LE CURÉ, LA CHANOINESSE
LA CHANOINESSE, ûprès un sîlence.
L*abbé, vous sembliez, tout à l'heure, en émoi Au sujet d'un nouveau livre de ce jeune homme.
LE CURÉ
Du marquis ? Nouveau livre et mauvais livre en somme, Qu'il m'a fait le plaisir — je veux dire l'affront — De m'envoyer.
LA CHANOINESSE
Tant pis pour ceux qui le liront!
Ce sont des vers encor ?
LE CURÉ
Dernières Poésies.
LA CHANOINESSE
Dernières ? Ah! tant mieux!
LE CURÉ
Un ramas d'hérésies,
Un tas d'énormités !
LA CHANOINESSE
Alors, vous Tavez lu ?
LE CURÉ
J*ai la permission de V Index... J*ai voulu
Savoir, après dix ans, ce que pouvait sa plume...
Je Tai lu, c'est vrai... Dame! on m'envoie un volume,
C'est une politesse à laquelle j'en dois
Une autre. Je l'ai lu. Même que les dix doigts
Me brûlaient en tournant ces pages effroyables.
Mais, pendant que je l'envoyais à tous les diables,
Le malheureux! au gré du Pénitentiel,
Ses vers me ravissaient jusqu'au cinquième ciel
Et, si le chenapan nous était moins hostile,
J'avouerais qu'il écrit d'une langue, d'un style...
Quel poète!... Si vous vouliez...
// sort de sa poclje un livre.
Je vous lirais Un tout petit fragment, et vous verriez après...
LA CHANOINESSE
Vous les portez sur vous aussi? Quelle faiblesse!...
LE CURÉ
Faiblesse! moi! non pas! Voulez-vous que je laisse Un mauvais livre ainsi traîner chez moi? Non, non! J'aime mieux le cacher dans ma poche.