CHAPITRE TROISIEME
Hontségur avait à Saint-Chamaiid un comité électoral, présidé par un certain Brinquart, gros industriel qui avait assez vécu pour avoir été ardent philippiste sous Louis-Philippe, ardent
cavaignaquiste sous Gavaignac, ardent bonapartiste sous Bonaparte, ardenl thiériste sous M. Thiers et ardent gréviste depuis l'élection de M. Grévy.
M. Brinquart, d'ailleurs, était résolu à devenir ardent gambettiste le jour, qui paraissait proche, où M. Gambetla deviendrait maître de la France et de la République.
Brinquart était un de ces hommes qui, pendant qu'ils crient : Vive le gouvernement d'aujourd'hui ! se préparent à crier avec le même enthousiasme :
Vive le gouvernement de demain ! Notre pauvre pays est, en somme, affreusement calomnié ; on reproche sans cesse à ta France d'être une nation révolutionnaire. Rien de plus injuste. La
France est, au contraire, une Dation tellement conservatrice qu'elle s'arrange généralement pour l'être à la fois de deux gouvernements : de celui qui fonctionne et qu'elle a choisi librement, et d'un autre qui se tient dans la coulisse, tout prêt à renverser et à remplacer le gouvernement en exercice.
Montségur dut réunir son comité.
lui rendre compte de ses travaux et de ses votes pendant la session qui venait de -écouler. Si Montségur avait voulu être exact et sincère, ce compte rendu aurait été rédigé à peu près en ces termes
— J'ai continue d'adorer la femme de mon collègue Lambert in, mais c'est
une affreuse coquette qui m'a mis au martyre pendant toute la session.
L'homme aurait ainsi parlé, mais le député fut obligé de tenir un langage plus parlementaire, de toucher à toutes les questions du moment : expulsion des jésuites, séparation de l'Église et de l'État, suppression du Sénat, revision de la Constitution, etc., etc.
Les explications de Montségur furent embarrassées, et, au fond, légèrement réactionnaires. Pour goûter véritablement les douceurs de la République, il avait besoin d'avoir sous les yeux, sous la main, la gentille républicaine qui avait eu le talent de le brouiller avec la Monarchie.
Le comité accueillit froidement le
compte rendu de Montségur. Le pharmacien Ifignonnet demanda la parole.
Brinquart la lui donna. Ifignonnet lit
entendre à Montségur de très sévères paroles. Il avait été mou, faible, timide, irrésolu; il n'avait pas entendu la voix de la France qui cependant parlai! haut et clair. La France voulait être écouler, la France voulait être obéie... Il fallait marcher... marcher... marcher!
En avant, toujours en avant!
Montségur répondit qu'il avait déjà beaucoup marché, qu'il commençait à éprouver une certaine lassitude, qu'il scntail le besoin de se reposer, et qui 1 cioyait que la majorité des Français était, à cet égard, pleinement de son avis.
Cotte déclaration fit, un effet désastreux. A cette idée d'un temps d'arrêt possible de -la France, le pharmacien manifesta la plus violente indignation. Mignonnet n'admettait pas que la France put jamais s'arrêter. Brinquart s'intéressait à Montségur ; il vit que celui-ci allait s'enferrer, leva brusquement la séance, et, prenant Montségur à part, il lui dit :
— Vous faites fausse route. Venez donc ce soir dîner chez moi, en famille. Nous serons seuls, bien tranquilles, et nous causerons.
Ce Brinquart n'était pas une bête. Il ne lui aurait pas été difficile de supplanter Montségur et de se faire nommer aux élections prochaines député
de Saint-Chamand ; un peu vulgaire,
mais riche, laborieux, actif, doué d'une 1res vive intelligence des affaires, ayant en main de grands intérêts industriels.
il ne se sentait nulle envie d'aller paperasser etavocasser à Paris, parmi les cinq cent cinquante souverains de la France. 11 ne voulait pas être député, mais il ne voulait pas que Mignonnet le fût; et la chose arriverait inévitablement si Montségur ne s'y prenait pas mieux pour manœuvrer sa barque.
Brinquart désirait épargner à l'arrondissement de Saint-Chamand le ridicule de la nomination du pharmacien, qui, quoique libre-penseur et francmaçon, était un parfait imbécile...
(Ida se voit.
Monlségur s'en alla, le soir, dîner chez Brinquart. Ils étaient cinq à table : M. et Mme Brinquart, M. Lucien Brinquart, lieutenant au 2e hussards, mademoiselle Adrienne Brinquart, et lui.
Montségur. Le dîner fut rempli par de longs discours de Brinquart à l'adresse de Montségur. Il fallait prendre un grand parti, le prendre nettement, résolument, avant les élections générales ; il fallait que Montségur abandonnât la gauche républicaine, comme il avait abandonné le centre gauche. L'avenir était à l'union républicaine, l'avenir était à Gambetta, et l'on devait toujours appartenir au parti de l'avenir . C'était la théorie de M. Brinquar et c'est la théorie de bien des gens.
Or Montségur n'écoutait pas plus Brinquart célébrant la gloire de l'union républicaine, qu'il n'avait jadis, certain soir, écouté Mme Lam- 1mm tin célébrant la gloire du centre gaucbe.
11 regardait Adrienne.... Il venait d'être foudroyé pour la troisième fois.
Il était à la fois stupéfait et ravi. Il se rappelait, en effet, avoir vu, trois ou quatre années auparavant, une gamine noiraude et courtaude, qui se promenait dans les environs de Saint-Chamand, sous la surveillance d'une gouvernante anglaise. Cette gamine portait des robes courtes qui laissaient voir de grands pieds; elle était maigriotte, anguleuse, sèche, avec une taille carrée.
sans grâce aucune. Elle avait classe/ beaux yeux, rien de plus. C'était la petite Brinquart.
Montségur, depuis quelques années, avait cessé de la rencontrer, quand il venait à Saint-Chamand. Elle était à Paris pour son éducation... et où cela? juste ciel! Au couvent! M. Brinquart était voltairien dans l'âme, tonnait volontiers contre le cléricalisme, vantait les bienfaits de l'enseignement laïque, avait approuvé la création des lycées de jeunes filles, mais il avait confié Adrienne aux religieuses du Sacré- Cœur.
Elle venait de sortir du couvent et, ravissante, s'épanouissait dans toute la grâce et la fraîcheur de son printemps. . .
Légère, mince, élancée, avec «le grands
yeux noirs qui éclataient, à la fois hardis et naïfs, dans la tranquillité d'un teint mat, avec deux lourdes nattes de cheveux dorés qui retombaient en grosses torsades, par derrière, sur les plissés de son corsage de mousseline blanche. La taille était devenue fine et le pied mignon; car la taille et le pied sont, chez la femme, les deux choses qui, après avoir augmenté de dix à quinze ans, diminuent de quinze à vingt.
Brinquart pérorait, pérorait, pérorait. Montségur admirait, admirait, admirait! L'esprit qu'il ne trouvait pas aux paroles du père, il le trouvait aux yeux de la fille; et la beauté de l'une
l'aidait à supporter patiemment l'éloquence de l'autre.
Cependant les discours de M. Brinquart ne pouvaient rester sans réplique. La réponse de Montségur fut très nette. Il se déclara résolu à ne pas faire un pas de plus vers la gauche.
Gela lui coûterait peut-être son siège de député. 11 ne s'en souciait guère.
Installé depuis quelques jours chez lui, à la campagne, il avait déjà repris goût à sa vie d'autrefois. Il se sentait renaître, il se sentait revivre. Il se plaisait à battre le pays du matin au soir, à pied, en voiture, à cheval.
— Vous montez à cheval, monsieur?
C'était la première parole d'Adrienne.
Cette phrase sembla délicieuse à Mont-
ségur. Il trouva que la voix était chaude et musicale.
— Oui, mademoiselle, répondit-il.
— Et vous aimez cela?
— Beaucoup, mademoiselle.
— Et moi, monsieur, passionnément.
Je monte à cheval tous les matins avec mon frère.
— Et nous avons même à nous accuser, continua le jeune officier, nous avons à nous accuser d'aller quelquefois faire l'école huissonnière chez vous.
— Chez moi?
— Oui, monsieur, dit Adrienne. Les bois de papa sont, par-ci par-là, un peu enchevêtrés dans vos bois à vous. Il y a bien un petit saut de loup, mais il
est si tentant, ce petit saut de loup...
— Que vous le sautez quelquefois?
— Pas quelquefois, monsieur, toujours, quand nous allons de ce côté-là, et, une fois lancés, il nous arrive de continuer et de faire de petits temps de galop, en maraude, sur vos terres.
— Et vous avez bien raison, mademoiselle. Mes bois sont absolument à votre disposition et vous pouvez sauter le fossé en pleine tranquillité de conscience.
La politique fut abandonnée. On se mit à parler chevaux, chasse, chiens, sujet éternel et inépuisable, aussi bien que la politique. Mais, après le dîner, M. Brinquart réussit à reprendre possession de Montségur et recommença
ses grands discours. Adrienne vint li rer Montségur d'esclavage.
— Voyons, papa, sois raisonnable, laisse M. de Montségur prendre son café tranquillement.... Combien de morceaux de sucre, monsieur?
— Deux, mademoiselle.
— Voici, monsieur. . . et puis, sais-tu , papa, ce que nous devrions faire tout à l'heure? Regarde... quel joli temps!
Nous devrions aller nous promener un peu dans le paie.
On alla se promener dans le parc. Il y avait là, comme à Larnas, une petite rivière, et, comme à Larnas, un clair de lune. Et, pendant que M. Brinquart expliquai! à Montségurque, là, il avait comblé 1111 ravin, et, là, creusé une
grotte , etc. , Montségur regardait Adrienne. Il admirait la franchise et la décision de sa démarche, la grâce et l'harmonie de ses mouvements. Une jeune déesse, se disait-il, une jeune déesse !
Montségur, vous le savez, devenait facilement amoureux. C'est une grande ressource dans la vie. En un instant, comme par magie, la douce et reposante vision de cette jeune fille avait chassé de l'esprit de Montségur le souvenir troublant de Laure Lambertin.
Une seule chose, en effet, guérit de l'amour, et cette chose , c'est l'amour.
Montségur, en rentrant, mentit effrontément. 11 détestait le whist et dé-
clara qu'il l'adorait. 11 lit la partie de M. lirinquart et de Mme Brinquart, mais que de renonces, grands dieux!
et que de fausses attaques ! Jouant régulièrement dans la faiblesse quand il fallait jouer dans la force, et dans la force quand il fallait jouer dans la faiblesse.
C'est qu'Adrienne, autour de lui, était en perpétuel mouvement, travaillant pendant un quart d'heure à un ouvrage de broderie, allant regarder son frère qui s'amusait à dessiner, s'arrêtant devant le piano, et, là, sans s'asseoir, du bout des doigts, esquissant la valse lente de Sylvia, puis venant s'asseoir à côté de son père, en face de Montségur, et disant :
— 11 faut que je tâche de comprendre quelque chose à ce jeu-là.
C'est alors que Montségur, lui, n'y comprenait plus rien, à ce jeu-là. Il perdait absolument la tête, répondait à du cœur par du trèfle et à du pique par du carreau. Brinquart, qui ne plaisantait jamais au whist, disait sévèrement à Montségur :
— Vous n'avez pas une grande habitude du whist?
— Pas très grande, répondait Montségur, pas très grande.
— Vous avez cependant le sentiment du jeu, mais vous êtes inégal, vous avez de petits moments de distraction.
Pensant que le dîner serait fort ennuyeux, non moins ennuyeuse la soirée,
el désirant l'abréger, Montségur avait demandé sa voiture pour dix heures.
Il partit à minuit, ayant perdu cent quarante fiches à dix sous. Mme Brinquart avait gagné les cent quarante fiches; et, ravie de sa soirée, elle déclara qu'elle n'avait jamais vu d'homme plus charmant et plus distingué. La conquête de Mme Brinquart n'avait coûté que soixante-dix francs à Montségur; c'était pour rien.
Le lendemain, à sept heures, il était à cheval, et s'en allait se poster sous hois, en face de la grille du parc des Brinquart. Il resta là pendant une grande heure, invisible, mais voyant très bien. N'avait-elle pas dit la veille : « Je monte à cheval tous les matins avec mon
frère. » Vers huit heures, en effet, Montségur vit paraître le frère et la sœur ; ils entrèrent sous bois. Montségur, de loin, les suivit à la piste, puis les devança par un crochet hardi, fit deux ou trois petites manœuvres savantes, et tomba droit sur eux, au détour d'une allée, comme par le plus miraculeux des hasards.
Et les voilà, tous les trois, trottant et galopant de compagnie, par une matinée charmante. Ils s'en allèrent vers cet endroit où s'enchevêtraient les bois de Brinquart et les bois de Montségur. Ils passèrent, tous les trois, bien en ligne, d'un même élan, le saut de loup. Après quoi, Montségur, se trouvant chez lui, fit à Lucien et à
Adrienne les honneurs de ses bois et les honneurs de sou parc. Et pendant qu'Àdrienne était là. au petit galop, à ses côtés, il ta regardait avidement, la trouvant aussi charmante à cheval qu'à pied; et plus jolie encore à la lumière du soleil qu'au clair de la lune, car on la voyait mieux.
Les parties de whist succédèrent aux parties de whist, et les promenades à cheval aux promenades à cheval. Au moment de la rentrée des Chambres, Montségur avait demandé un congé pour raison de santé. Chose singulière ! M. Brinquart ne soufflait plus mot de la marche en avant, du passage à l'union républicaine.
Trois mois se passèrent ainsi et
Montségur songeait à faire venir de Paris, pour la demande officielle, sa tante Caroline, lorsqu'un événement se produisit, qui le décida à brusquer le sort et à rejeter la correction des règles.
Un bien mince événement : une poignée de main, pas autre chose ! Un soir, Montségur s'en allait... Adrienne lui donna une si gentille et si câline poignée de main, qu'il se sentit tout à coup plein d'impatience et plein d'espoir... Depuis trois mois, pas une parole n'avait troublé la pleine innocence de leurs entretiens.... et cependant, doucement entraînés l'un vers l'autre, ils avaient trouvé moyen de se dire qu'ils s'aimaient, rien que par ces pe-
lils serrements de mains, donl le langage, de jour en jour, devenait plus net et plus précis. Il est tant de façons de se parler d'amour ...
Elles avaient passé par bien des phases et par bien des nuances, leurs poignées de main.... Les premières, d'abord, rapides, incertaines, hésitantes. . . Puis, l'amitié bien vite était venue, et une sorte de camaraderie. Alors ils se donnèrent la main, franchement, ouvertement, fraternellement.... Mais ensuite, et, comme si, à travers leurs doigts enlacés, un fluide eût circulé secrètement, tous deux, le même jour, avaient éprouvé le même trouble et le même embarras;... Les poignées de main étaienl devenues brèves, oerveu-
ses, agitées. . . . La crise avait été courte. Des sentiments de douceur et de tranquillité avaient en même temps gagné leurs âmes, et les poignées de main alors de se prolonger, de s'alanguir, tendres, confiantes, abandonnées. A tel point que, ce dernier soir, la main d'Adrienne s'était oubliée dans la main de Montségur, pendant qu'ils échangeaient, d'une voix un peu émue, des paroles parfaitement insignifiantes....
Adrienne, tout d'un coup, était devenue très rouge.... Elle se disait : « Ma main! Mon Dieu! Où est ma main! Et depuis combien de temps est-elle là? »
Elle ne trouvait plus rien à répondre à Montségur, qui, lui, ne trouvait plus rien à dire: et leurs deux mains restaient
— si —
là.... Cependant, après une minute de silence qui lui parut éternelle, bien que n'étant pas sans douceur, Adrienne retrouva quelque énergie et réussit à dégager sa main.
Voilà pourquoi, le lendemain matin, Montségur entrait, sérieux et grave, dans le cabinet de M. Brinquart. 11 s'asseyait et débutait par cette phrase longuement préméditée :
— Mon cher monsieur Brinquart.
j'ai à vous faire un gros aveu....
La voix tremblait un peu....
M. Brinquart le regarda, et lui répondit :
— Je sais ce que c'est.
— Vous savez!
— Vous èics amoureui d'Adrienne
et vous venez me demander sa main.
— Vous avez deviné.
— Ah çà! est-ce que vous croyez que j'ai mes yeux dans ma poche? Vous êtes un garçon charmant, un fort galant homme, vous avez une très helle fortune, nous sommes voisins, et jamais la moindre contestation de bornage, de mitoyenneté ou de dégâts de gibier ne s'est élevée entre nous, ce qui fait notre éloge à tous les deux. Bref, je vous appellerai très volontiers mon gendre, et tel est aussi le sentiment de ma femme. Vous avez gagné son cœur dès le premier jour. Et voilà pourquoi nous n'avons pas mis le holà, quand nous vous avons vu devenir amoureux d'Adrienne. Soyez bien certain que.
sans cela, nous n'aurions pas autorisé toutes ces cavalcades et toutes ces promenades au clair de la lune. Ainsi, du côté de ma femme et de mon côté, pas d'obstacles. . . . Reste Adrienne. . . . Je vais la confesser et je ne crois pas, entre nous, que la confession soit bien longue. Allez faire le tour du parc, le grand tour par le chemin de ronde, c'est l'affaire d'une demi-heure, et revenez. Vous aurez au retour ma réponse définitive. Allez et à bientôt.
Et, comme Montségur se levait, M. Brinquart ajouta :
— Ne soyez pas trop inquiet pendant votre promenade.
Non, Montségur n'était pas très inquiet. 11 s'en alla faire docilement le
tour du parc, mais il marcha très vite. Comme il approchait du château, au détour d'une allée, devant lui, dans la verdure, à une centaine de pas, il aperçut une robe blanche.... C'était Adrienne. Elle venait à lui, courageusement, toute seule, et quand elle fut près de lui, tout près de lui, pas une parole ne fut nécessaire. La réponse d'Adrienne était dans ses yeux, dans son sourire, dans la naïve et franche émotion de tout son être. Elle prit le bras de Montségur. Ils revinrent à pas lents vers le château, toujours sans une parole. Quand on a trop de choses à se dire, le meilleur moyen de s'entendre, c'est de ne se rien dire du tout.
Cependant, comme ils approchaient du perron, Adrienne s'arrêta et avec un peu d'embarras :
— Papa, dit-elle, n'a mis à son consentement qu'une seule condition....
— Oh ! tout ce qu'il voudra ! tout ce que vous voudrez !
— Moi, cela m'est parfaitement égal.
Je vous supplie de le croire, à tel point que je ne me rends pas bien compte de ce que je vais vous demander. Voilà ce que désire papa. Vous vous représenterez à la Chambre, et, si vous êtes réélu, vous vous ferez inscrire à l'union républicaine. Est-ce bien ce nom-là?
— Oui, c'est bien cela....
— Y consentez-vous?
— Si j'y consens! De tout mon cœur.
Je me ferai inscrire où vous voudrez, entendez-vous... où vous voudrez....
Je n'y mets qu'une condition... vous me permettrez de vous adorer !
— Oh! cela, je vous le permets...
Et voilà comment l'amour, encore
une fois, assura la réélection de Montségur. Le pharmacien se présenta, mais pour être écrasé ; Montségur fut réélu.
Ces jours derniers , Montségur est ailé se faire inscrire à l'union républicaine. Un député était là en train de mettre son nom sur le registre... et ce député, c'était Lambertin.
— Ah! s'écria-t-il , en apercevant Montségur, vous faites comme moi,
vous avez bien raison.... La France marche, il faut la suivre. Mme de Montségur est sans doute avec vous à Paris. Vous nous l'amènerez un de ces soirs ; ma femme sera enchantée de faire sa connaissance.
Septembre 1881.