ACTE M, SCÈNE Vil 6l
LE CURÉ, à la cJxinohicsse.
Comme il a dit cela d*une façon touchante!
LA CHANOINESSE
Son discours amoureux était presque décent!
LE MARQUIS
C'est un grand cœur.
JEANNE, dUin ton ambigu .
Monsieur le marquis y consent, Jacques. Vous pouvez donc remercier le maître Qui veut bien m'accepter pour fermière et permettre Que je sois à vous.
LE MARQUIS, à part, avec angoisse .
Oh!
JEANNE, d'un geste automatique,
Jacques, voici ma main.
Le maître voudra bien, à partir de demain, Autoriser la cour que vous allez me faire.
Je suis donc fiancée à vous, mais je diffère D'ici deux mois encor le mariage.
LA CHANOINESSE
Allons!
J'ai vu se fiancer à des termes plus longs !
A part.
Et puis, ce n'est pas trop, deux mois, pour faire envie !
JACQUES, baisant Jeanne au front .
Jeanne, je suis à vous, et pour toute la vie.
LA CHANOINESSE, tirant Vahbé par la mauc1)e.
Nous, i*abbé, maintenant allons souper; j*ai faim.
LE CURÉ, suivant la clxinoinessc, avec un regard inquiet
vers Jeanne.
Comme elle a dit cela d'un air bizarre !
JACQUES
Enfin Je vais donc m'endormir pour faire de beaux rêves!... Au revoir!
// eni*oie un baiser à Jeanne, et s* éloigne dans h bois en chantant :
Jamais je n'oublierai La fille au coupeur de paille,
Jamais je n'oublierai La fille au coupeur de blél
Le curé et la clxinoinessc ont disparu dans l'avenue de Keru^el.
SCÈ!7^E VIII
LE MARqUIS, JEANNE.
LE MARQUIS, aprh avoir regardé Jeanne, qui est allée vers la fontaine et y a pris son panier, comme pressé de s'éloigner et de fuir une mauvaise pensée.
Moi, je vais rentrer le long des grèves!
Jeanne a pris dans le panier la tasse, et violemment l'a Jetée dans Veau. Ij: marquis fait un mouvement vers elle.
Jeanne, qu'avcz-vous fait ?