ACTE IV, SCÈNE V III
Des vipères et des crapauds et des couleuvres, Jetés dans l'eau, payaient la honte de leurs œuvres... Eh bien! punis par cet accouplement hideux, Ah! Jacques, c'est ainsi que nous vivons tous deux.
JACQUES
Malheureux! taisez-vous!...
LE MARQUIS
Cette vie est la nôtre!
Nous sommes enchaînés pour toujours l'un à l'autre, N'ayant rien de commun, hormis de nous sentir Liés par notre faute... et notre repentir...
Et tu veux que je vive!... Ah! Jeanne est trop punie De n'avoir pas compris l'existence bénie Qu'elle aurait dû rêver près de toi ! C'est en vain Qu'elle voit aujourd'hui, qu'elle comprend enfin La folle illusion, le décevant mirage Qui l'attirait vers moi comme vers le courage Et la noblesse et la grandeur et le devoir.
Vers toute la splendeur qu'elle croyait pouvoir Saisir en moi, fixée en un type modèle.
Son pauvre cœur épris montait à tire-d'aile.
Ainsi que l'alouette au soleil du matin.
Plus haut, toujours plus haut, dans son rêve lointain. Et puis elle est tombée! Oh! tombée! Oh! tombée... Parce qu'elle a compris qu'elle s'était trompée... Et maudissant enfin cet idéal menteur.
Elle t'a vu, debout, dans toute ta hauteur.
Dans toute ta beauté, dans toute ta noblesse, Grand sans forfanterie et tendre sans faiblesse, Et sur ses yeux, alors, de tels rayons ont lui. Qu'elle a dit :
112 KERUZEL
Montrant Jacqnes,
a Le voilà! mon idéal, c*est lui! »
JACQUES
Ne dites pas cela... Je pars... j'ai Tàme forte...
Ne parlez pas de moi... moi je m'en vais... Qu'importe
Moi ! . . .
LE MARQUIS
Non? Je souffre trop!...
JACQUES
Ah ! si j'ai bien compris, Vivez!... Qui donc voudrait du bonheur à ce prix?
LE MARQUIS
Tu l'aimes toujours?
JACQUES, vivement.
Non!...
LE MARQUIS
Jure-le donc?
Un silence.
Tu l'aimes!...
Le marquis s'affaisse dans la clxiise longue.
JACQUES, se penchmt sur lui.
Mon Dieu!...
LE MARQUIS
Laisse !...
JACQUES
Ces veux mornes... ces lèvres blêmes.
Je vais appeler...