‹ Trois drames en versChapitre 118 sur 176 · ACTE II, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE I

Dans des rougeurs d'aurore... ou peut-être de sang!... Et le glaive toujours montait éblouissant, Cependant qu'un autre astre à Toccident sinistre S'éteignait... On eût dit un sceptre!

Après un silence.

Le ministre Bringas a-t-il sondé l'avenir?

B R I N G A s , hypocritement.

Moi?... Dieu seul Le sait; pourtant j'ai vu préparer le linceul Où doit s'envelopper une Majesté morte.

Une petite main quelquefois est bien forte Et ce qu'elle a voulu s'accomplit.

THÉOPHANO, comme indifférente.

Ah! tu crois?

BRINGAS.

Que pouvons-nous savoir? Dans l'histoire des rois On retrouve souvent la même destinée.

THÉOPHANO.

Parle! Le Basileus?...

BRINGAS, avec des intentions cacliées sons les mots. ♦

Sa vie est condamnée; 11 meurt... comme mourut son père...

Un silence.

THÉOPHANO, très calme, le regardant en face.

Le poison?

BRINGAS, avec une ironie froide.

On a calomnié le fils, est-ce raison Pour accuser encor...

THÉOPHANO.

Parle!... La Basilisse?

BRINGAS.

Qui l'oserait?... Pourtant la couleuvre se glisse Dans le Palais des Rois et se dresse contre eux. On l'accuse.

THÉOPHANO, dédaigtutise.

Tais-toi, bavard malencontreux !

D'une voix insinuante.

Et qu'importe la nuit qui tombe, si l'aurore Doit ramener demain d'autres clartés encore!

BRINGAS.

Le glaive... Tzymiscès...

Théoplkino fait un mouvement.

Car, pour fixer le sort, L'amour est quelquefois puissant comme la mort.

THÉOPHANO, s' approchant de Bringas.

Tu sais tout. T'avons-nous avec nous, cher Patrice?

Je vous promets, au moins, mon silence complice. Que m'importe, c'est vrai, si demain au réveil J'ai les mêmes rayons sous un autre soleil?

Mais je les veux.

THEOPHANO.

s'il est quelque office à Byzance Par lequel puisse cncor s'accroître ta puissance. Dans le haut rang où le Basileus te plaça...

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