‹ Trois Cas De Survie: Chez Des BlessésChapitre 10 sur 17 · ETAT ACTUEL · texte numérisé non relu

ETAT ACTUEL

Motricité. — Les mouvements volontaires de la jambe

gauche persistent. Adduction et abduction de la cuisse.

et extension légères de la jambe. Du côté droit, mouvements volontaires très peu marqués du vaste externe et du fascia lata. | Sensibilité. — Sensibilité tactile des membres inférieurs, avec fausses localisations. Sensibilité thermique dissociée, mieux perçue pour la chaleur.

Réflectivité : Rice Réflexes rotuliens abolis.

__ achilléens abolis.

— crémastérienstrès paresseux maisesquissés. — cutanés abolis.

— abdominal inférieur aboli.

— abdominal supérieur existant.

Par excitation plantaire du côté gauche, contraction

du fascia fie et des adduéteurs de la cuisse.

Trophicité. — Les escarres sont toutes complètement cicatrisées.

OEdème :

Cuisse gauche, 34 ém.

Mollet gauche, 24 em.

Cuisse droite, 35 cm.

Mollet droit, . 24 em.

Mêmes troubles des réservoirs. Système pileux normal, Pas de sudation du tronc.

Etat général très satisfaisant.

Ce blessé, aidé par deux infirmiers, se tient debout et ar des mouvements combinés du tronc et des jambes parcourt debout la distance entre son lit et la salle de pansements.

SYNTHÈSE SÉMÉIOLOGIQUE

Voici donc trois malades présentant au début de leurs lésions des symptômes identiques. Immédiatement après le traumatisme le blessé s'effondre, paralysé. Deux ont eu une courte perte de connaissance; l’autre n'a pas eu de syncope. Tous se sont rendu compte de leur transport au poste de secours. Tous présentèrent :

l° Paralysie des deux membres inférieurs. — Cette paraplégie est devenue une loi pour la plupart des neurologistes : paraplégie pour les sections basses, quadriplégie pour les sections cervico-dorsales.

2° Abolition des réflexes. — Il sont abolis au-dessous de la lésion. Ce principe,. posé par Bastian, est admis par Bruns, Brasch et Rose pour les réflexes abdominaux et crémastériens.

Pour le réflexe cutané plantaire, les observations ne concordent pas. Tantôt il est aboli, tantôt il se produit en flexion, tantôt en extension. Comme pour les réflexes tendineux, les réflexes cutanés auraient leur centre dans la moelle à des étages variés.

Pour Bastian, l’action des centres supérieurs serait nécessaire à la réflectivité médullaire. Quand cette action

est supprimée par une section complète, tous les réflexes | | 2

More | au-dessous sont abolis. Brissaud cependant a montré des faits où une section complète, vérifiée à l’autopsie, avait donné une conservation des réflexes. Pour MM. Grasset et Rimbaud (1), la théorie définitive ou d’un centre encé-

phalique ou d’un centre spinal ne serait pas encore trou-.

vée. Quand il y aurait, pour eux, lésion cervico-dorsale, les réflexes de la région lombaire serait exagérés tant qu'il n'y aurait pas de lésion secondaire des'nerfs ou des cellules lombaires. « Quand cette lésion existerait, les réflexes ayant leur centre dans cette région seraient naturellement abolis. »

3° Troubles des réservoirs. — La vessie est innervée par un système autonome lirant son origine des 4° racines sacrées. Toutes les sections, même basses, de la moelle amènent l'incontinence des urines par paralysie du sphincter. |

Même explication par parésie du rectum pour la réten-

tion des matières fécales. ?

4 Troubles trophiques. — Pour Vulpian, dans les pa-

raplégies spinales on observerait deux sortes d'œdèmeés : l'un précoce, par paralysie des vaso-moteurs et dilatation passive des petits vaisseaux favorisant ainsi la stase sangine et provoquant la transsudation de sérum dans

les tissus ; l’autre, plus tardif, par stase veineuse, par

repos du membre sur le lit et par défaut de contractions musculaires n'exerçant plus leur influence sur la progression du sang.

La production des escarres est liée aux mêmes troubles de circulation et de stase sanguine. Les tissus dont

la vitalité est compromise par défaut de nutrition s’éli-

minent par nécrose.

(1) Grasset et Rimbaud. — Diagnostic des lésions de la moelle.

Page 1