ACTE M, SCÈNE III
Qu'on ait un brin d'amour pour Louis. Au contraire,
11 engraisse et cela vous suffit, paraît-il.
Que diriez-vous, pourtant, si ce poison subtil.
Vivifiant pour lui, pris à dose légère,
Était mortel pour Jeanne? Ah! oui, Jeanne exagère!
Jeanne a forcé la dose ! Eh bien ! votre neveu
Va la forcer aussi, lui, la dose, avant peu.
LA CHANOINESSE
Que me dites-vous donc, l'abbé? Quelle folie! Le marquis?
LE CURÉ
Le marquis.
LA CHANOINESSE
Jeannette?
LE CURÉ
Elle est jolie.
LA CHANOINESSE
L'amour! encor l'amour!...
LE CURÉ
Je le crains! Un mourant N'est pas très dangereux; il reste indifférent A la pure beauté de sa jeune infirmière.
Mais le convalescent, dans cette ardeur première Qui fait courir en lui comme du nouveau sang, Je ne m'y fierais pas! Gare au convalescent!
LA CHANOINESSE
11 est certain, l'abbé, qu'ils sont toujours ensemble...
11 faut les séparer... Voyons, que vous en semble? Je vais envoyer Jeanne à Quimper?
LE CURÉ
Brusquement!."..
Non! ce serait mauvais. Heurter un sentiment, Le froisser, quand il est chaste encore, on s'expose A le surexciter... Non!
LA CHANOINESSE
Cherchons autre chose.
C'est que je ne vois rien... On ne peut pourtant pas Renvoyer le marquis s'encanailler là-bas.
Nous ne le pourrions plus retirer de ce gouffre Une autre fois... Voyons! trouvez... j'ai peur, je souffre; Vous m'avez mis la mort dans l'âme... c'est affreux! L'abbé, vous ferez bien quelque chose pour eux... Et pour moi...
LE CURÉ
Le moyen, je n'en ai qu'un, madame.
LA CHANOINESSE
Est-il bon ?
LE CURÉ
Excellent...
LA CHANOINESSE
Eh bien! alors?...
LE eu RÉ.
Mais, dame!
II ne vous plaira pas, j'en suis sur.