ACTE III, SCÈNE VII "jè I
NICÉPHORE
Voilà mes rêves morts Ressuscites ! J'étais dans la tombe, et j'en sors ! C'est la lumière! Enfin je reviens à la vie!
Je te retrouve donc, toi qu'ils m'avaient ravie!
THÉOPHANO.
Tu ne me hais donc plus?
Je leur appartenais!
J'étais un mort entre leurs mains! Mais je renais Et je t'aime et je t'ai toujours aimée. O chère! Chère! pardonne-moi ma haine mensongère!
Je t'aimais d'un amour si tendre et si puissant, Qu'ils ont broyé mon cœur et fait couler mon sang! J'aurais voulu courir vers toi, la bien-aiméeî Mais le moine était là! Si tu fus enfermée Dans ce couvent, là-bas, toi, mon amour ancien. Ce ne fut pas mon cœur qui voulut, mais le sien ! Je t'aime!
THÉOPHANO, jouant V amour.
Tu le dis, tu le peux, toi, tu l'oses; Mais moi. Seigneur, je dois tenir mes lèvres closes. Je ne dois pas parler... Oh! non, je ne dois pas...
NICÉPHORE
Tu m'aimerais?...
THÉOPHANO.
Non!
NICÉPHORE
Toi!
vS3*
. thIophano.
Nonl je l'ai dit si bâsl NonI ye ne l'ai pas dit!...
Ci'iimie si l'iii-fii lui klxifipail.
Hélas! pourquoi le taire
Quand ma présence ici dévoile le mystère
De ma vie?... Hélas! oui, depuis longiemps, mon
cœiir '
Etait comme un palais où trônait en vainqueur
Mon maître, mon seigneur, mon roi, mon Nicépht
>re!
Même dans ce couvent, je t'adorais encore!...
Et j'ai fuil Me voici 1 Je voulais le revoir!
KICÉrHORt.
Ah I paradis du réveJ £tre aimé I le savoir I L'chtendre dire ainsi ! . ',
THtOPHANO.
Je croyais ï ta haine I Mais j'ai voulu venir pourtant, presque certaine De faire triompher mon amour \ la fin!
!i triomphe!
Mais SI ] étais venue en vain, n'aurais pas voulu survivre, car trop forte : été ma douleur, vois-tu ! Je serais morte !
Elit jelti sou poignard. T^yiniscb, gui U% guettait depuis un iiomenl, saisit le poignard et bondit sur Tbéopbauo, le bras levé.