‹ Trois drames en versChapitre 9 sur 176 · ACTE I, SCÈNE IV I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IV I

SCÉ!^E IV

Les Mêmes, JACQ^UES.

LE CURÉ, apercevant Jacques.

Jacques !

Madame, c'est Madec.

LA CHANOINESSE

Entre donc, mon garçon.

On ne t'avait pas vu de longtemps. La moisson Va bien à Kergozic ?

JACQUES, s^approclmnt.

Bien, madame.

LA CHANOINESSE

Sincère, Au moins, lui. Mes fermiers braillent toujours misère Et n'avoueront jamais que les blés ont donné. Et que veux-tu, Madec ?

JACQUES

Vous serez étonné Quand vous saurez, monsieur le curé, quelle affaire M'amène, et vous, madame, aussi bien. Mais qu'y faire? Il faut parler et, comme il se peut que la voix Me manque, j'aime mieux tout dire en une fois Devant vous deux. Monsieur le curé, je me blâme

l8 KERU2;EL

De vous avoir caché ce que j'avais dans rame; Mais je n'ai pas osé, voyez-vous ; je craignais Que Ton ne se moquât de moi. C'est bien niais D'être poltron ainsi, quand on a fait la guerre, Avec des bras pareils et qui ne craignent guère Ni lutte ni travail. Et pourtant, c'est ainsi, Je suis bête, je suis amoureux.

LE CURÉ

Dieu merci, La chose est avouée à la fin... Quelle est celle Dont il est question?

Jacques, déconcerte.

C'est... c'est mademoiselle Jeanne...

LE CURÉ

Jeanne!

LA CHANOINESSE

Ah! vraiment!...

Un silence,

Vous ne me dites rien ?. .

J'ai tort?...

LE CURÉ

Je ne dis pas cela!

JACQUES

Je comprends bien.

Page 1