‹ Trois drames en versChapitre 67 sur 176 · LA FEMME DU BOURGEOIS · texte numérisé non relu

LA FEMME DU BOURGEOIS

Les champs Ne sont plus cultivés et tombent en jachère...

LE DRAPIER

On a peur!

UNE MENDIANTE

On a faim !

LE TISSERAND

Et la vie est si chère Que d'aucuns ont trouvé plus simple de mourir.

LA MENDIANTE

Quand on peut arriver, à quoi bon tant courir!

UN VIEILLARD

Tout va de mal en pis depuis Flodden ! Naguère

On se battait encor ; c'était la grande guerre :

L'Anglais et l'Écossais s'attaquaient fièrement.

Comme de vrais soldats, avec acharnement.

Luttant pour la patrie en bataille rangée,

Au grand jour. Maintenant, la guerre est bien changée :

On s'évite et, j'en suis honteux, je vous le dis,

On n'a plus de soldats : on n*a que des bandits, Qui, la nuit, pour tenter quelque basse entreprise, Silencieusement, dans l'ombre, par surprise, Lâches dont nous, les vieux braves, nous rougissons, Vont piller des châteaux et brûler des moissons.

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