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Trois contes sauvages [microforme]

éloigné de Québec de,150ieus. Nous som- ‘mes en 1873: ; # Le Rév. Père Arnaud avait fini sa MISSION.

Les sauvages, au nombre. de 70 familles, 8 vaient pris le chemin de, la forèt aussitôt

après que le Père leur cut donné une dernière

ni

bénédiction. Ils apportaient un peu de farine, justement assez pour leur permettre de se ren-

. fre à leur terrain de chasse, Là ils espéraien

$ Hs pie vive comme ils ont toujours vécu—de la viande des bêtes'des bois Lun, L'automne arrive avec ses frimas et ses neïl ges; la chasse des animaux à fourrure réussit à merveille—tout fait présager un heureux hiver. On célèbre.pieusement et joyeusement la fête de Noëlle sauvage au milieu de ses bois ne l’oublie jamais. L'étoile du firmament marque minuit, Chacun tombe à genoux; le beau cantique: “ Nikamotuatao Jeshos ka iliniout—chantons Jésus qui vient de naître,” sort de toutes les poitrines. Les montagnes se le répètent l’une à l'aue, et la nature, qui paraissait ensevelie sous son manteau de neïge, semble renaître tout à coup à ce moment solennel. Murs

Février apparaît, et avec cette lune arri-

vent les craintes, Le} porc-épic est devenu |

vian-

>» nel} éussit ureux ement de ses ament ux; Je os ka aître,” nes se re, qui le neioment

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le résultat de la

rare, la pzrdrix blanche a pris son vol vers d’autres lieux, il ne reste plus que le caribou. Le caribou..,mais les loups, la terreur de cet animal, les loups, dont les pistes sont nombreuses, ne l’ont-ils pas chassé bien loin ?

Nos bons sauvages, disséminés sur un espace de plus de 8o lieues, sont à chercher les grands marais où cet animal séjourne généralement dans l'hiver. Le caribou n’y est pas. Un mois se passe. Grand Dieu ! . Quel, mots ! ! Ceux qui ont passé par de telles miséres sont seuls capables de s’en faire une idée.

Tuer une perürix, ua lièvre, chaque Jour, ou tous les deux juris, voilà à peu prés tout ha sse d'une cabane qui compte trois ou quatre fanilles.

Vous les représentez-vous, lecteurs, ces

pauvres sauvages, grelottant de froid, mar-

is MU

Chant pendent des journées de tempête, ait milieu des bois ou traversant de grands lacs, et revenant le soir, tristes et abattus, sans avoir une bouchée de nourriture pourapaiser leur faim? Voyez-les placer la main sur leur cœur, pour en comprimer les battements, quand leurs petits enfants crient: papa!

pourquoi ne nous dobnes-tu pas à manger?

Est-tu fâchée contre moi,maman ? Situ savais comme j'ai faim !...tff ne me réponas pas seulement... Pour toute réponse, if mère huméecte de l'abondance de ses larmes, les froides branches de sapin qui la séparent d’une couche de neige de six pieds.

Le lendemain, le père, plus heureux, apportera un lièvre ou une perdrix et dix ou douze personnes se partageront ce peu de

nourriture,

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fai

un

te, au ; lacs,

sans paiser r leur nents, papa !

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Et es

Le mois de mars va finir, et déjà, à la hauteur des terres de Mingan, trente-trois personnes, dont vingt-deux dans une seule cabane, sont mortes de faim. Elles sont là, étendues sur leurs branches de sapin ; la mère tient encore sur son cœur un enfant qui lui aura survécu d’un jour. Oh! mêre généreureuse |! avant ton dernier soupir, accole sur tor, sein maternel cet erant auquel tu veux prolonger la vie aux dépens de la tienne |

“Dix-neuf personnes sont dans une cabane d’écorce de bouleau. Depuis deux mois, elles ont fait à peu près une cinquantame de repas et bu quelques cuillerées de bouillon. Dix d’entr’elles sont endormies sous l'effet de la faiblesse. Elles respirent encore, mais sans un secours prompt, elles devront seréveiller

dans l'éternité, Il en reste neuf qui ne sont

pas privées de tout sentiment, mais dont huit sont incapables de sortir, voire même de se tenir assises. | Le dix-neuvième, Pierre Waosholno, part un matin pour ja chasse, En lui reposent les dernières espérances humaines des mälades.

TI disparaît, on n'entend plus ses pas, mais à chaque instant l'oreille surexcitée de ces gens affamés croit entendre un coup de fusil qui serait l'annonce de la fin de leurs maux, Une .Semi-heure se passe. Quelle fut longue cette demi-heure ! Uu bruit se fait entendre à l’extérieur de ia cabane. Serait-ce un secours qui arrive? Hélas! Pierre Waoshôlno, dominé par le froid, vaincu par Ja faim, terrassé par la faiblesse, s'en revient, en se traînant sur les genoux. C’en est fini, dit le vieux Piel

Manikapo : Compagnons ai chasse “adieu.

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