ACTE I, SCÈNE V
Opprimaient tes sujets de Crète injustement.
Nos soldats ont pu voir dans le clair firmament
L'invincible Théotokos, Reine des reines,
Lever son bras divin contre les Agarènes.
Parmi nos Saints Patrons, debout dans le ciel bleu.
Ils ont vu, tes enfants, Tauguste Fils de Dieu
Foudroyer du regard les enfants du Prophète ;
Et je rends grâce aux cieux de Tœuvre que j*ai faite.
J'ai comblé les fossés, j*ai rasé les remparts,
O Basileus, et j'ai de leurs débris épars
Fait une forteresse où flotte ta bannière.
Je te ramène ici l'élite prisonnière
Des chefs et des soldats captifs. Tu peux les voir;
Ces fronts baissés diront que j'ai fait mon devoir.
Que béni soit le Sauveur Christ qui nous protège!
Sur un signe du Basileus, les captifs se relèvent.
ROMANDS
Nicéphore, mon fils, j'ai vu le long cortège
Qui suivait à travers la Ville le vainqueur.
Le bonheur de tous mes enfants est dans mon cœur.
Et sur ton front je veux poser mes mains amies...
Lorsque j'ai vu passer, au chant des euphémies.
Avec le vil troupeau des captifs musulmans.
Cet amas glorieux de riches vêtements.
Ces étendards, ces fanions et ces armures;
Quand je t'ai vu marcher au milieu des murmures
De surprise et des cris de bonheur des Romains,
Portant pieusement dans tes pieuses mains
Ce fragment de la Croix Très-Vénérable et Vraie,
Bon Magister, il m'a semblé que cette plaie
Que notre deuil faisait saigner au cœur divin
Par ta victoire était cicatrisée enfin!
Sois loué, Callinique, à qui Dieu permit d*ètrc Cet instrument de gloire en la main de ton maître ! Je te salue et veux t'honorer plus encor En posant sur ton front cette couronne d*or !
Des cuhiculaires ont apporté une couronne d'or, et le Basileus la place sur le front de Kice'plwre.