‹ Trois contes sauvages [microforme]Chapitre 2 sur 13 · SA · texte numérisé non relu

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dieu.

| Hu r tongs Préparons-nous à paraître devant le Grand

Esprit.

Après avoir prononcé lentement ces paro-

{ les, il s’étendit sur des branches de sapin, se : L 2

croisa les bras sur la poitrine, pressa sur ses lèvres l’image du Divin Crucifié, puis se ferma les yeux. Il venait de s’ensevelir vivant. Immobile comme un cadavre, il attendait venir sans peur le moment de la mort, à

Une femme chrétienne la femme forte de l'évangile, voyant revenir mourant leur dernier espoir humain, ne perdit point courage.

Quand tous les secours dela terre nous. mMan-

quent, dit-clis, c'est alors que Dieu montre

Sa puissauce, [lle prio, cette. bonne Catherine, elle à déj! prié vingt-quatre heures à ge-

AOUX, SO:LEnUE par deux courroies de peau

1 de caribor Voyez, lect@urs, comme elle re-

ANSE 4 9 garde fixement la vieille image enfu mée qui est suspendue aux perches de la ca:

bane. C'est l'image de notre bonne Mère

qui est au ciel, Ecoutons la prière qu’elle lui ‘|

fait

‘ Bonne Vierse Marie ! La Robe Noire Les]

:* nous a dit que tu étais notre bonne Mère, |

‘ et je l'ai toujours cru ; eh bien! montre ‘ to1 telle, nous voulons de quoi manger, Toi ‘© qui accordes des grâces DOËr nourrir l'âme, ‘a plus forte raison, tu peux soulager le “corps. Montre-toi notre Mère. Fu dois être ‘ meilleure que moi, et cependant moi, la “ dernière de tes enfants, pourrais-je me dé- “ cider à refuser de donner à mon enfant un “peu de nourriture qu’il me demanderait P

“Vierge Marie ! Regarde les bêtes des à

# bois, le cartbou est farouche, craint l'hom.s ;

enfu

la cas ! « ‘de ses petits, on verra cette mère craintive

‘Mère

Noire

Mère,

montre er. Toi l'âme, per

o1s être noi, la ne déant un lerait 4

es des

Fhom.s

À « me, mais si vous voulez attenter à la vie d’um

L‘ # devenir tout-a- -coup féroce et donner sa vie able lui * À “ pour sauver celle de son “netit Bonne Mére

À ‘ voyez la louve, cet animal repoussant,gros-

sé sier, la louve pourtant donnera mille vies,

si elle les a, pouf protéger ses petits Et.

“# toi Mère de Jésus, n’est tu pas aussi notre

4‘ Mère? Ne sommes-nous pas tes enfants ?

‘ Si la lonve donne sa vie pour les siens, se- (2 ;

Le ra-t-il dit que la Vierge Marie ne voudra

pas même donner une bouchée de nourri ‘ ture à ses s enfants qui J’aiment ? Marie

écoute-moi : nous avons besoin decor ls

} “ Robe Noire, nous ne voulons pas, nous ne

‘ devons pas mourir 1CI.' + ÆLe vieux Piel Manikapo jusque là imo-

bile crmvbelt ouvre un œil, se dresse tout.

OMS à comp sur son séant et s'écrie : “ Camarades ! es caribous viennent, mon oreille exercée ne ME ÉFOMPE pas, entendez-vous ce bruit qui ec rapproche?” ?

Ha bonne Catherine prie toujours.

#rre Waosholno, étendu à l’entrce de la cabane, d'une main tremblante saisit son:fusil, —son bras défaillant peut à peine le soulever. Soudain, un caribou — oui, un camou se présente à la porte de la cabane. Mu Bar wnme curiosité qu'on chercheràit en vain à æxpliquer, de sa tête il relève la peau de casion qui ferme l'entrée de la hutte, et immobile, 4 compte les têtes de la famille. Pierxe presse la détente, et l'animal tombe à Fendrot mème sur la neige, Hâte-toi, Pierre

Bäâeo1 brave chasseur de t'accoler les lé-

&res sur la plaie saignante de l'animal, hu-

Laon Ti mectes les: de sang, prend des: forces, car d’autres caribous t'attendent. Ils sont E sm: encore qui attendent la mort.

Pierre recharge son fusil et abat ux deux:

ième animal, puis.un troisième, et sans qu’emw” . seul ne bouge, il se rend ainsi jusqu'au sep-

tième. — sept caribous sont morts, et alors Catherine cesse de supplier pour commencer à remercier. Celle qui était véritablement is Mère de ces pauvres sauvages abandonnés.

Lentement, mais sûrement, les malades revinrent à la santé, et à petites journées parvinrent à se rendre près de leur petite elapelle bier-aimée. Tous ils s’agenouillérent devant la statue de-la Sainte. Viège, lui ofrirent leur présent en chantant en chœur ce refraie

admirable :

Marie ! oh ! qu’elle est bonne.

Eee Er Te NE ET at ns

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