‹ Trois drames en versChapitre 130 sur 176 · ACTE II, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VIII

ATHANASE

Puisses-tu ne jamais voir tes espoirs trahis Et ne pas regretter la force que tu crées !

J*inclinerai mon front sous tes mains consacrées, Saint Père. Nicéphore est à toi maintenant.

Mais mon cœur effrayé pleure en te le donnant.

LE PATRIARCHE

Viens! Tu dois obéir; c'est Dieu qui nous appelle! Viens, et sois avec nous ! L'œuvre est grande, elle est belle : Arrachant la puissance aux Impurs, aux Pervers, La Sainte Église va régner sur l'univers.

Dans une grande clameur, on entend Je nom proclamé de T^ymiscès.

Tzymiscès!... Hâtons-nous! Déjà la foule acclame Notre ennemi! Toi, cours porter la sainte flamme Dans ce peuple et parmi ces soldats. Proclamons Nicéphore au Sénat, vainqueur de ces démons!

Us sortent par la troisième porte à gauche. On entend les clameurs du peuple. T:(ymiscès paraît au Jxiut des marclxs; TljéopJxino, en costume de veuve, entre par la première porte. Une grande acclamation de T;jmiscès éclate.

SCÈD^E VIII

TZYMISCÈS, THÊOPHANO

THÉOPHANO.

Les entends-tu?

Allant à T;(ymiscès qui descend.

Tu tes entends... C'est toi qu'on nomme...

Écoute-les...

EUe îuLprend la main et f entraîne vers la grille.

Ta main tremble... Allons* sois un homme!

^, Écoutant Us elamemi,

T;^miscès ! ... Ah ( ces cris ! Comme ils sont doux au cœur ! J'^avats peur... Nous pensions \ Nicéphore» un vainqueur!.. A rheure flitene où sa victoire est proclamée, Il pouvait tout!... Oui, tout, sur le peuple et Tarmée...

Et voili qu'il ^e laisse ehfermer au couvent!

' fZYMISCtS.

Nicéphore vivra; c'est Dieu qui le défend Contre vous et l'arrache à vos complots infâmes!

THÊOPHANO. *

Ton triomphe exigeait sa mort, et* tu nous blâmes!

TZYMISCÈS.

Un crime!

THÉOPHANO.

Le pouvoir a de telles douceurs !

TZYMISCÈS.

Songe donc que sa mère et ma mère sont sœurs! Il était le plus cher de mes compagnons d'armes!

THÉOPHANO.

Quand il faudrait du sang, toi, tu verses des larmes!

Ah ! faible cœur, muni seulement de vertu !

Si je n'étais pas là, comment porterais-tu

Ce fardeau du pouvoir que mon amour t'impose?

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