‹ Trois drames en versChapitre 39 sur 176 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

// fait h geste de tirer.

Je ne peux pas... j'ai peur... C'est nerveux... c'est nerveux î

Riant et pleurant à la fois.

Je n'ose pas!...

Il jette le revolver.

LE CURÉ

Tais-toi, Louis. Il faut te taire!

Ne parle pas ainsi. Respecte au moins la terre Où dorment dans la paix du Seigneur tous les tiens.

Le marquis fait un mouvement et suit du regard le geste du curé qui lui montre la clxipelle des Keru:(el.

Ceux-là n'avaient pas peur, car c'étaient des chrétiens! Ils vivaient fièrement, joyeux, mais toujours graves, Et mouraient lorsque Dieu leur faisait signe, en braves. Transmettant le dépôt de leur nom, de leur foi, De leurs biens, à leurs fils...

LE MARQUIS, s*exallaul toujours plus.

Des fils! des fils de moi!

Je n'en veux pas! Des fils! Quelle est donc la drôlesse A qui je payerais une heure de faiblesse Par ce don de moi-même en ma chair et mon sang? Non! la farce d'amour grimacée en passant N'a qu'un acte, et vraiment elle serait hardie, La femme qui, jouant une autre comédie.

Le lendemain, voudrait prolonger mon émoi Dans sa maternité douteuse... Un fils... de moi! Mais je l'étoufferais, le monstre, avec sa mère... N'est-ce pas, Keruzel?

Que ton âme est amère.

74 KERUZEL

Mon pauvre enfant! Pourtant, même au fond de ce fiel,

Je vois briller encor comme un reflet du ciel

Qui réjouit mon cœur de vieillard et de prêtre.

Cette peur de te voir survivre en un pauvre être,

Héritier maladif de ta perversité,

C'est comme un dernier cri de pudique fierté.

Ce n'est pas d'un chrétien que sa faute terrasse,

Mais c'est d'un gentilhomme encore... C'est la race

Qui se réveille en toi par un dernier remords.

Le Dieu vivant se tait dans ton cœur, mais les morts

Y parlent. Oui, ceux-là que la terre nous cache.

Les grands aïeux! Et comme il faut que quelqu'un sache

Le secret dont le poids bientôt t'ctoufferait,

Va vers eux, mon enfant, et dis-leur ton secret.

En de certains moments la tombe est éloquente...

La clMHoinesse entre en courant dans le cimetière. Elle porte un pot lie fleurs dans ses bras. Iji cIocI)e sonne la messe.

Les Mêmes, LA CHANOINESSE.

L'abbé! l'abbé! D'abord, prenez-moi cette acanthe Pour votre autel... Je viens devant... Jeanne me suit. Elle nous quitte...

LE MARQUIS

Jeanne?

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