BEATON, DOM ALEXANDRE, JOHN, GALWIN
et PATRICK.
BEATON
Changeons d'antienne Maintenant... Mes amis, enfin, nous sommes prêts; L'assaut sera donne cette nuit. J'espérais Voir Sa Grâce, ce soir, et lui faire connaître Nos plans, La supplier de me suivre cr peut-être L'entraîner au milieu de nous. J'aurais trouvé
Des mots pour exalter son esprit énervé ;
Ma voix aurait grandi dans cette heure d*alarmes
Et, la voix me manquant, j'avais encor mes larmes.
Je Taurais arraché cette fois aux Douglas,
Pour remmener parmi ses vrais amis. Hélas !
Je vais repartir seul! Cependant Theure est grave!
Et lui, dans ce moment où chacun de nous brave
La mort pour Tarracher à ceux qui l'ont perdu;
Quand il est acclamé, quand il est attendu.
Lui...
Prêtant l'oreille.
Qu'entends-je?... On vient là!...
CALWIN.
C'est Sa Grâce qui monte L'escalier de la tour.
Galwin a ouvert la petite porte. Beatott s'est approcy.
BEATON
Le ciel m'entendait!
Reculant, indigné.
Honte!...
Quand tant d'hommes pour lui vont mourir en ce jour, Honte! ce débauché ne ^onge qu'à l'amour!
Le Roi entre, portant dans ses bras Marie évanouie. Il la dépose sur le banc, près du lit.
SCÈt^E V
Les Mêmes, JACQUES, MARIE.
JACQUES
Elle est sans mouvement... toute pâle... Marie!... De Teau... vite, de Teau!... Parle-moi, ma chérie...
Galunn se précipite et retient avec un bassin.
Réponds-moi... C'est la peur... Et ce plaid Tétouffàit...
// jette le plaid et baigne les tempes de Marie,
Elle a les yeux fermés... Et c'est moi!... Qu'ai-je fait?... Marie!... Elle n'est pas morte?... Ouvrez la fenêtre...
John ouvre la fenêtre.
Si je l'avais tuée!... A quoi peut-on connaître Qu'on vit encor, Galwin?... N'est-ce pas que tu vis, Mignonne?
GALWIN, penche sur Marie.
Le cœur bat.
JACQUES
Maître, tu me ravis; Prends plein tes deux mains d'or dans mon coffre!