‹ Trois contesChapitre 2 sur 8 · VI NOTICE SUR ANDRE THEURIET · texte numérisé non relu

VI NOTICE SUR ANDRE THEURIET

de SCS parents. Alors il décida de suivre la profession de son père, et se prépara à entrer dans l'administration à Bar-le-Duc. Il ne renonça cependant pas à son premier rêve. Il a avoué plus tard que ce fut l'espoir de venir souvent à Paris, et de pouvoir ainsi prendre part au mouvement littéraire de son époque qui le poussa vers l'étude du droit. En effet, le jour où il passa son premier examen de droit, un de ses poèmes fut publié dans la Revue de Paris. Pourtant, il ne se tint pour satisfait qu'en 1857, époque à laquelle un recueil de ses poèmes parut dans la Revue des Deux Mondes.

Theuriet se tourna alors vers le roman. UAhhé Daniel, un de ses ouvrages que le public accueillit avec faveur, s'est acquis une place dans les écoles américaines. Peu de temps après l'avoir publié, le jeune auteur reçut sa nomination à Paris. Il fréquenta plus ou moins assidûment les poètes de l'école parnassienne, mais quelle qu'ait été leur influence sur le développement de son talent, il resta toujours l'enfant de la province. Il se fit rapidement une réputation dans la capitale, et l'Académie décerna un prix à un volume de vers de jeunesse qu'il publia alors sous le titre de Chemin des Bois. UOdcon accepta une petite pièce en vers, et quoique la représentation en ftit remise par les tristes jours de la guerre, l'ouvrage fit partie plus tard du répertoire de la Comédie-Française.

Dans un passage intéressant des Souvenirs des Vertes Saisons, Theuriet nous communique son credo littéraire: "A côté de ces hommes déjà célèbres (Gus-

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tave Flaubert, les Goncourt, Emile Zola, Ferdinand Fabre, Hector Malot, Alphonse Daudet), il y avait — • je le crus du moins — place pour un romancier qui peindrait avec sincérité, avec tendresse, le milieu provincial et forestier dans lequel il avait longtemps vécu. Sans parti pris de naturalisme ou d'idéalisme, il fallait essayer d'en exprimer le charme, la poésie inconsciente, tout en conservant à ces études campagnardes une bonne odeur de terroir et de sincérité. Je me décidai à tenter l'expérience." Malgré la faveur que le pubhc lui prodiguait, ce ne fut qu'en 1886 qu'il put se démettre de ses fonctions publiques pour se consacrer entièrement à la littérature. Il passa ses dernières années à Bourg-la-Reino, près de Paris, et il en était maire lorsqu'il mourut en 1907.

Le bagage littéraire de Theurict est considérable, et lorsque l'on fera la critique définitive de ses œuvres il aura une place honorable parmi les romanciers et les poètes du dix-neuvième siècle. Sans être un écrivain de premier ordre, c'était un esprit fin et délicat qui envisageait la vie avec tendresse et douceur. Il aimait les bois, les arbres et les fleurs, et de son œuvre entier il se dégage un patriotisme sincère et profond. Sa meilleure biographie est celle de E. Besson. Mais il faut faire connaissance avec l'homme en lisant ses ouvrages, et c'est surtout dans les Années de Printem'ps et les Jours d'Été, qu'on a réédités ensemble sous le titre de Souvenirs des Vertes Saisons, qu'on trouvera des détails de nature bibliographique.

Vlll NOTICE SUR ANDRE THEURIET

Le premier tics contes que nous publions clans ce petit volume paraît sous la forme d'une ancienne légende que l'autour place par fantaisie dans le pays de Laufires. Le deuxième, Lilia, est dans le goût du romantisme allemand, et rappelle VOndine de Fouqué. Theuriot connaissait personnellement le lac d'Annecy, où il a placé les péripéties de cette histoire charmante. Le troisième conte, Frida, raconte avec de légères modifications un incident de l'enfance de l'auteur. Une comparaison de cet ouvrage avec les Années de Printemps dont la publication a précédé celle de Frida, nous montre un accord compl(>t dans le traitement des penchants de l'enfant et du caractère du père. C'est lui et c'est son père, ce sont les meubles et c'est la maison de la grand'tante de Theuriet qu'il décrit dans Frida et c'est elle qu'il nous présente sous le nom de la tante Gertrude. L'héroïne elle-même était la fille d'un voisin, et encore sous le charme que lui procura la lecture de Don Quichotte, le petit Theuriet lui écrivit une déclaration en vers. ^Lalheureusement la mère de cette nouvelle Dulcinée trouva réjiitre et la connnuniqua aux parents do Theuriet. A la suite de cette escapade on envoya le garçon au collège de Gille-dc-Trèves, et l'on mit la petite fille dans un couvent.

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