HISTORIQUE
Au point de vue de l'évolution des idées sur les .phénomènes présentés par des malades atteints de section complète de la moelle, la première théorie en date est celle de Vulpian, basée sur des faits enregistrés par Brown-Séquard. Avec lui, il fut admis que pour l'homme comme pour l’animal la transsection de la moelle devait s'accompagner d'une augmentation de lexcitabilité du segment inférieur. Cette théorie fut admise par Charcot et Byron-Braunwells. |
Il nous faut arriver à Bastian en 1890 et à Huglings Jackson pour voir se modifier Ja thèse de Vulpian, et arrivér à conclure au syndrome suivant : « Paraplégie | flasque complète avec anesthésie au-dessous du niveau de la lésion : hypotonie musculaire ; perte complète des réflexes tendineux et cutanés à lexceplion du réflexe plantaire ; anidrose et desquamation de la peau des ré-
— 10 — | gions anesthésiées. Rétention des urines et des matières fécales pendant 15 jours remplacées par des mictions réflexes incomplètes. »
Thornburn et Bowbly, puis Reynols, Bruns et Déjerine admirent ce tableau bien net. Cependant un peu plus tard, , Levandowsky, Oppenheim et Leyden, en observant quelques cas en désaccord avec la loi de Bastian, firent quelques réserves au sujet des réflexes tendineux.. Enfin Lhermitte, à qui nous empruntons beaucoup, conclut, après des observations multiples et bien étudiées, que la section de la moelle présente 3 phases : l’une,phase dite de shock, dont les symptômes stéréotypés et invariables correspondant à ceux énoncés dans la loi de Bastian ; une deuxième phase dite d’automatisme médullaire ou de restauration anatomique fonctionnelle où apparaissent des mouvements volontaireset involontaires, une régression de l’anesthésie, des réflexes de défense, et enfin, une troisième phase, la phase de cachexie. ,
Grâce à l'obligeance de M. le professeur Rimbaud, il nous a été permis d'observer des blessés de ouerre présentant le syndrome de transsection spinale complète. Il nous a été possible de rechercher les phases décrites par M. Lhermitte, de vérifier les symptômes semblables chez ces malades à la phase de shock, et surtout de constater qu'avec un traitement attentif, ces malades présentent une survie, l’un de 25 mois, l’autre de 21 mois, l’autre de 20 mois. |
Dans un premier chapitrenous rapporterons les symptomes à l'entrée dans le service, nous les analyserons dans un deuxième en signalant chez ces blessés l’apparilion de mouvements volontaires et de réflexes de défense et enfin nous parlerons du traitement qui a permis à ces wialades une survie très rarement observée jusqu'ici.