire