QUELLE CONDUITE TENIR A L'ÉGARD DE LA LOI
M. Loctô, secrétaire de Commune et son Pasténr.
— ^ Auriez-vOus lîn moment d'entretien à m'aecorder, M. le Pasteur? Je suis inquiet, je viens de passer une nuit sans sommeil; j'ai eu hier une conversation sur la loi ecclésiastique avec M. notre député au Grand-Conseil, «t cette conversation a laissé dans mon cœur beaucoup d'angoisses; car je suis attaché à la religion et je redoute plus que ma propre mort tout ce qui peut lui porter atteinte.
— Trouvez-vous, M. Louis, dans la nouvelle loi ecclésiastique, quelque chose qui vous paraissie nuire aux intérêts de la religion?
— Je vous dirai franchement, M. le P*, que dans le premier moment je m'étais réjoui de ce que la Compagnie des pasteurs allait être remplacée par mi Synode où nous autres, simples fidèles, aurions aussi notre place et notre petit mot à dire et où nous pourrions travailler avec vous au* bien de l'Eglise. Mais je n'avais pas pensé qu'un Synode qui est nommé par le peuple, qui change tous les quatre ans, et où les laïques sont en majorité, pût avoir a décider de la doctrine de l'Eglise, à élire les professeurs en théologie, à juger les pasteurs et autres attributions pareilles.
' — Dès le premier mot, M. le Secrétaire, vous mettez le doigt sur le point essentiel* Je vous reconnais bien là. Yo-: Ire observation n'est que trop juste. Rien de plus grave
dans la l(»i, à ce qa'ii me parait, que cet article qui livre à la disposilion d'un corps aussi variable et mobile que le sera le Synode, l'administration du trésor de la doctrine évangéliquc. Ce n'cjait pas à TEglise, c'était à son disciple Timolhëe, que sain! PbiW disait : «c Conserve le bon dépôt. » Toutefois l'Eglise est appelée la colonne de la vérité. Pourquoi ne pas espérer, M. Louis, qu'elle se montrera chez nous digue de ce beau nom et qu'en particulier le Synode qui !a représentera , au Ticu de réssemfcïer à un roseau agité du vent, sera ce qu'a été jusqu'ici la Compagnie des pasteurs, le soutien inébranlable de l'E^vangile de Jésus- Christ! Rappelez-vous qu'il y a dan* le Synode 13 ecclésiastiqij^, |U dlPWe^Q^^ 4^ la <;oi^iais^i^ k. «^.copps qui vous parait si mobile.
— Oui, M. le P. \ mais les laïques qui forn^eni de beaucoup la majorité, comment seront-ils nommés ? Le Graad- Conseil n*a-t-il pas repoussé toutes les conditions éteetora- Ie9 qui pouvaient garantir jusqu'à un certain poini le sérieux et la pureté des élections?
—*-Le sentiment que vous éprouvez, Rt. le S., pensez-vous que je ne l'éprouve paa aussi et plus profondément encore que vous, moi qui rempli» avec mes frères dans le saîilït-fyirnistèrë, te fôle de sentinelle sur kis m^rs de Jërasaleni? Oui, le danger est grand, nous avons cherché pai* tous les moyens à y parer ^ <io<is avon» échoué. La porte a été ouverte aux personnes les moidis quaUiées pour exercer les droits 4e membres actifs dans nos Eglises. Toutefois j'ai assez de confiance dans le bon sei«s et dans là droiture de cœur de nos populations ^our espérer qu'elles suppléeront d'elles-mêmes aux défauts de la loi en ce point essentiel. Je ne puis croire que des étltinger» qui n'assistent pas à notre culte et qni savent à peine notre langue; que des dissidents qui sont sortis de nos églises comme d'égKses infidèles ; ou que des impies qui renient ouvertement le nom de Jésus-Christ, et des vicieux qui le déshonorent, profitent dé la feeulté que leur laisse ta loi pour prendre part aux act^ électoraux dans notre Eglise.
— M^ U bl est ià, M. le P< , ci qui empêchera çe«:f qui voudront eu agir ainsi, de Je faire?
— S'ils le font» en fouj^t ainsi aux pieds leur conscience privée, M. Louis» il y a une conscience publiée qui parlera. jSt d'ailleurs^ à pn^drç les choses rigoureusement , peut-on ^ireq^e. les hommes qui en agiraient ainsi y soient rëelleoûyent autorisés par les termes 4e là )loi ? M. le directeur dos cultes et M. le secrétaire d'Etat onl rappelé que parmi tes formes de l'Eglise frQlestanU qu'il faut dccevter pour être électeur, la plus élémentaire c'est la ratinca^ tian dM ye^jv du baptême. Or la ratification du vœu ia baptême pi'êsl pa^ ame doctrine» c'es^ uii £ait; pour prouver qu'on l'aecepte, ce fait, il faut auirechose qu'une simple . déclaration verbale» il faut une preuve |de fait» un doçûmept <pâ le constate. Ce document ne peut être poi^ les étrangers» qu'un certificat de première communion. Quant aux dissidents» vous savez» M» Louis» qu'ils rejettent la ratification du yoau du baptême et plusieurs d'cnir'eux le baptême 4es enfanta; ils n'acceptent doo^ point les/ormes de l'Elise protestante el ils ne pourraîen^t voter sous cette loi qu'en la violant* Enfin les inccê^^les se rappelleront sans doitfe que les firmes /bndamenl^îes de ;l'Ëglise protestante, sont: 1^ la Bible reconnue coin^vie: Parole de Dieu : %^ le baptên^eet cette formule d'instiiufipn «au nom du Père, clu Fils el du Sdint-Espri t».» 3^ la Saiote-Cé^e avec le forja(i,ulaire d^ conséeratioiij «c'est ici mon corps rompu pour vous; » c'<ist ici mon sang ver$é pour la rémission des péqliés. p Acoeptewtôlsdottc les formes de l'EglisepcotestanterÇ^^x afii; envisagée la Bible CMomii^ une invention humaiae, qui se riwt du baptême et de h SaifUe-Tripité^ 4^..1p;jSaijit^^ Gène et de la rémission des péchés par la mort de Jés^ Ghrisfo fliwLdittiS feiff vie o^iurUfe tournent Içdflp à ce' Satemff^Qt; qul^ar teuciffif^'ét^.et leur fjnmçi^it^./^ QfMispfhds h .0mg ép h nfwell^ 4f.}lifi^ ei crucifief^t 4^ wmtoM le Sgi^fke^ de gloirB? S^ de tels )li^>pimos se présfifh tent pour élire les conducleuf^ 4^. t'£gl^» nous no jdeman-» deroiis certaii^emeni pas qu'où .çêvip^p ^utr^èuf j\il nous
suffit de les remettre «tu jtigement de Dieu et dé leur conscience. Quant à TEgKse c'est le corp» de Christ; le Seigneur en aura soin. Depuis dix-huit siècles il tourne en bien pour elle, ce que les hommes pensent en mal. • — Que vous me faites de bien, M. le P. ! Chacune de vos paroles, à mesure que vous les prononciez, allégeait le poids qui pèse sur mon cœur. A tout prendre je croirais , en effet, que la loi dit ce qu'il fallait dire, si seulement on prend ses expressions au sérieux. Mais ce que je déplore, c'est que le soin de dresser la liste électorale soit reiiii^ à l'administration qui ne prendra garde peut-^étre à rien de tout cela. Pourquoi ne pas charger dé c^té fonction les représentans de l'Eglise, les collèges d'anciens?
— Il y a là, M. le S., un reste fâcheux de l'esprit qui régnait dans te premier projet de loi que nous avau {présenté le Conseil d^tat, la confusion de l'administration de l'Eglise avec le gouvernement de l'Etat. Vous en trouvez encore plusieurs traces dans là loi actuelle, par exemple dans la présidence des assemblées électorales ecclésiastiques par le préfet, tout comme si c'étaient des assemblées électorales politiques. Rien n'empêche sans doute que le préfet assiste à ces assem)>lées comme juge d'ordre; mais il serait convenable que la présidence en fut remise à un représentant de l'Eglise, au président ou à un délégué du Colloque, par exemple. Nous avions dem:andc* au Grand-Conseil une modification dans ce sens; elle à été refusée. Je m'en console en pensant que des assemblées aussi solennelles et aussi importantes pour l'Eglise ne s'ouvriront pas autrement qoe par la prière. Ainsi chacun sentira que le vrai président ce n'est pas l'homme qu'on voit, mais le EMeu^ qu'on ne voit pàs.;'-^ ;* '-''' -^ " ; /, . ' • ' '- '^ ' ' ' ' ' -^Et là nbminatiôri pak* le Cônseft^d'Etat-^dêSipaéteuirs allemands et des diacres, des 4rà<iréë qur dàfis y^'gf^afndes localités comme Neuchâtel, le Locle,yla Chaut^dé-Fonds, sont chargés de Tinstruction religieuse de la jeunesse, pouvez-vous Tapprouver, M. le P.?
— L*approuver, non; h peine la subir. C'est encore ici un reste de ce fâcheux principe dont je vous parlais tout à
rheure. Toutefois pour les diacres, le Conseil d'Etat a consenti, sur notre demande, à ajouter ces mots: Sur le ptiavis du Colloque. Comme il a eu la bonne volonté d'in« troduire cette clause dans le projet de loi, je ne saurais douter de sa bonne volonté à y rester fidèle dans la prati* que.
— Vous avez réponse à tout, M. le P. Et que direzvous du droit, que la loi confère au Conseil d'Etat, de présenter, sans examen préalable de la part d'aucune autorité ecclésiastique, des ministres étrangers à l'élection des paroisses? Faudra-t-il donc voir chez nous des scandales comme ceux qui m'ont été racontés dernièrement dans un canton voisin, où certaine paroisse est obligée d'imposer un surveillant à son pasteur étranger, quand il fait l'instruction des jeunes- garons et des jeunes filles, et où dans une autre paroisse on a vu, dit-on, le pasteur^ aussi un étranger, venir au temple avec un de ces chapeaux de feutre gris à larges bords, le déposer avant de prêcher^ puis, en descendant de chaire, endosser un équipage de chasse, et panir ainsi avec cinq ou six de ses amis qui l'attendaient au sortir du temple? Je ne garantis pas ces bruits;, mais ils courent le monde.
— Le point que vous abordez là, M. Louis, est peut-* être l'un de ceux qui m'angoisse le plus dans la loi. Jusqu'ici, pour qu'un ministre étranger fut admis à desservir les cures de ce pays, il fallait qu'il fut aggrégé, c'est-à-dire admis par la Classe. Celle-ci n'usait de ce droit qu'aveo les précautions les plus scrupuleuses et dans des cas rares. Ainsi l'exigeait, à ce qu'il nous semblait, l'intérët des pa« tasses et celui des jeunes ministres neucfaâtelois. La Clause a démandé que ce droit d'aggrégation fût conféré au Sy-« node. Le Conseil d'Etat s'y est refusé. Quelques-uns de ses amis, cependant, ont fait voir dans le Grand-Conseil que c'était là une contradiction évidente avec^ la loi eile-^ même qui confère cxcluisivetnent au Synode l'administration du spirituel et de ce qui concerne le saint-ministère. Le Grand-Conseil ne s'en est pas moins rallié au Conseil d'&
lat. fiaoore h le GonaoUd'Bteii ne pouvaîl oser âe ce drejt que dans le eas où il y aurait 4i9eUe de minisicts oettcbàtelois ! Mais non ; là loi Vy autwife toutes les fois qu'une paroisse refusera d'étiré parmi les candidats neucbateiots, ce qui ouvre naturellement une porte plus large encore aux abus. Nous avions demandé de retrancher ce cas; on s'y est aussi refusé. Que^re, M» Louis? Nous pourrions sans doute rejeter toule la loi pour ce poîfti et refuser ab-* solument d'exercer notre ministère «ous une ofgaaisalîoa aussi périlleuse. Mais oe parti sérail bien frave. PeùtHÎtra vaut*il mieux laisser faite à quelques-unes de nespar^^saea l'expérience de ces pasteurs étrangers; ce sera le meilleur moyen de leur apprendre à n'user de leur droit qu'avee prudence. D'ailleurs n'oubliez paa» M. le $., que le juge* ment des pasteurs est remis au Synode; si donc un de ces ministres étrangers venait à se conduire comme vous le disiez tout à l'beure ou "a prêcher l'incrédulité ou le eom* munisme> comme tels autres dont on me pariait récemment, j'es[)ère que le Synode meltreût aussitôt fia à de tds abus par une senicnce de suspension ou de destiuattoo*. Il y a recours sans doute dans ces cas là du jugeeMSAt da Synode au Conseil d'Etat, mais comment. ^^eluirTOi casse* rat(*il une sratence fondée sur de aeflsUables motift?
— Vos raisons, M. le P.« d'une part me tranquillisent» de l'autre m'inquiètent. Ce que vous me présentez, ce aoai toujours des évenlualilés^ favoi^ables 3ans idoute^ luiais 4Mix« quelles, il est ietile d'en opposer de toutes contraires etnea moins possibles* Si par exemple de tels étrangers , apcèâ être etitnéa dans nos cures et oans nos colloques» venâi^atl à pénétrer jusques au synode ! Si le synode lui^-méme du lieu d'être composé. de manière à réprimer les $a«x docteurs et les fausses doctrines, allaîi se trouver eoippo^ en majoi'ilé d'hommes indifférents, ou .même bostiles à la reli* gion ! Si le Gouvernement enfin {car qui peut garantir Ta-? venir) allait un jow tourner au socialisme et profiter de toutes les portes que lui «uvte la lot^ f>our inlrùdMiredana TEglifiie, de concert a^'^ec un synode dont la itiajorilé serait
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dans 8«>o sens. Je veoin de doctrines anti-dbrétiennes! VoiUt aussi des éventualités, M. le P. Sont-elles impossibles d'après Ja loi? £t si elles venaient jam^ à se réaUser» que deviendrions*nous? que deviendraient nos pauvres enCaots?; qne deviendrai! rEgtise? ]' [
— Ce cas serait affreux» M. le S. Mais alors méme« toat en tremblant ponr tels ou tels membres de rEglisci je ne craindrais rien pour TE^lise. C'est roppresaion de Pharaon qui a procure la délivrance du peuple Juif, Tout de même, l'Eglise sortirait ^'une telle crise, plus p^e^ plus libre y et plus vivante qu'auparavant.
— Je ne vous^iKunprends jpas , M, le P.
-—Vous savez, M. le S., que rEglise, sans être cl^ez nous complètement séparée de l'Etat, y a toujours joui d'ime trés-grmde indépendance. EUe avait en effet son propre gouvernement:, distinct de celm de l'Etat^ et confié au Corps de ses pasteurs. C'était là sa première garantie. La distinction entre les bie^s d'Eglise et le domaine de TEtat en étsût une seconde. L'entretien du culte et le salaire des pasteurs ppo\'>enait de fonds administrés à part de ceux de l'Etat et par une commission spéciale j la éhambri Eco- Mniique. De ces deux tases de la liberté de l'Eglise, la Constituante a, immédiatement après la révolution, détruit la seconde, en réunissant les biens d'Eglise au domaine de r£tat. Je doute que le pays ait bien compris 1^ conséquences de cette mesure. C était la peçte d'une de ses plus beUas libertés. Celait pour l'Eglise -neqchâielcj^ise quelque chose de semblable à ce que serait pour votre commune, M,, le S.» une d^Uîpn dju Grand-Conseil qui. déclarerait y4)s.bien8 oomowp^^^K réunis^au domaine de l'État! Après ce pi^emier cotip no«s ne pouvions qu'attendre celui qui ren veinerait Tautre base de notre indépendance religieuse i, le gouvernement de l'Eglise par elle-même. Vos Pasteurs l'onlattendu, ce coup, dans le silence vis-à-vis des hommes, niais non dans le silence vis^vis de Dieu. Et je dois le dire ^vec actions de grâces enverjs ce Dieu qui a toujours veillé particulièrement sur notre Eglise^ ce coup a été en partie paré. Le gouvernement de l'Eglise a été enlevé à k
Digiti
Classe sans doute; mais il n'a pas passé entre les mains an gouvernement de l'Etat, comme dans le canton de Vaud. Le Synode en a été nanti, et le Synode c'est encore l'Eglise^ l'Eglise agissant et se gouvernant elle-même librement par ses délégués. Cette institution, M. Louis, je aie plais à le reconnaître, est conforme à la dignité, à l'indépendance» et à la vie propre de l'Eglise. C'est un fondement sur le^ quel l'Eglise peut s'élever comme un édifice distinct de celui de l'Etat, tout en restant uni à ce dernier. Voilà ce qui me donne pour l'avertir une hieur d'espoir. C'est là pour moi , si j'ose ainsi dire , l'étoile des mages , une direction providentielle que je crois devoir essayer de suivre. Mais si cet espoir était vain, si, par les portes que vous avez signalées, le gouvernement pénétrait dans le sanctuaire, mettait la main sur farche sainte et sur les trésors spirituels qu'elle renferme, si le Synode vicié par des élections indignes , venait à fairie circuler dans le corps de l'Eglise, par les moyens nombreux dont il disposera , le venin de doctrines anti-chrétiennes, alors, mon ami, ce serait le moment non pas seulement pour nous, pasteurs , mais pour tous les membres fidèles des troupeaux, de prendre une grande et solennelle décision et de se séparer d'un état de choses corrompu dans sa base. Ce serait notre devoir d'abandonner non-seulement, comme nous l'avond fait, les biens administrés par la Chambre économique , mais nos cures et, s'il le fallait, nos Temples, selon ce précepte du Seignear : « Si on te prend le manteau^ donne aussi V habit, n . El comme les chrétiens ne peuvent vivre à la longue sans s'unir et s'associer, ne fut-ce que pour célébrer les sacrements, ii faudrait bien que tôt ou tard sortît de là la formation d'une nouvelle Eglise. Au lieu d'une Eglise à la fois indépendante de l'Etat et alliée à l'Etat, comme celle que nous avons eu le bonheur d'avoir jusqu'ici , nous aurions alors une Eglise complètement séparée de l'Etat, une Eglise sans joug ni salaire atumn, de la part du Gouvernement. — Pensez-vous réellement, M. le P. , qu'une Eglise pût subsister de la sorte? D'où tirerait-elle les fonds nécessaires à son entretien?
— Des <H)ntribution8 voientaii^s àe si» membres, M. L. C'est ainsi que cela se foit da&s l'Eglise, qu'oni fondée Qu canton de Vaud les pasteurs démissionnaires pour des rair sons assez semblables à celles dont je viens de vous parler. Il en est de même en Ecosse où s'est formée, il y a 4 ans , par les mêmes causes, une Ëglise entièrement séparée de l'Etat et qui est peut-être la plus florissante des Eglises d^Euirope. Pour vous en donner une idée, je vous dirai que cette Eglise a bâti dans ce court espace de temps plus de 700 temples , autant de nouvelles cures et de bâtiments d'écoles; qu'elle a pourvu abondamment à Tentretien de ses pasteurs, aux frais de son culte et à une foule d'œuvres cbrétiennes dont nos Eglises n'ont pas seulement la pensée. La somme des dons provenant, depuis k ane, .des contributions libres des membres de l'Eglise s'élève, d'après le dernier rapport, à 50,000 francs — , par jour! Vous voyez, M. L. , que quand il y a de la vie dans une Eglise, elle peut manger son pain et mémcf en faire part^ans le demander à FEtat. •
— Mais , M. le P. , les cas que vous me citez soift des^ exceptions. On a même bien de la peine à ne pas (l^ulèf de pareilles choses ! > j
— Votre commerce vous met en retation avec les Etats- Unis d'Amérique , M. L. Inform«l^vous de l'orgâviisalion des Eglises dans ce pays4à ; vous verrez qu'elle est ^xactetement la même, si ce n'est qu'eUé s'étend là à toutes les Eglises sans exception. L'Etat ne donne pas un liard pour une Eglise quelconque. Les citoyens qui ont une foi trommune s'associent , construisent eu l6ùént une chapelle, ap-^ pellent un pasteur , pourvoient à $on jlraitemènt et aux be* soins du culte, tout cela librement,' sans aucun secours ni contrôle delà part de I^Etbt.ï^ pottrqùei tant s'ëki^' étonner! N'ésikîe pas ainsi qu'a vécu l' Eglise dans les premiers temps duChriolianisme? Etait-ce l'empereur romain qui salariait les Apôtres et pourvoyait au culte des chrétiens? Le Nouveau-Testament nous montre que , dans ces premiers temps, l'Eglise vivait des contributions volontaires
de ses memlNre^j et (ul-elle jamais plus florissaiite? Vaus veyeg, M. le S. , qu'une Bglise s^rée de TEtat n'est pas quelque chose de bieu nouveau «
— Et avec une Eglise ainsi constituée, que deviennent, M. le P. , ceux qui ne se soucient pas de culte ?
— Ils n'en ont pas, M« L« Mais il se trouve peu de pareils hommes; et là oà il s'en trouve» c'est aux vrais chrétiens a les chercher et k levr annoncer l'Evangile à-pea« prés comme les premiers cbréliens l'annonçaient aw^ payens qui les entouraient.
— Mais, M. le P. 9 save«-v<His ipae^ tOfit bieu pesé, pela ne Hie parail pas si mauvais que cela me seinblait au premier coup d'œil? La oà personne n'^t obligé de témoigiieF ce qu'il ne sent pas, il doit y avoir dans l'Eglise moins d'hypocrites. Est incrédule qui veut l'être; se joint à l'E^ glise qui veut s'y joindre; s'en sépare qui veut s'en s^arer. Plus on est Libre, plus on est vrai. Etquan^d il s'agir de religion, quoi de plus précieux que la vérité i Je suis presque tenté de m'étonner, M. leP. , que eqnpai^ant ceC état de choses, comme vous le connaissez, vous n!âyez pas <^rd)é à l'amener qhex nou^, V>rs de netre réorgamsation ecclésiastique , plutôt que celui dans lequel nou# allons entrer* Le Girard Coni^il ^'aurait pu qu'approuver un projet si favorable h la liberté de chacun, ^ les vr^^s fidèles n'auraient pas à craindre de se voir gpuvemép un jour par un synode coni|>osé en majorité de membres ^ns foi.
-. — Vous me pesiez là jmpc grave question, M. L-, Tune des plus graves du temps actuel, nonTseulementchiez nous, muis chez tous les pfmpli^s phi!4tiens. P-onr la dM^ptfr à (ma illaudraît de^iheiir/^^^f^ iQ^n^ede^ ^u^ d'pjSi^rc^p. Vous pn^e;? Um qu'i?)Jk if'pst ,pjç jr^tqe ^tr^^çg^e mkf^ flexions de vos Pasteurs. Plus d'une fois, d^ns^.j^|içps4e crise, ils ont dû se demander si le moment p'était pas venu de recourir à une telle mesure et d'^ faire Ja proposition. Mais plus ils y osit réfléchi, plus ib, ont senti qpe x^e
n'était pas à eux à preMlre une ûu^f gfàve initiatÎTe, et que pour «filrer daos eclle voie il fallait qu*ils vissent clairement la nuée se lever et y marcher devant eux. Vous parlcÉ diiypoorisie, M. L.? N*y en avait^il pasi dans TEglise apostolique? Rappelez^vous Ananias et Sapbyra. La puissance de l'opinion produit st>uvent à cet égard le même effet que è^lle de la loi. C'est ce qui arrive aux Etals-Unis. Interrogez ceux qui en reviennent. Ils vous diront que Thypoerisie, h piété dé forme, n^y est guères moins répandue que chez nous. Quant à Thypocrisie tégale^ Tarticle de la nouvelle loi qui déclare les droits de citoyen absolument indépendans de tout acte religieux , fait tout ce qu'il faut pour Tabolif. Quant à Thypoerisie individuelle, cpit résulte de la force de Topiniou, ce n'est pas une Constitution d'Eglise, c'est la conversion des^ coeurs qui y mettra fin.
— On ne peut rien opposer à l'expérience, M. le P. ; peut-être en eSet ce mal chassé par une porte rentre-t«il par une aut^Ci'
— Tout en se mettant en garde contre les apparences favorables, mais illusoires, d'un tel changement, vos Pasteurs , M. le S. , en ont dâ prévoir aussi les inconvénients. Pensez un peu, mon ami« à la perturbation amenée dans . tous nos troupeaux par une dussi brusque secousse. Aujourd'hui vottS vous couchez ayant votre paroisse^ votre tempte, votre pasteur. Deovain plus rien de tout cela, il faut tout recréer spontanément. C^a réussit pour quelquesuns. Voos, M. L. , qui tenez à la religion, vous vous associez avee les men^res de la paroisse qui pensent comme vous. Vous appelez un pàsieur qui vous prêche selon votre foi. il fiiut l'entretenir de vos deniers ; votre zèle y suffit , je veux le croire. Mais les indifférents 1 Au lie^ d^avoir l'oecasioft de les ihévâller chaque diB^nche> com^ nous pouvons le faire dans notre culte public, il faut aller tes chercher <^ maison en maison. Et ks enfents! Plus d'instruction religieuse réguKére à laquelle lous doivem participer au moins jusqu'à un certain âge ! El puis les dissentions religieuaes qui s'alhiment parmi les membres d'une même
commune, d'une même famille! La grande division politique qui ne tarde pas à s'en mêler! Le pays partagé en deux Eglises, Tune républicaine, l'autre royaliste! Le der* nier lien qui nous reste encore, rompu, à jamais peut-être ! Je ne dis pas, M. le S., que la Providence ne puisse nous conduire là. Je suis prêt à l'y suivre si elle m'y pousse ; et je x^rois pouvoir dire également de la plupart de mes collègues dans le saint ministèi^e, qu'ils ne reculeront pas, dès que la fidélité à l'Evangile de notre bien-aimé Seigneur et Sauveur J.-C. nous fera un devoir de prendre cette résolution Mais il faut que ce soit la Providence et non
notre propre sagesse qui nous en donne le ^gnal. La responsabilité est trop grave pour que nous ne sentions pas le besoin de nous en décharger complèlQment et uniquement sur Dieu. Au reste tout ce que je viens de vous dire sur la possibilité et sur les difficultés d'une Eglise complètement séparée de l'Etat , est implicitement contenu dans ces paroles que M. le Président du Conseil d'Etat a prononcées dans le Grand-Conseil .* « Quant à l'Eglise libre, si on la » veut, qu'on le dise ! J'eo suis. Seulement je ne crois pas » que le pays soit mûr pour cela » •
— Je vois, M. le P., que vous avez mûrement pœé tonles ces questions. Aussi je ne vous jugerai à la légère ni dans un sens ni dans un autref, comme il m'est peut-être arrivé quelquefois de le faire, daùs ces derniers temps surtout. Mais permettez-moi une question. Dernièrement, lorsque vous avez refusé unanimement d'accepter le premier projet que vous présentait le gouvernement, vous avez été bien près de faire le saut* Car enfin si celui-ci eût persisté, il n'y avait pas d'autre issue que la séparation absolue d'avec l'Etat. Qu'était donc ce premier projet pour le rejet duquel vous avez couru une si grancfe chance? Etait-il plus dangereux que la Loi actuelle ? -
— II. n'était pas seulement dangereux, M. L.; dans notre cotnviction il était mortel. iNoUs l'avons dit au gouvernement; et pburquoî ne vous le dirais-je pas? S'il eût ^é adopté, c'en était fait chez nous de l'Eglise et du niinis* (ère.
— Comment cela, Je vous prie ?
— Vous le comprendriez sans peine si vous pouviez lire ce projet et le mémoire par lequel la Classe y a répondu. Je rous dirai en deux mots que ce projet donnait à peu prés tout pouvoir dans TEglise au Conseil dTtat, au Directeur des cultes et à une commission ecclésiastique nommée par celui-là sur une présentation de celui-ci. Il était parlé d'un Synode sans doute. Mais les attributions de ce corps étaient telles que c'était une ombre plutôt qu-un corps. Les pasteurs dans leur position extérieure n'étaient plus que des employés du gouvernement, à peu près comme dans les cantons de Yaud et de Berne. La confusion entre l'administration de l'Eglise et celle de l'Etat était telle qu'elle s'étendait jusqu'aux anciens qui étaient nommés par le préfet.
**- Par le préfet ! Ceux qui nous présentent la coupe à la table sainte^ nommés par le préfet ! Vous ne parlez pas sérieusement, M. le P.?
— Très-sérieusement, M. le S. Après cela vous comprendrez que nous fussions prêts à faire le saut comme vous disiez tout à l'heure, plutôt que d'accepter une semblable constitution. %
— Quant à moi, M. le P.^ non-seulement je le comprends; mais je vous en remercie et vous en bénis. En pensant à votre manière d'agir, je suis frappé de voir comment, lorsqu'il s'est agi de sauver l'Eglise, vous avez généreusement tout risqué, tandis que maintenant qu'il s'agit de la Classe, de ses privilèges et de vous personnellement , vous semblez disposés à tout céder. L'Eglise de Neuchàtel, M. le P. y n'oubliera pas cette manière d'agir de ses conducteurs» Vous avez fait selon cette parole :« Le bon Pas- » teur donne sa vie pour ses brebis. » Il vous sera fait selon cette autre : « Celui qui perdra sa vie pour l'amour de » moi la retrouvera. »
— Vous parlez, M. L., de perdre sa vie! Dans le sens ordinaire de ce mot, nous sommes certes bien loin de l'avoir fait. Qu'avons-nous souffert jusqu'ici quant au corps
et au bicn-étre malëriel? Rien; H je siw hunuKé de la doocear des voies par lesquelles le Seigneur nous a fait passer* Mais s*il s'agit des souffranees et des sacrifiées do cœur, oh alors Texpression de perdre sa vie n'est que trop exacte ! Ni vous, ni aucun de nos paroissiens ne comprendrez jamais ce que nous avons souflert en sacrifiant la Compagnie des pasteurs.
— Je puis bien me le représenter, M. le P. ; quand on a joui de semblaUes privilèges el que Ton en a mé aussi consciencieusement que vous Tavez fait , ce doit être un grand sacrifice de s'en dessaisir.
— Non, M. L., non, ce n'est pas là qu'est le sacrifiée. Remettre à l'Eglise les droits qu'elle nous avait tacitement confiés depuis trois siècles ce n'est point un sacrifice pour nous, c'est une joie, si seulement elle en use comme nous avons constamment cherché à le faire noiis*mémes, |)our son bien et d^nne manière conforme à la volonté et à la Parole de Dieu. Le sacrifice dont je vous parle consiste en toute autre chose, que dans l'abandon de nos droits. La Compagnie des pasteurs, M. L. , vous ne vous en douiez peutnétre pas, c'était potHr nous comme une mère spirituelle. C'était-elle qui nous avait admir, -comme propo- ^ans, à ta carrière du saintnninistére et qui nous avait aidés à y faire les premiers pas. C'était dans son sein qoe nous avions été consacrés à cette charge sainte par Fimposition des mains et que nous avions prêté le serment d'après lequel nous rendrons compte un jour de notre adnnnistration ; c'était elle qui, dans le calme du recueillement et de b prière, nous avait nommés aux postes que nous occupons ; chaque année dans un jour solennel elle nous adressait à chacun individuellemeni, par l'organe de son chef, les exhortations et les avertissements que sa sagesse jugeait nécessaires; c'était dans son sein que nous versions nos peines, que nous puisions des eitcooragements et que nous cherchions des conseils dans les cas embarrassants de notre ministère; là se formait entre nous te liai àe l'esthne, de l^afEedion et du support réciproque; là se
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ipaintenait leDlre tous^ lo? pasteurs, Pi^r.^es ,dé|ibéralioQs toinou|r§ fcaocbes ci j^(ftd\dçdi, ceiiQ unité de J' esprit V4.^ 3Î longteipp' été le ^en^de la padx. e^iv^ nos Ej^Us^s. ha sagesae de^ yiiçillardsi jlepipérail le zèle soiiyent incppsi^él^é des jjeuaeS;, ^t la. biienvcillaace avec Iaq4ielle "çeuKrci,,^ Vjoys^ieo^ ipogopre écoulés de leurs père^ ne fai^it ijpxe^pr .ipspirer ppur eux une veaératU)» pjua profonje. Quoique souvent il nous fut difficile, à (^scr des dislances, et (des oppfip^t^pDS, de no^s rwdre a ses asseo^blées,. nous ji^ re- ^^tioQS'^mais ses app^s. Nbiis.accou^jiojas.ayep piejpt reyepions ib^is nçtrc paçoisse, raffraichispar cette oi^ctiop clçnJt jl/e^t dît i<i Ok qu'il fi$t.,beaUf ^jue (^.;^è;re« r^^^^ }\ i«ÎWfjçn«CTïi6/€i Ç;çatÔ9m»ip.^|^ qui iU§cj^^d£^Jç{ têfe et n de,^f, hçirba c/'j/^i^rop et qui.j^éfoulejusquc^if bori^ifii^on ç^- ,^^iffi^t^^.: C'est là qu£ l'Éternel a viis la nie et la fc^i^^içjl^jioui.i,., w Que, ne; puis-je. ajouter .ayec.^ Je Psalmisle.: pQ%^ty^p^ufaur$. I^^sque Dieu p'a f^ jugé bon iqu'il enfi^t .a,ûmi, je a^e s^^i^xaets. Mais^ M. L;^ voua n'^veZf.pas y^l^ p)us,|de ^rm^s^ft^ lit de mort de votre i^ère q^e j/ç n'^I^Ifli .^rsée^;eu4isapt?j^ieiji.à la.pompag^i^de^/Pas^^u^uio» ) ÎTi^i P?îfg»^.yi9l?Sj;ine/d^ là. M* )[^4î,^.(e^,^iffffiBfteftt Dff^ve^ po|ur,jip^^;.»e s^y^is bicuf.flUjÇpvqus/^egipiîlà.jji iÇ^^; n924f îe^j^.,ine>dQut^i^ ;paS) qp'il exj&tf t^ntrjç .#p i^jçpfs jef :>es flàenUpre^. des \fs;m aussj^ profonds et^uç^i jift- ^a^;^Ji^ v^ii3 ,%yo>fe;i»eaie\qj«i'e» vou? ypyjan* desce^dr^ ?Î!«ftV)^R^;? iN,çwflâljçl p4Ji^ir J(e,,pï:^^ ijoierciiçfli du fmp, jÇfJWe.|d^fti,^.g9rfûi3 / fltt'i^içe que ces IVes^JW» <>^Am^ ^Tf^M^ 4?.»S;lSHP)<?)W^Xe? Pfe;feraiei)t7ils, pas WWWitfp ;r^t^^ da09 leurç}|p^,qis^qs f^t^de visiter quelqupfpi^idpj^ |eur3éçof9evJe^r^•u^l^(jb$P , .!> , ;., : ;i eol
•Tr-Yoï^jne C9n9|>r(^ie2;d9i»c pftsj^oa p)ps,| Bl. Iç S,j
Pffi .4i^ .: rfc r^^^audipailhjli pas^ tout^autan t; et vffi^vfie mieux » ^,feii]e çni^vibUcS ^.'jf. assisterais qi^té f^1»>Aw» » volontiers ; » et pour les •eepu^^J'^Û^. P^ti^ Nf^if^t^i?
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disais : «ne vaudrail«>il pas mieux qoe nous les fissions nous* mêmes?» de sorte que, M. le P., à vous dire le vrai, je ne me suis jamais bien expliqué à quoi servait la Classe. Ce n'est que quand j'ai vu les graves attributions que la nouvelle loi donnait à un corps aussi variable et mobile que le Synode, que j'ai commencé à entrevoir l'utilité pour TËgllse de posséder dans son sein un corps aussi stable et permanant que la Classe.
-—Les derniers mots que vous venez de prononcer, M. le S. , expriment parfaitement le rôle de la Classe dans l'Eglise de Neuchâtel , en même temps qu'ils laissent entrevoir la tâche toute différente que pourrait avoir à y remplir un Synode composé en partie de laïques. N'y a-t-il pas en effet deux choses dans l'Eglise? Tune, qui demeure, qui reste toujours la même, feet Evangile de Jésus-Christ qui, quand le monde durerait eucore dix-huit siècles, ne diangerait pas plus qu'il n'a changé durant les dix-huit siècles passés? Administrer ce trésor ancien et toujours nouveau , voilà le rôle de la Classe ; elle y est propre, comme vous venez de le remarquer, par son caractère de stabilité et de permanence. Mais il y a aussi dans l'Eglise quelque chose qui change, c'est l'état de l'Eglise elle-même. L'Eglise doit croître d'après le mod^e qui lui est donné dans l'Evangile , elle doit grandir, nous dit l'Ecriture, jusqu'à la mesure de la parfaite stature de Christ • Aussi son histoire est-elle une transformation continuelle. Qui représentera cette transformation, ces variations contmuelles dans la vie de l'Eglise? Qui exprimera les besoins religieux toujours nouveaux qui en résultent? Qui créera les formes nouvelles répondant à ces besoins? C'est ici» si je ne me trompe, qu'un Synode dans le genre de celui qu'établit la loi, peut avoir son utilité. Un tel' corps est ^précisément propre à ce rôle, comme irésuitânttftme'élection et d'une élection qui se renouvelle 'de fedpà eii îem^.
-^ Voilà, M. le P., une idée qui ifa'est'ehtîèrfeiûêiit nouvelle ! Quoi ! vous pensez que la Classe et le Synode |M)urraient subsister ensemble? <
-^ Je pense noD-seulement qu'ils le pourraient^ mais que pour Je bien de TËgUse» ils le deçraient. Gomme vous Tavess senti vous-même , M. L. , il y a un immense danger à livrer à un corps qui change constamment, ce qui dans FEglise ne doit pas changer , la doctrine et le ministère chargé de l'enseigner. Mais d'autre part je ne pense pas manquer à la vénération que je dois à la Classe en disant qu'un corps aussi stable que l'est naturellement celui-là , n'est. pas toujours parfaitement à même de comprendre les sentiments et les besoins nouveaux qui peuvent se manifester dans l'Elise, Il n'aurait donc pas fallu, comme le fait la loi, échun^r la Classe contre le Synode, mais, comme nous l'avions proposé, ajouter le Synode à la Classe. Ainsi la doctrine de l'Eglise qui ne change point serait restée confiée à un dépositaire permanent et éprouvé^ la Classe; ^ la çie de l'Eglise qui se modifie sans cesse , aurait eu dans le Synode un organe variable comme elle. Du concours, de ces deux pouvoirs aurait résulté cette union de la stabilité et du mouvement qui est la condition du vrai progrès.
— * Quelle belle constitution nous aurions eu là , M. le P.! D'un côté, la Classe, tenant haut élevé dans TEglise le modèle constant du pur Evangile; de l'autre, le Synode» avec l'Eglise toute entière qu'il représente, cherchant de plus en plus à s'y conformer! Cela me semble si simple, si raisonnable ! Je ne puis comprendre que cela n'ait pas été adopté par le Conseil d'Etat et le Grand Conseil.
— Si vous cherchez la raison de ce rejet dans la chose elle-même, M. L. , ce sera bien en vain. On ne Ta pas caché dans le Grand Conseil : l'abolition de la Compagnie a été dictée par des motifs étrangers à l'intérêt de l'Eglise. C'est le corps soi-disant politique que l'on a supprimé. M. le directeur des cultes l'a exprimé nettement dans soa Rapport: La Classe est le dernier reste d'un ordre de choses avec lequel il faut en finir, et son abolition une nécessité d'Etat.
— Eh bien, M. le P.» puisque vous me parlez de cela,, permettez -moi de vous dire franchement ma penséCv
J'ai trouvé quelquefois que MM. les Pasteurs ne restaienC pas assez en dehors de la politique ;^ et je me rappelle ^hlrfe démarche de la Classe » pend^mt les affaires de Taulomne passé, où vous me paraissez être entièrement sorti de votre domaine ecclésiastique , et qui pourrait bien avoir attiré sur vous le coup dont vous êtes aujourd'hui frappés.
— 4e ne vous répdhdi^ai qu'un mot sur ce point là, M. L. Aux yeux des pasteurs le ferment n'est pas de la politique ; c'est de la morale. En maintenant le caractère sacré de cet acte , la <]lasse a agi non comme organe d^un parti» mais simplement comme gardienne de la morale publique. Et c'est aussi à ce pottil de vue que vous pourrez vous expliquer la démarche qtie vous blâmez. En la fai-« sant , la Classe n'a point prétendu énâeltre un voté sur une
Question qui ne ressortissait point à son tribunal. Elle a vu ans là décision prise un sacrifice , un sacrifice de Tiniérét matériel au devoir (au moins dans la pensée de ceiix qui l'avaient prise), et c'est à ce sacrifice qu'elle a rendu hommage.Du reste^ je le sais» nous ne nous entendrons jamais sur (^out cela avec ceux qui nous accusent, aussi longtemps dû oioins qu'ils ne renonceront pas à leur point de vue pu^ riement politique pour se mettre à notre point de vue pure-> ment moral.
''- — Puisquç nous en sommes à ce chapitre, veuillez me permettre une autre question ,. M. le P.
.- — Volontiers, M. L.
— Quand j'ai cru voir les Pasteursdevénir des hoflamea politiques, je lésai blâmés. Voici qu'aujourd'hui la loiies soumet, comme pasteurs ^ à un serment politique, ce qui n'avail. point lieu ci-devanl. Par le mente principe, je ne puis approuver cela. Mais vous-mêmes, que ferez-vous? Pouvez-vous consentir à prêter ce serment?
— Je ne sais pas ce que feront mes ft*èreô, M. le S. La Classe nous a autorisés à agir chacun selon noire cons-^ cience. Mais pour moi, je ne me sens pas embarrassé de vous rendre compte de mes principes sur cette question. Ma po* Kliqike, comme c}it*étien et comme pasteur,- «st toute con-
4eiiae dans ces paroles de saint Paul: Que toute personne ^it soumise aux puissances supérieures. Car il n'y a point de puis^sance qui ne vienne de Dieu; et les puissances qui subsistent soM établies de Dieu. Et ceux qui s^y opposent attireront la co9idamnation mr euannêmes (Rom: XIII, 1-2). En face de ces paroles me croirais-je permis, comme simple fidèle, de me révolter contre le pouvoir qui nous régit actuellement? Assurément non. Et quand d'un mot je pourrais le renverser, je ne le prononcerais pas, ce mot. Comment donc ferais-je difficulté de jurer, comme pasteur, ce à quoi je me sens obligé, comme chrétien?
— Mais pardonnez, M. le P. ! Cette ligne de conduit^, si simple en effet, il me semble que vous ne l'avez pas toujours suivie. Quand, par exemple, après le 1^' mars, la Classe a refusé un aumônier pour les troupes du Château, quand elle a refusé un pasteur pour inaugurer la Constituante , quand elle a retranché pendant quelques dimanches la prièire pour les autorités du pays, il me semble que ce n'était pas se soumettre à la puissance qui subsistait? :
— M. L. , dans ces moments si angoissants pour le cœur et pour la conscience , je ne pouvais oublier, quant à moi, qu'à côté, au-dessus même du gouvernement matériellement victorieux, il y avait une autorité qui subsistait encore, non-seulement de droit, par le serment que je lui avais prêté comme citoyen, mais aussi de fait, dafis la personne de ses représentants captifs. Dès le jour où, par une circonstance que vous connaissez et que j'ai dû envisa- ^r comme providentielle, il n'en a plus été ainsi, notre conduite, vous devez le savoir^ a complètement changé, et je ne pense pas qu'il soit possible de citer un acte par lequel la Qasse en général ou Tun de ses membres se soient écartés, en quoi que ce soit, de la ligne de conduite tracée pluftPiaut. Les accusations, dirigées contre quelques prédications, étaient l'effet des plus étranges malentendus, et examinées de plus près, elles n'ont démontré de préoccupation politique que chez ceux qui les intentaient*
— Je vws, M. le P. , que, comme vous nous le recommandez si souvent , vous avez balancé le chemin de vos
piedê. Je vous remercie de ces explications. Elles m'enbardissent à vous en demander encore quelques autres. Vous me paraissez décidé , malgré tous les dangers que vous re^ connaissez dans la loi, à vous soumettre à son exécution. Et l'abolition de la discipline, qui résulte de celle des con^sistoires, elle ne vous arrête donc pas non plus?
— L'abolition des consistoires, M. le S., n'entraîne point à mes yeux celle de la discipline. Il est évident que le Grand Conseil n'a pas pu penser à arracher de la Bible le chap. V de la 1'® Ep. aux Corinthiens, qui traite de ce point, et où il est dit ai' Eglise : a DP est-ce pat à vtms à juger ceux du dedans? yy M. le Directeur des cultes l'a reconnu expressément : «L'excommunication est un dogme, et comme telle, elle ressortit au. Synode, y» C'est donc au Synode que je m'en réfère, comme au corps gardien du spirituel et chargé de régler des formes du culte. Jamais d'ailleurs, M. L., un Pasteur consciencieux et ferme, un véritable intendant des mystères de Dieu, ne manquera des moyens nécessaires pour l'exercice de la discipline, restàtil chargé seul de cette redoutable tâche.
— Et votre propre confirmation, M. le P. , et la réélection sexannuelle? Ne sont-ce pas là à vos yeux des choses qui dégradent le ministère? Quoi! vous consentirez à accepter pour juges tous les mauvais sujets, tous les excommuniés, tous les membres de votre paroisse dont vous vous êtes fait des ennemis par votre franchise? Et vous ne craignez pas qu'à l'a venir cette pensée ne réagisse d'une manière fâcheuse sur votre ministère? Car enfin vous êtes, comme nous, de chair et d'os, M. le P., vous avez une famille. Aurez-vous encore le courage d'user de la même sévérité envers nous, quand vous verrez en nous en quelque sorte les maîtres de votre avenir?
-—Je reconnais le danger que vous signalez, M. L. J'en ai pesé devant Dieu toute la gravité. Il y aura, en effet, dans l'état dans lequel nous entrons , une tentation eontitinuellepour voiis et pour nous : pour vous qui^ devenos^ dans un t^rtain sens nos juges et nos maîtres, s^ez^cons-
tamment tentés de sortir de votre vraie position vis-à-vis de nous ; et pour nous à qui il sera bien difficile dans |une pareille dépendance temporelle de conserver toute notre indépendance spirituelle* Toutefois» M. L., je sais aussi qu'il ne nous surçient aticune tentation qui ne soit une tenta'^ lion humaine, c'est-à-dire t sunnontable par un homme de chair et d'os, comme nous le sommes tous, et que celui qui cherche le danger, c'est celui-là qui y périra. Je n'ai pas cherché le danger ; je ne le fuirai pas non plus ; et je suis convaincu que la puissance dQ Dieu est telle que nonseulement il peut dans cette position maintenir intacte dans notre bouche la Parole de Vérité, mais encore lui donner une double force par cette position même. Quant à la prochaine confirmation, si Dieu permet qu'elle ait lieu, y y verrai un jugement de sa part, tel qu'il en inflige parfois aux pasteurs et aux troupeaux» Puissions-nous ne pas l'aggraver nous-mêmes! Le jour où cet acte aura lieu, dans chaque paroisse, sera un jour déjeune pour son pasteur ; puisse-t-il en être un aussi pour le troupeau ! Puisse toute pensée étrangère à la religion rester étrangère à cette votation ! Puisse aucune paroisse ne se montrer ingrate envers un Pasteur consciencieux, aucun pasteur ne se laisser rebuter par ce qu'il lui parait y avoir là d'injuste et d'humiliant! Pour moi, M. le S. , je ne chercherai point à me soustraire à cette verge. Je la recevrai comme venant d'en haut. Je me connais assez pour ne pas m'étonner que .vous puissiez être tenté de jeter les yeux sur quelqu'autre. Puissiez-vous , si vous le faites, être conduits par le désir .d'avoir non quelqu'un qui vous taise la vérité, mais quel- . qu'un qui vous la dise mieux que moi ! Personne en tout cas ne priera plus ardemment que moi pour mon successeur et pour son troupeau. Je désire que tous mes paroîs- , siens le sachent.
•— Après avoir causé jhier de tout cela avec M. notre député au Grand Conseil, j'éprouvais une telle peine que je me demandais, M. le P., s'il ne vaudrait pas mieux s'abstenir de toute participation à ces actes électoraux et
laisser Dieu tirer lui-même le bien de ce qui me parait mal. C'est 9 à ce que j'ai entendu dire, Tintention de quelques personnes qui, repoussant toute participation à Tëtat actuel du pays, se refusent aussi à prendre part à Tordre de choses ecclésiastique qui va commencer. Que pensez -vous de cela, M. le P.?
— Il n'est pas bon, M. L. , de se faire juge d'une conscience étrangère. «Que chacun agisse^ dit saint Paul, se- » Ion qu'il est pleinement persuadé en sa conscience. » Mais puisque vous me consultez , je vous dirai par rapport à vos motifs ce que je dirais à ces personnes, par rapport aux leurs, si elles venaient me consulter : «Après avoir » pesé chaque point devant Dieu , répondrais-je , la Corn- » pagnie de vos pasteurs , sans rien prescrire à ses mem- » bres, a cru cependant pouvoir les autoriser à exercer leur » ministère sous la loi nouvelle. Très-probablement presque n tous, si ce n'est tous, malgré ce qui leur en coûte, useront >» de cette autorisation , à moins que leurs propres parois- » ses ne les en empêchent en les rejetant. Membres des » églises, pesez cette conduite de ceux que vous appelez vos » conducteurs spirituels, et voyez ce que vous avez à faire.» |F Jfe vous comprends, M. le P., et je n'hésite plus. Puisque vous ne nous faites pas défaut, nous ne devons pas non plus vous faire défaut.
— Vous le devez d'autant moins, M. L. , que c'est à PEglise elle-même que vous feriez défaut. C'est à vous , membres sérieux et consciencieux de nos Eglises, qu'il appartient en grande partie de remédier aux inconvénients de la loi et d'en atténuer les dangers. Si vous y réfléchissez bien, ces dangers proviennent, pour la plupart, du mode d'élection et des choix fâcheux qui en peuvent résulter. Eh bien ! que tous ceux qui sont attachés au bien de l'Eglise, qui désirent voir l'Evangile de Jésus- Christ prêché dans nos temples, enseigné à nos enfants', annoncé aux malades comme il Ta été jusqu'à ce jour, que tous ceux là votent, votent en conscience quand le moment sera venu, et j'ai la bonne espérance que de ces élections diverses, sortira la
praiwqué letimnemU deJ^uS'Chmst ne sont pus en lOar JDtîté dans rSgiide dé Neaciiâlel.
c «44— Je m^assodie d^^tout mm cisur à ^^etlie espémate et à ceivôei], M, le Pi;- ma» J^an» un icas aussi grave et aussi oôuineaa pour tioùsv coifittieiit se diriger? FautriU avoir ëgai^ avx ôpm^fiB poKliqpeSr ou taul^îi ks oublibr.touuàfiiit ? Et, iDdèpôddaYttmen^ de ce point si. détieal^aoi Tétat aetod dwppys, ootiimént juger; quets. sont les hbmqaesqui possf denHee quaK^ nëdessaires poi|r remplir des lanctions dmtl m^B nom iiarsdn^ èi peine- «ne id^a ? Oond^n de peiw sooiiès >4i«t lu la loi? ISt p&»»nfii oettx qui rôiitilue» combien la compi^eifti^t? le serais moi^ménié fuv beaucoup d& points itnporlatifs da»s une ïguorantse: prosqpe.coiqplète saos lés deii?c etiiimiéns quis fai'^us avec V. fie GôttSeilter et avec vous* .'f' • .■'■'■: .-.,'> /-j'. < ' ' ^
r^- Il serait bien à désirer sans^ doute qu!àvaiit> ks éfeetions la loi fût répandue partout, dans chaque maison pour aiasi dinp, yet que quetqiic publication en fecilitâtTintelligence aux électeurs. C|ïr tous ne feront pas ce que voua avez fait, #. L. Mais quoi qu'il en soit, cfaacim sait d^à ce que c'^^riqu'uri* pastQur et un piicîen; cbacun saura bien ^1 gro^iqueiés Colbques mtk surveiller dans chaque dis-r trict l(^fi;:pllrèiâSes, les ^efiMiég^s ^anciens et les pasteurs, et à-nbmnnie^ie^pasleui^s qui doivent être membres du Synode; Oiifinquele Synode est chargé de arégler tout ce qui re^ garde la doctrine et le culte,». ces trcsops de TEglise, Celai ne s;uffira^4l pas pour diriger dans ses choix tout électeur qonf^cSenciduxf Vous paHtodeis opinions politiques; M. L.: mais vous, dever savoir, vous ^ lisez la Bible, tpae ceux qui apportent ^«rr Tautel tint feu étranger/ périssent par ce feu. Quaâd Vous aurez a faire un choix, oubliez. ce iqui.esl: de ta terre; regarder d'abord au Seigneur, an Chef de l'Eglisç; N^est-^ pas de son bi^n <jo'îl s'agit, de son bienie plus précieux , de l'Eglise qui est son corpê^ de Luii-niéBmft? N'a-t-il pas déclaré que tout ce qui se fait à l'égard de FBgltsè lUe ressent, comme fait à Lui-même? A Lui ^onc yo^ tré première pensée ! Et puî^ après l'avoir contemplé iace
à iMe pour chercher à décooTtir un boa eooBéil dm» mm regard, s'il s'agit d'élire uà aoeiea dites-vous simpiemeet : « L'homme qm nous ailoo» .nommer est celui dont mes » regards rencontreront les regards à- la Table sainte. » S'il s'agit de l'élection d'un membre du Colloque ou du Synode, dhes-vous : « L'homme pour- la noiûinatioB duquel » je vais donner mon suffrage^ peut avoir à dédder de la » liturgie d'après laquelle je parle à Dieu chaque diaum-* » cht, du catéchisme qu'apprendront mes enfants; il peut » avoir à juger mou pasteur. » Si c'est un pasteur que vous devez nonuner» dites^vous : « Celui que nous allons étire» m c'est l'homme qui instruira mes enfants dans notre sainte » religion, qui influera ainsi sur tout leur avenir et qui » peut-être me préparera moi-même à entrer dans l'Eter- » nité.x> Dites-vous cela, cela seulement; en le disant, re« gardez à Christ, oubliez le reste, et votre choix sera certainement ce qu'il doit être.
*— Que je vous remercie^ M. le P., de tout ce que vous venez de me dire ! Je voudrais que toute la paroisse eut assisté à notre entretien. Je tacherai du moins qu'il ne me soit pas inutile. Je me rappellerai que les droits que la loi me confère sont tout autant de devoirs qu'elle m'impose, et si je pense encore parfois avec inquiétude aux défauts de cette loi , ce sera pour m'efforeer de les atténuer le plus qu'il me sera possible, par ma fidélité et par mon zèle à m'acquitter des saintes fonctions d'électeur.
— Puissent tous les membres sérieux de nos troupeaux penser et agir, comme vous venez de le dire, M. L. ! 5'il en est ainsi, je sub tranquille. L^ position la plus périlleuse pour une Eglise n'est pas celle où tout crie à ses membres, pasteurs et troupeaux : Veillez et priez.
Aces mots, le pasteur ploya le genou; son interlocuteur en fit de même. Ils exposèrent leurs besoim à Dieu par des prières , des requêtes et des supplications açec des actions de grâces, et se relevèrent, sentant combien le Seigneur est toujours près des siens, quand à la ceinture de la vérité et à] la cuirasse de la justice ils joignent la chunssure de VE* ile de paix.