LA FEMME DU BOURGEOIS
Les champs Ne sont plus cultivés et tombent en jachère...
LE DRAPIER
On a peur!
UNE MENDIANTE
On a faim !
LE TISSERAND
Et la vie est si chère Que d'aucuns ont trouvé plus simple de mourir.
LA MENDIANTE
Quand on peut arriver, à quoi bon tant courir!
UN VIEILLARD
Tout va de mal en pis depuis Flodden ! Naguère
On se battait encor ; c'était la grande guerre :
L'Anglais et l'Écossais s'attaquaient fièrement.
Comme de vrais soldats, avec acharnement.
Luttant pour la patrie en bataille rangée,
Au grand jour. Maintenant, la guerre est bien changée :
On s'évite et, j'en suis honteux, je vous le dis,
On n'a plus de soldats : on n*a que des bandits, Qui, la nuit, pour tenter quelque basse entreprise, Silencieusement, dans l'ombre, par surprise, Lâches dont nous, les vieux braves, nous rougissons, Vont piller des châteaux et brûler des moissons.