ACTE II, SCÈNE VIII
TZYMISCÈS.
De tels mots en passant blessent ta lèvre rose !
THÉOPHANO.
Et ces cris blessent-ils ton oreille?... Il faut bien, Quand nous voulons le but, accepter le moyen, Et nous faire des cœurs assez forts, assez larges, Pour porter les douceurs du pouvoir et ses charges !
TZYMISCÈS.
Le pouvoir, moi, ce sont tes yeux au beau ciel clair. Ta bouche où mon baiser cueille une fleur de chair; Et ce sont tes cheveux dont les tresses superbes S'ouvrent entre mes mains comme de longues gerbes! Fleurs rouges, gerbes d*or, ciel bleu ! Les amoureux Qui vous ont, quand le soir tombe, sont les heureux!
Mon amour à moi, c'est, au soleil qui se lève, Tes fortes mains tenant le sceptre avec le glaive. Et c'est, sous les rayons de la couronne d'or, Le front illuminé de mon Imperator!
Elle le tient embrassé. Une grande clameur retentit indistincte. Tout d'un coup, brusquement , T^ymiscès s'arraclje au baiser de Tlk'oplxino.
TZYMISCÈS.
Non! non! Quelqu'un nous voit...
Montrant la grande porte, à gaucly.
Là-bas!
Levant la main au ciel.
Là-haut, peut-être!
Tu n'as donc pas peur, toi ?
3fO LE CILICE
THÉOPHANO.
Rassure-toi, mon Maître !
Là-haut, qui peut nous voir? Qui nous entend, là-bas? L'Empereur qui n*est plus ou le Dieu qui n'est pas?
Courant au trône.
Debout, ici, tous deux, nous ne craindrons personne!
Lui tendant les bras.
Prends mes lèvres et que ton amour y frissonne ! Viens, c'est la Basilisse et c'est l'Autokrator!
T^ymiscès est débout près d'elle.
C'est nous deux!
Elle le saisit, provocante, dans ses bras.
Vous pouvez ouvrir les portes d'or.
Et que le peuple entier nous regarde et nous voie Dans la toute-puissance et dans la toute-joie!
Une grande clameur retentit. Les portes d*or s'ouvrent à droite et au foud. On aperçoit h Cirque illumine. La foule envahit V escalier du foud, par lequel counncnce à uuvilcr le cortci^e.